‹ La Rontgenthérapie dans la Maladie de Basedow: Travail du Laboratoire de Radiologie du Centre Anti-CancéreuxChapitre 21 sur 24 · RESULTATS · texte numérisé non relu

RESULTATS

Ainsi, sur 22 cas traités, nous avons eu 2 insuccès seulement et un cas où la dose un peu trop forte a provoqué quelques symptômes myxœdémateux. Notre statistique est donc de 86,36 % de guérisons contre 13,64 % d’échecs véritables de notre méthode. Que concluerons-nous de l’ensemble de ces faits? Nous l’avons vu, l’hyperthyroïdisme comprend un très grand nombre de formes cliniques qui chacune demande leur thérapeutique particulière. Il semble cependant que la majorité de ces formes trouve dans la roentgenthérapie leur meilleur si ce n’est le seul mode. de traitement. Tout d’abord, les cas excessivement graves que le chirurgien hésite à opérer ne peuvent cependant pas être abandonnés, ils reviennent sans conteste à la radiothérapie. Quand il s’agit de cas bénins, ce sont les malades eux-mêmes qui refusent lPintervention sanglante considérant que les risques courus sont disproportionnés avec la gravité de leur mal.

L. Bérard, nous l’avons vu, est persuadé de l’inocuité absolue de la chirurgie, déjà M. Labbé est loin d’être de son avis. Si nous examinons en toute impartialité les statistiques chirurgicales, il nous semble que les cas de morts sont encore trop fréquents et si le pourcentage, nous le reconnaissons, en a beaucoup baissé ces dernières années, c’est seulement entre des mains ultra-spécialisées et d’une rare habileté; mais que deviendrait un goître exophtalmique dans une clinique non spécialisée entre des mains peu expertes à cette délicate opération?

Les statistiques radiologistes n’ont pas de mort, et cela déjà est appréciable, quant aux échecs, aux aggravations, aux récidives, ils ne sont ni plus ni moins fréquents qu’avec la chirurgie ou la médecine. Les effets passagers, les insuccès signalés par Bérard et Peycelon ne doivent être que le résultat d’une insuffisance de technique. Quant aux troubles trophiques signalés surtout au début de la roentgenthérapie, ils ont aujourd’hui à peu près disparu parce

que notre expérience plus grande nous fait arrêter si l’hyperthyroïdie ne cède pas normalement.

D'une façon générale, les goîtres kystiques, les goîtres basedowifiés, les variétés tumorales, les goîtres à évolution trop rapide nous semblent redevables de la chirurgie.

Les formes légères, le Basedow complet, le Basedow grave, doivent revenir à la radiothérapie.

En résumé, l'immense majorité des syndromes hyperthyroïdiens doit d’abord être soumise à un traitement roentgenthérapique rigoureusement suivi cliniquement et contrôlé par la recherche du métabolisme basal. Ce n’est que si aucun résultat n’est obtenu qu’il est préférable de confier le malade au chirurgien.

Nous concluerons donc avec Sluys « que les résultats « de la radiothérapie sont aussi bons que ceux de la chi- « rurgie; les accidents mortels nuls, les accidents graves « rares ».

Le traitement de la maladie de Basedow ne peut être ni une question de mode, ni se baser sur les affirmations catégoriques de certains. Il seraît souhaitable que l’ère des critiques s’arrêtant, une collaboration plus intime des médecins, des chirurgiens et des radiologues apportent dans le traitement de cette affection protéiforme le maximum des moyens de lutte que tout malade est en droit d'attendre de son médecin contre sa maladie.

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