‹ La romance de l'hommeChapitre 39 sur 51 · IMAGES · texte numérisé non relu

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GRUCHET SAINT-SIMEON

J'aime à me rappeler ces canicules d'août.

Ces jours d'or, où je prends le chemin de chez vous :

De grands champs vagabonds roulent de lieue en lieue,

Sans fin, plantés de choux, d'avoine folle et bleue,

De betterave énorme au lourd feuillage épais,

Ou d'épis qu'en passant la vapeur a trempés...

Çà et là, brille un tas de plâtreuses chaumières :

On contourne des murs teints de roses trémièros

Puis l'on retrouve encor les espaces houleux,

Et l'on marche, tandis que la lumière pleut...

i<!6 LA ROMANCE DE l'iiOMME.

J'évoque les oiseaux qui sur le toit, d'un bec

Aiguisé, au soleil, picorent (Tu grain sec...

Les lilas font tomber une ombre humide et sûre...

Un vol de guêpes luit, dont les pattes pressurent

De chauds pollens de lys, de trèfles et d'œillets... ,^

L'air brûle et dans l'allée, il flotte, violet... ' ''/

De la sève s'amasse en gommes d'or opaques,

Et les longs peupliers tels des palmes de Pâques

Balancent leur feuillage élancé, si touffus

Que même le vent rauque y meurt en'cris confus...

Je ne saurais vous peindre, abri frais que parfume L'air marin tout salé d'une errante amertume, Puits où stagne une eau verte et polie, espaliers Tendant le long du mur vos branchages plies, Parterre de soucis où bruit la rose abeille Ivre encor de résine et du suc des corbeilles,

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