‹ La RondacheChapitre 3 sur 35 · THÉÂTRE PUBLIÉ · texte numérisé non relu

THÉÂTRE PUBLIÉ

le prince de byzance, 1893, épuisé, le fils des étoiles, 1894, épuisé,

BABYLONE, 1895, épuisé.

LA PROMÉTHÉIDE, 1896.

œdipe et le sphinx, 1903, Mercure de France* sémiramis, 1904, Mercure de France*

EN EXPECTA TIVE :

tragédies : orphée, en cinq actes.

Andromède, en trois actes.

Drames : cagliostro, en cinq actes.

césar borgia, en cinq actes.

François d'assise, en cinq actes.

PRÉFACE

Ce roman diffère de tous ceux que fai écrits, au moins four la destination. Je tiens à dire ce que fai tenté.

Le moins observateur a remarqué que les hommes qui savent -parler aux femmes deviennent rares. Même dans la meilleure société, ils emploient le discours un peu brutal de V atelier et du cercle ou bien se confinent dans la banalité.

La littérature présente le même symptôme que la conversation; et sans nommer aucun, les romans manquent de bienséance ou d'intérêt. Toute une catégorie, et surtout les jeunes filles sont condamnées à des lectures un peu niaises ou un peu scabreuses.

Les parents et ceux qui ont charge de jeunes âmes se trouvent très embarrassés.

It

LA ROND ACHÉ

Quand fêtais petit, on lisait de dix à quinze ans Gustave Aimât d et Fenimore Cooper. On jouait au Peau-Rouge, on s'intitulait Sioux ou Comanche et le poteau de torture, le calumet de paix, le tomahawk, le rifle du trappeur formaient la panoplie des jeunes imaginations.

On s'efforçait déjà à remplacer le roman par le récit de voyage, de chasse, d' exploration.

Certes, la Légende dorée, les beaux contes de Perrault, les admirables romans de chevalerie valent mieux que tout ce qu'on peut faire. Notre génération, hélas! ne se plairait pas à un tel idéal. Même les êtres jeunes exigent des peintures plus réelles, plus révélatrices de la vie. Comment les refuser, puisque le journal traîne sur les tables de la famille, que V affiche viole les yeux, que les étalages à eux seuls suffisent à déniaiser la plus ingénue.

Le pire tort que Von ait fait à la morale a été de lui sacrifier Vart et l'intelligence, et d'accepter Vinsipidité comme une vertu. U imagination n'a pas été dupe de ce calcul assez vil et a pris dangereusement son essor vers la zone défendue.

Un roman est bon ou mauvais, pour trois raisons ;

PRÉFACE

La doctrine! Il ne doit préconiser que les -principes traditionnels.

La peinture! Il s'attache au développement psychologique et non à la notation physiologique, essentiellement dépravante.

Les bienséances! Il ne touche point aux êtres vulgaires et choisit V expression.

Ce programme, pour simple qu'il paraît, supprime plusieurs éléments de prestige; la thèse, puisqu'on accepte la morale telle quelle; l'outrance, puisqu'on est convenu de modérer les couleurs, et enfin le réalisme, car on se maintient dans le langage un peu soutenu.

Sans nouveauté de théorie, sans excès de rendu, sans brutalité de mots, on pettt, ce semble, étudier des âmes profondément, et réconcilier V esthétique avec la morale.

Il existe des chefs-d'œuvre, comme Pierrette, le Curé de Tours, l'Envers de l'histoire contemporaine, où il n'est pas question d'amour.

Mais, le problème n'est -il pas de parler d'amour aux jeunes filles, honnêtement, moralement? Cette façon ne demande pas beaucoup de recherche. Elle tient toute dans cette simple proposition.

L'amour n'est heureux et durable que dans le mariage; le mariage d'amour est une œuvre

d'harmonie, de paix et de dignité; et la passion proprement dite, la passion aveugle, la passion sans vertu et sans raison représente la plus sinistre des aventures, la plus douloureuse des maladies de l'âme.

Or, ceci est vrai, expérimentalement vrai; et le bon roman montrera far des tableaux pathétiques et des analyses subtiles que la vertu est encore le meilleur parti, même pour l'égoïsme et la jouissance!

Afin que cette vérité soit acceptée par les jeunes imaginations, il faut qu'elle leur soit démontrée et non prêchèe, qu'elle leur devienne sensible par la sincérité même du récit,

La Rondache raconte l'histoire d'une jeune fille romanesque qui épousa un viveur dans Vinfatuation déplorable de convertir don Juan, et celle d'un jeune homme qui devient voleur et assassin par une autre infatuation, celle de jouer au Persêe délivrant Andromède.

Le viveur n'est étudié qu'à travers l'âme de la victime et ainsi les tableaux dépravants sont écartés; et celui qui devient criminel est pris dans des conditions où les mobiles restent pour ainsi dire spirituels.

Avec ces partis pris d'idéalité ou de bienséance, comme on voudra, ces deux cas sca-

PRÉFACE

breux en eux-mêmes ont reçu tout le développement du récit le plus indépendant et demeurent toutefois dans la mesure qui convient aux jeunes personnes.

C'est y du moins y ce qui a été tentée ici.

Page 1