GARE
Ah I la gare et ses murs mangés par les brouillards
De charbon et ses quais qu'on devine criards!
Les diaphanéités poudreuses des vitrages!
Les départs, les retours, les pas et les garages!...
Et les adieux muets agitant des mouchoirs!
Le va-et-vient des émigrants du désespoir!...
— Un disque sort de l'ombre avec un bruit de cliaînes. Les sémaphores verts dans le vent se démènent, Entre les quais un train repose comme au port,
Et la locomotive.exhale ses cris d'or!... On voit s'ouvrir sur du mystère des portières. Des bagages font un bruit mou dans la poussière. Les quais tremblent de tant de pas multipliés, Des gens filent d'un air qu'on dirait ennuyé...
— Et dehors, sous la noire étoile taciturne,
Vont et viennent sans fin les rôdeuses nocturnes...
Ii4 LA ROMANCE DE L HOMME.