‹ La Rontgenthérapie dans la Maladie de Basedow: Travail du Laboratoire de Radiologie du Centre Anti-CancéreuxChapitre 13 sur 24 · SORT · texte numérisé non relu

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dée par Charcot qui disait qu'avec elle la guérison n’était qu’une affaire de temps. À la vérité, on peut dans cer- ‘tains cas obtenir des guérisons manifestes, au moins passagères, car les récidives sont fréquentes.

© B. — La galvanofaradisation par l’association des 2 courants semble avoir une efficacité plus grande. On commence par l'application galvanique avec de très bon- ‘nes électrodes car ce n’est que grâce à elles que l’on fera endurer au patient l’intensité nécessaire. Le liquide n’est pas indifférent et il sera préférable de tremper les élec- ‘trodes dans une solution d’iodure de potassium à 2 ou 3 % car l’ion iode apporté par l’électrolyse joue un rôle qui n’est pas négligeable.

On fait suivre par une application faradique selon le procédé de Vigouroux. Sainton, Delherm, Laquerrière ont employé cette technique avec succès et l’on en trouve beaucoup d’autres partisans, avec raison semble-t-il,

€. — Une autre technique préconisée est celle des bains statiques ou Francklinisation appliquée par Vigouroux à ceux qu'il appelait « les basedowiens à nutrition ralente ! » Les bains sont de 10 à 20 minutes avec souffle sur les régions supérieures du corps, frictions sur les membres inférieurs, étincelles au besoin. Nous ne saurions dire les résultats vraiment certains de ce procédé.

B. — Signalons, pour être complet, le bain sinusoïdal préconisé par Thiellé, de Rouen, qui par une technique trop longue à décrire ici prétend dans sept observations arriver à un résultat excellent. De tous les traitements électriques que nous venons de voir certains sont encore largement utilisés avec beaucoup de succès, aussi avec Delherm pensons-nous que lélectrothérapie peut trouver encore d’utiles indications dans tous les cas où le M. B. est oscillant autour de + 10 %.

1 — L’arsenal des électroradiologistes à côté des méthodes que nous venons de décrire s’est enrichi de la rœæntgenthérapie dont les résultats dans la maladie de Basedow furent très brillants dès le dégut et lui attirèrent en plus d’ardents partisans de non moins ardents détracteurs uniquements favorables à la chirurgie ou aux médications.

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Etudiant d’abord ce qu’ont fait les autres radiologistes, nous dirons ensuite ce que nous avons fait et obtenu nous-mêmes dans cette voie.

C’est en 1902, que Williams le premier essaya la radiothérapie dans le traitement du goître exophtalmique. Par la suite, tous les radiologistes l’appliquèrent et tous ont publié des résultats identiques aux meilleurs résultats ‘obtenus avec les autres traitements.

Les techniques varient, le point le plus délicat est la fixation de la dose et sa répartition dans le temps. Il nest pas possible de fixer d'avance cette dose en raison de la diversité des cas cliniques et de la variabilité d’action des radiations. Il serait dangereux de ne se baser que sur un seul signe ou uniquement sur une donnée de laboratoire. C’est sur l’évolution de l’ensemble du syndrome que l’on peut s’appuyer le plus sûrement. En pratique, le guide le plus fidèle est la fréquence des pulsations comptées souvent dans les mêmes conditions. Les autres signes sur lesquels on peut aussi se baser sont le M. B., l’évolution du poids du sujet, les troubles nerveux.

Par contre, si aucun signe ne s’amende, il ne faudrait pas prolonger le traitement dans le seul but d’arriver à les réduire.

La technique la plus communément employée en France est celle de Béclère : rayonnement émis sous 120 à 150 K.V., distance focale 22 cm. filtration 10 mm. d'Al, ou 5/10 de Cu + 10 mm. d'AI Le rayonnement se fait sur 2 champs cervico-latéraux avec parfois adjonction d’une 3° porte d’entrée sternale supérieure quand l’examen radiologique a fait voir un lobe plongeant ou une hypertrophie thymique. Solomon donne 350 R. par porte d'entrée une fois par semaine et fait ainsi une série de 12 séances. Si 2 mois plus tard les résultats sont jugés insuffisants, il faut pratiquer une deuxième série. Il peut

arriver dans les cas graves qu’une troisième série soit nécessaire.

Belot et Serrand ont employé des doses moyennes répétées pendant plusieurs mois sous une tension de 135 K.V. avec 2 champs latéraux d'irradiation respectant le larynx et débordant largement sur le manubrium sternal. Dans les cas de très gros goîtres les auteurs irradient

ets

un troisième champ médian triangulilaire. Chaque séance comporte l’irradiation de 2 ou 3 champs et chaque fois la dose administrée est de 3 H. ou 600 R. Solomon. L’espacement des séances n’est pas fixé d'avance. En moyenne une séance chaqué 15 jours, la série étant arrêtée à la 6° ou &. Après 2 mois de repos, deuxième série si nécessaire. De même dans les cas graves on peut arriver jusqu’à une troisième série.

Les Allemands emploient des doses plus massives dans un laps de temps plus court. À notre avis, cette technique est un peu trop dangereuse dans la majorité des cas.

Parmi les avantages de la Rœntgentherapie, nous pouvons dire : 1° qu’elle ne comporte aucun risque mortel ; 2° qu'elle évite au malade lintervention sanglante qu’il redoute plus que tout autre, en raïson de son état psychique.

Le premier reproche qui est fait à la radiotherapie est d’être un moyen aveugle, le second est dans le cas de goître tumoral, de ne pas supprimer complètement la tumeur alors même que les symptômes d’hyperthyroïdie ont disparu. Les radiologues ont eux-mêmes publié quelques cas où ils sont arrivés à réduire l’activité de la glande à un tel point qu'ils ont causé un myxœdème postradiothérapique. Nous devons dire que nous avons une observation dans lequel nous avons eu cet accident. Enfin, le reproche fait à la radiothérapie par les chirurgiens (L. Bérard) est de provoquer des modifications de tissus et surtout des adhérences qui rendent, si l’irradiation a été répétée, l'intervention chirurgicale particulièrement pénible compromettant ainsi l’avenir du malade. Les radiologistes objectent que des applications correctes permettent, semble-t-il, d'éviter cette réaction.

Les statistiques des radiothérapeutes sont des plus encourageantes. Déjà, de 1921 à 1925, Fischer sur 499 cas, Murray sur 109 cas et Simpson sur 209 cas traités avaient respectivement obtenu 90 %, 76 % et 70 % d'améliorations.

En 1925, Solomon, rapporteur au Congrès de Grenoble, signale qu’il a obtenu 70 % de guérisons, 27 % d’améliorations et 3 % d'échecs. Il cite la statistique de Sielman portant sur 500 cas avec 50 % de guérisons, 44,5 % d'améliorations et 5 % d'échecs. Depuis cette date,

de nombreux auteurs ont publié leurs résultats: Borak (Vienne), Stevens ont obtenu 75 à 80 % de guérisons ou de notables améliorations. Jekinson (Chicago) a traïté 500 cas sans aucune radiodermite avec une action nette et constante sur le poids. Hayes (Dublin), sur 100 cas traités a obtenu 62 guérisons, 14 améliorations, 16 améliorations légères et 2 récidives. Holzknecht a obtenu 80 % de bons résultats.

En 1928, au XI Congrès de Radiologie (Stockholm), Soiland, Costolov et Meland rapportent les résultats d’une revue critique par questionnaire. 5.400 cas traités ont donné 73 % de guérisons, 16 % d’améliorés, 11 % d’échecs, aucune mortalité. Rechou et Wangermez publient 87 % d'améliorations. Depuis cette date, les résultats publiés sont conformes aux précédents. Citons les statistiques de: Hess et Schlecht avec 93 % de bons résultats, celles de Delherm et Morel Kahn avec 77 % de guérisons complètes ou tout au moins reprise d’une vie sociale normale, 18,3 % d'échecs et 0,7 % d’aggravations.

Hayer enfin, sur 150 malades, obtient 70 % d’améliorations, & % d’améliorations avec persistance de tachycardie, 12 % d’améliorations avec M. B. élevé, 8 % d’aggravations et 2 % de morts. En résumé, tous ces résultats sont superposables et confirment laction réelle des Rayons X sur la maladie de Basedow.

Nous nous croyons donc autorisés de penser que la radiothérapie a à son actif un nombre important de guérisons complètes, avec M. B. normal, et un très grand nombre de guérisons fonctionnelles avec quelques reliquats de symptômes et un M. B. un peu plus élevé que la règle, la vie étant redevenue tout de même active et normale.

Nous concluerons donc avec Belot et Serrand que la roentgentherapie du goître exophtalmique est en définitive une méthode très efficace dans la grande majorité des cas, dépourvue de mortalité opératoire, d’action pro-

gressive, facile à doser et à approprier à chaque cas particulier.

BE. —— Reste la curiethérapie dont nous ne dirons que quelques mots,

La première technique employée, abandonnée aujourd’hui, est celle de Abbe qui implantait un tube de Radium dans le corps thyroïde. La seconde consiste dans l’implantation d’aiguilles radifères dans le corps thyroïde. Les médecins belges ont recours à l’application de tubes de Radium, maintenus par des appareils moulés, à une distance de 3 ou 4 cm. de la peau. Cette méthode employée par Loucks, Guisbourg, Maisin, aurait sur la radiothérapie l’avantage d’être plus efficace, d'amener des guérisons plus complètes, de pouvoir être appliquée au lit du malade, de n’amener enfin aucune réaction cutanée en général. D’autre part, il a été aussi signalé que le nombre des malades curie-résistants serait moins grand q celui des malades radio-résistants. Comparés à la chirurgle, la curiethérapie aurait à son actif des guérisons aussi complètes.

La médication iodée ne peut être pratiquée en même temps que la curiethérapie sans gros dangers. Maisin, sur 91 cas, a 67 % de guérisons, 11 % d’améliorations, 7,5 % d'échecs.

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