‹ La Rontgenthérapie dans la Maladie de Basedow: Travail du Laboratoire de Radiologie du Centre Anti-CancéreuxChapitre 6 sur 24 · APERÇU PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

APERÇU PHYSIOLOGIQUE

Si l’on relit les traités classiques au chapitre de la maladie de Basedow, on risque de confondre un très grand nombre de faits souvent très différents et entre lesquels la limite n'apparaît pas clairement. Petit à petit, les médecins ont apporté au syndrome primitivement décrit une série de modifications, de signes nouveaux, fruits de ‘moyens de travail plus perfectionnés. Une bonne connaissance de la physiopathologie de la maladie peut seule, cependant, aboutir à une bonne thérapeutique, c’est pourquoi nous allons passer rapidement en revue les acquisitions nouvelles qui nous paraissent devoir fournir une base pour la conduite pratique du médecin.

L’on a peu dire « que les glandes endocrines sont appendues sur le système sympathique comme les fruits sur Parbre », à tel point que l’ensemble forme le système endocrino-sympathique qu’il est bien difficile de dissocier en physiologie comme en pathologie. Tout ce que nous savons d'autre part du sympathique et des endocrines permet de considérer ces dernières comme des génératrices dinflux nerveux pour les fibres sympathiques, d’où les corrélations pathologiques entre les diverses endocrines tantôt par voie humorale, tantôt par l'intermédiaire du sympathique.

Les classiques décrivent 3 fonctions principales à la slande thyroïde:

1° Influence de la fonction thyroïdienne sur le métabolisme de Pazote, des graisses et des hydrates de carbone.

2° Influence sur l’ostéogénèse des os longs.

3° Fixation de TViode de lorganisme déversée ensuite dans la circulation.

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La fonction principale est donc de maintenir à un niveau donné les échanges nutritifs. Elle est nécessaire à la vie végétative de l’adulte, mais chez les jeunes sujets, elle préside à la croissance.

En 1893, Friedrich Mulier mettait en Hits une augmentation du métabolisme de fond dans le goitre exophtalmique. En 1895, Beaumann découvrait que liode entre dans la constitution normale de la glande thyroïde et isolait une substance iodée: iodothyrine. Plus tard, d’autres substances encore furent trouvées: la thyroglobuline d’Oswaid et l’albumine à 3,6 % d’iode d’Hutchinson. Enfin, en 1914, Kendall trouva la thyroxine, l’isola en cristaux contenant 63,1 % d’iode. Puis Harington et Barger synthétisèrent une substance qui correspond exactement à la thyroxine et de formation chimique excessivement complexe. Cette thyroxine agirait directement sur les tissus en y accroissant les phénomènes d’oxydation et pourrait, à la lon- Bue reproduire la plupart des symptômes de l’hyperthyroïdie. Plummer estime que le métabolisme augmente de 2,8 % par milligramme de thyrôxine injectée. Dautrebande porte ce coefficient à.5 %.

Au point de vue chimique, un corps tyroïde desséché donne: 3,53 % de cendres; 13,82 % d'azote; 0,24 à 0,80 % de phosphore et enfin 2 mmg, 293 d’iode par gramme de substance sèche, soit 6 mmg, 56 par gramme de substance fraîche, maïs ce dernier chiffre est essentiellement variable selon le régime, lPâge, le sexe et même l’époque de l’année.

La thyroïde a une affinité extraordinaire pour l’iode qui peut être centuplée en quelques minutes (travaux de Marine et Rogoff). L'activité fonctionnelle de la glande est certainement sous la dépendance d’un contrôle chimique venant du sang mais aussi sous le contrôle indirect du sympathique et du parasympathique. D’autre part, Marine a prouvé expérimentalement que lorsque la réserve iodée tombe au-dessous de 0,1 %, la thyroïde augmente de volume, ce qui revient à dire que la réserve iodée d’une thyroïde varie en raison inverse du degré d’hyperplasie.

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Lse examens histologiques pratiqués sur des thyroïdes en état d’hyperthyroïdie expérimentale correspondent aux lésions constatées dans la maladie de Basedow. On note en effet: la prolifération du tissu fibreux avec épaississement des parois vasculaires. Dans l’intérieur de ce tissu fibreux, de petits amas cellulaires en petit nombre correspondent aux vestiges des vésicules. Dans la plupart des cas encore, il existe une hyperpalsie diffuse du parenchyme épithélial jointe à une modification dans la forme des cellules et dans leur disposition. Il y a également absence de l’élément colloïde avec une production anormale, fluide, durcissant par la coagulation et enfin un aspect vacuolaire des cellules cylindriques.

Du côté du système nerveux, on a signalé l’atrophie des corps restiformes et des altérations du sympathique. Trousseau a même décrit une altération de la gaine conjonctive des cordons sympathiques.

Dès 1852, Fellenberg et Mc. Clendon ont montré que la carence iodée dans la maladie de Basedow ne proviendrait pas seulement de l’exagération des dépenses, maïs aussi du manque d’iode dans les aliments et surtout dans certaines eaux, d’où l'existence des régions goitrigènes (Alpes, Suisse). Cette conception longtemps condamnée a fait perdre 50 ans à la prophylaxie de la maladie. Les eaux potables des régions indemnes de goitre contiendraient ainsi 18.000 fois plus d’iode que les eaux des régions goitrigènes.

Kendall a, de plus, admis qu’à l’hyperthroïdie de la maladie de Basedow, s’associe toujours une dysthyroïdie, le Basedow étant ainsi essentiellement lié à une altération qualitative de la thyroxine.

Nombreux sont les auteurs de l’école française qui ont décrit le Basedow uniquement comme une affection du sympathique. On ne saurait toutefois admettre que le syndrome basedowien tout entier est sous la dépendance du simpathique et nous n’en voulons comme preuve que les insuccès reconnus de la chirurgie du sympathique dans les Basedow.

À la suite de M. Labbé, de Dautrebande, les symptômes

de la maladie nous paraissent pouvoir être rangés en 2 catégories: les uns relevant directement de l'élévation du métabolisme basal, les autres du système vago-sympathique; ces deux ordres de symptômes étant étroitement unis sous la dépendance d’une cause thyroïdienne commune dont Sainton a essayé de donner la preuve en montrant: 1° que l’ingestion d’extrait thyroïdien est susceptible de réaliser chez l’homme un syndrome basedowien;

2° Que lhyperthyroxinisation donne les mêmes résultats ;

3° Que les composés iodés provoquent chez les goitreux des réactions comparables à celles de l’hyperthyroïdisation.

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