‹ La rose blancheChapitre 15 sur 40 · VUI · texte numérisé non relu

VUI

Catherine parla la première, en reprenant le dialecte flamand, sans lequel elle pensait que Perkin ne l'eût pas comprise :

— Ignorez-vous donc, dit-elle, le danger qui vous menace si vous vous opiniâtrez?

— Madame, répondit en pur anglais Perkin, qui laissait avec une sorte de volupté échapper enfin sa voix harmonieuse, je n'ignore pas ce danger; tout à l'heure, j'ai entendu ce qu'a dit madame la du-

161 M.\>. Il

chesseà ce seigneur lorsqu'elle Pa quitté : elle me fera peu ine laide

mort, mais c'est une mort, c1

pour sortir de demain*

autre chose depuis nombre d

— Vous êtes donc bien malheun demanda Catherine toute b< Bpar cetaccent simple et vrai, connu»* aussi par le son de sa langue natal»', qu*elle a étrangère à Perki n.

— Je répondrais oui - i que c'est que d'être heureux, dil i

— Pourquoi me parlez-vous, à moi qui ne puis rien pour vous, quand vous refusé de répondre à vosjuges, à MUX qui décideront de votre sort? ajouta Catherine avec une naïveté d'innocence qui lit frémir Fryon.

Mais l'interlocuteur de Catherine était de tout point digned'unesiangéliquecandeur, car il répondit sans faste et sans sourire :

—Je ne sais pas; à moins que ce ne soit parce que vous avez parlé une langue que j'aime; reprenez-la, je vous en prie.

— Enfin, vous n'êtes pas le fils de maître Warbeck? reprit la jeune fille en anglais.

— Non, dit Perkin ravi.

— Qui êtes-vous, alors ?

— Un pauvre fou.

— Non, non, non!... s'écria Catherine avec impatience; vous ne dites pas la vérité; vous retombez dans votre faute; vous n'êtes pas fou et vous le savez bien.

Cette indignation de la douce jeune fille fit monter le rouge de la honte au front de Perkin ; il baissa la tête et murmura :

— Ils le disent tous.

— Qui cela, tous?

— Zebée, Jean, maître Warbeck luimême.

— Warbeck vous appelait son fils, ce-

LA ROS»; i.l . \v m.

pendant, et vous dites que réles

pas; expliqui

— oh ï dit Perkin avec un soupir, voilà le m;. 'appelait son fils, et, quand je niais qu'il KM mou

. ilm'accu- i, aujourd'hui,

dameWerbeck elle-même a bien dé que je nï: son fils : une mère, c'est

une autorité cependant, bien, suis-je fou encore? Qiu' m'arrh t-il, si je dis oui?... N'ofl pas

Dieu, si je dis non? D'ailleui i-t-il

tout à coup avec une glots convulsifs, et sans pouvoir répandre une larme, sais-je moi-môme ce qu'i dans mon cœur? suis-je sûr des idées qui s'agitent dans ma tète? je parle, sais-je ce que je dis? je vous regarde, je cr voir... n'est-ce pas une de mes visions qui me revient?

— Quelles visions? demanda Catherine.

— Ne m'interrogez plus, dit Perkin à voix basse, car j'en ai trop dit déjà; d'ailleurs, que vous apprendrais-je qui fût intéressant pour une personne de votre qualité?

— Quand vous ne me diriez que la raison de votre arrivée ici.

— Je l'ignore.

— Votre père vous y a envoyé, cependant, près de votre mère ?

— Puisqu'on dit qu'il n'était pas mon père, et que dameWarbeck m'a renié pour son enfant.

— C'est vrai, dit Catherine troublée dans sa logique par l'argument péremptoire de l'adversaire; mais, enfin, vous savez au moins ce que vous faisiez près de Warbeck, et comment vous vous trouviez avec lui ?

Perkin leva les yeux au ciel; ce regard désolé , mais honnête et d'une limpidité sans tache, semblait demander compte à

I X ROSI R| O. lit

Dieu d'une Ion ritées.

— C'est tout ce que je dirai, muruimu t-il enfin; je n'ajouterai pas on mol.

Catherine voulut consulter Fryon du regard; celui-ci* sans al . pareil •<

un homme fatigué d'< bil-

levesées, poussait en ce moment même là perle de la salle et sortait, u disparut; la jeune comtesse était u trie 8 iaon

nier.

Ce départ la surprit d'abord , presque aussitôt il l'épouvanta. Fryon, impatienté, n'était-il sorti si étrangement rite que poui aller chercher un boun •.

— Vous voyez bien, (li: rkinavec une vivacité fébrile; votre QlrtttCljnciBt fatigue tout le monde. sont mauvaises; vous ne persuadez menu

< eux qui voulaient vous sauv< rla vA même moi qui avais pitié de votre Jeu

LA ROSB ULANCHH ««7

nesse, et qui aimais mieux croire à vos malheurs qu'a vos crimes.

— Mes crimes ! s'écria le jeune homme en joignant les mains; comment aurais-je commis des crimes? lesquels? de quoi pourrait-on m'accuser?

— Ce testament de Warbeck qui vous attribue sa fortune.

— Est-ce que je la réclame, moi, puisque je déclare n'être pas son fils !

— Dites alors votre nom, vos parents, votre origine ; expliquez vos relations avec Warbeck; et remarquez qu'une plus longue résistance me convaincrait de ce que, seule ici , je me refusais à croire : a savoir que votre folie prétendue est le masque dont vous espérez cacher le trouble et les noirceurs de votre àme.

Perkin sembla vaincu ; il appuya sa tète alourdie dans deux mains fines et nerveuses, dont la perfection eût révélé la

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