‹ La Rontgenthérapie dans la Maladie de Basedow: Travail du Laboratoire de Radiologie du Centre Anti-CancéreuxChapitre 9 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LES TRAITEMENTS MEDICAUX

Ici encore nous nous trouvons en présence de plusieurs techniques que nous signalerons séparément. La thérapeutique médicale actuelle qui tend de plus en plus à s’attaquer à la cause primordiale et à devenir pathogénique, fournit des ressources suffisantes ayant à son actif beaucoup de succès. Il y a grand intérêt chez les basedowiens à établir une médication systématique, à la prolonger suffisamment et à ne pas se décourager si le résultat obtenu ne répond pas immédiatement aux espérances conçues, car les améliorations lentes et progressives sont les seules, semble-t-il, qui mènent à une guérison durable.

Suivant les principes montpelliérains, si nous recherchons d’abord les éléments pathogéniques, nous trouvons : l’hyperthyroïdie, la dysthyroïdie, l’hypersympathicotonie, d’où nous déduisons nos indications qui seront remplies par les médications opothérapiques ou chimiques.

L’OPOTHERAPIE.— Deux techniques sont employées : celles qui s’adressent au corps thyroïde, ceiles qui s’adressent à d’autres glandes. L’idée de cette thérapeutique découle de ce principe que les troubles thyroïdiens font toujours partie d’un ensemble pluriglandulaire. Le nombre des théories proposées, des médications essayées, prouvent le peu de succès de ces méthodes. Beaucoup sont aujourd’hui abandonnées et nous ne les signalerons que pour être complet.

1° L’Opothérapie thyroïdienne, imaginée par Gauthier de Charolles a eu ses partisans. Elle est surtout abandonnée pour sa nocivité et ses derniers défenseurs, à cause de

celà, proposent de la réduire à des doses infinitésimales véritablement homéopathiques (par dixième de milligramme pour Léopold Lévi).

2 L’Opothérapie thymique est basée sur le rôle antagoniste de la sécrétion thymique et de la sécrétion thyroïdienne.

3° L'Opothérapie Hypophysaire, l'opothérapie ovarienne, l’opothérapie surrénale, testiculaire ou parathyroïdienne, ont encore été proposées et essayées. Aucune n’a résisté à lPépreuve du temps, sauf peut-être lopothérapie ovarienne qui compte encore de nombreux partisans (Sainton, Sergent).

Nous devons maintenant signaler la chymothérapie anti-thyroïdienne qui emploie deux procédés principaux : l’'hématothérapie antithyroïdienne et le lait d'animaux éthyroïdés. Cette thérapeutique remonte aux recherches initiales de Gilbert Ballet et Enriquez qui eurent l’idée d’injecter à des basedowiesn du sérum de chien thyroiïdectomisé. Hallion et Carrion préparèrent selon ces principes leur hémato-éthyroïdine qui est largement utilisée et jouit d’une grande vogue avec beaucoup de succès semble-t-il. De nombreuses variantes ont été proposées, selon l’animal éthyroïdé fournisseur de sérum ; on a même utilisé le sang d’homme myxœdémateux. La dernière signalée en France est celle de Coulaud et Suau qui préconisèrent un sérum anti-thyroïdien obtenu par des injections intra-veineuses de corps thyroïde frais au mouion. D’après les auteurs, leur sérum guérirait même le cancer du corps thyroïde ! On attend encore la confirma- Hon de ces succès.

En ce qui concerne l’hémato-éthyroïdine, elle est certainement exempte de danger. Sainton lui décerne 80 % de succès. MM. Maranon, Marcel Labbé et Gilbert Dreyfus sont plus réservés dans leur opinion. On connaît encore l’anti-thyroïdine de Mœbius et la thyroxine de Roche.

Le lait de chèvre éthyroïdé d'Otto Lanz qui persa le premier que le principe actif de la médication thyroidienne pouvait se trouver dans d’autres humeurs que lé sang. La dose moyenne est de 1/4 à 1/2 litre de lait frais par jour. Les résultats, d’après une statistique de Sainton et Delherm sont de : 10 % de guérison, 80 % d’amé-

lioration, 10 % d’insuccès ou même d’aggravation. La médication chymothérapique ne doit pas être continuée indéfiniment et une épreuve de 3 mois est en moyenne suffisante.

LES MEDICATIONS CHIMIQUES. — Elles sont de 3 Oid:es sans compter les médications symptomatiques adjuvantes.

I y a d’abord les médications classiques : salicylate de soude, quinine sous forme de chlorhydrate, de sulfate, de valérianate. Leur action semble très douteuse.

Plus utiles sont les médicaments nervins qui exercent une action indéniable sur l’élément sympathicotonique du syndrome : opium et ses dérivés, valériane, bromure, gardénal, borate de soude. Leur place est toujours justifée dans l’arsenal thérapeutique mais il ne faut pas leur demander plus qu’ils ne peuvent donner. Le dernier venu de ces médicaments est le tatrate d’ergotamine. D’après les recherches pharmacologiques de Rothlin, cette substance est la seule qui soit douée d’une action inhibitrice spécifique sur le sympathique. Adlersberg et Porgers l'ont introduite dans le traitement de la maladie de Basedow ; ils l’administrent par injection sous-cutanée ou par ingestion à la dose de 1/2 à 1 ou 2 milg. par jour. Cette médication est loin d’être exempte de dangers : Laroche, Camus, Lelourdy, Marcel Labbé, Justin Besançon, ont observé des accidents graves : crises de vagotonie, paroxismes angineux suivis d'accidents cérébraux et méme un cas de syncope mortel. Il faut donc être très réservé dans l’emploi de cette méthode et ne recourir qu’à des doses infimes, en ingestion. .

Nous avons réservé pour la fin de ce chapitre l’iodothérapie qui mérite d’être prise en plus sérieuses considérations. Cette thérapeutique est aussi ancienne que la ma- Jadie elle-même. Basedow (1840), Stokes (1853) y eurent recours. Puis, précédé par le cri d'alarme de plusieurs cliniciens, Rüilliet en 1860 « lui porta le coup fatal » (Gilbert Dreyfus) en décrivant la basedowification du goître banal traité par l’iode. C’est Neisser en Allemagne, bientôt suivi par Lœvy et Zondek, qui réhabilita le traite-

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