DESTINÉES. ICI
Obsesseurs ni des froids sommeils aux bord des routes,
Et cet homme qui n a que sa détresse écoute
Dans l'azur on ne sait quelles subtiles voix...
Et ce pauvre homme a l'air d'être quelqu'un qui voit
Et peut-être, en effet, qu'il voit, ce vieux pauvre homme,
Car il semble entrer droit dans un divin royaume
Et, tout le long du chemin gris, de grands poteaux
Dansent, pleins d'anges blancs qui volent du coteau!...
Et l'homme étrange va vers le val d'égiantines,
L'homme doux, en haillons, se berce de divines
Chansons, car, déroulant sur lui de neigeux draps,
Une Main luit, la Main forte qui s'étendra
Dans les jours de furie et de réveil céleste,
Quand elle agitera l'espace de son geste,
La Main mystérieuse et lucide, — la Main
Dont la paume étoilée épanche des matins...
Et sur ce pauvre ainsi qui va, c'est une sphère
De musiques tombant de là-haut, sur la terre...