‹ La rose blancheChapitre 40 sur 40 · LA ROSE EL.OCUE · texte numérisé non relu

LA ROSE EL.OCUE

la cour une litière attelée et entourée d'une escorte à cheval.

— Un moment! s'écria-t-elle; j'ai aussi des explications à donner au roi ; je veux lui parler.

Le chef des hallebardiers voulut objecter qu'il n'avait pas d'ordre à cet égard ; que, d'ailleurs, Henri Vil n'était pas en ce moment à l'abbaye de Bermondsey.

Susannah montra le parchemin, scellé du sceau royal, qui enjoignait d'enfermer dans une litière et de conduire sans délai, jusqu'à la mer,lady Catherine Gordon.

Soudain le chapelain arriva sur la terrasse, et, se faisant jour jusqu'à la prisonnière :

— Nul n'a droit d'empêcher lady Catherine de parler au roi si elle le demande, dit-il; et je prends sur moi de la conduire près de notre gracieux monarque, qui vient d'arriver au château.

Catherine s'élança triomphante vers ce

I" LA KOSR !

prot-

froiv is ses mains l'or<l

Le ci pja le

oq l'habile chasse-.

s'était préparé à la recevo Le tigre et la gazelle restèrent longt*

àscconteinpI.T l'un 1...

semblabl. : a/ur qa

sur les v.

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i-ommeun iil> t. cOflUM égratignure carminée. La douceur d therineat

LA ROSE BLAKCHE

lalutte avec une panthère comme Susannah ou une lionne comme Marguerite. Peu à peu, la fixité de ses prunelles devint moins intense : il avait mesuré les forces de son adversaire. On eût dit que tous les ressorts de ce puissant cerveau sedétendaient à la fois. Il se souleva du siège de cuir doré au-dessus duquel son chapelain s'était accoudé un moment; puis, congédiant ce dernier d'un clin d'œil pareil aux alanguissements de regards de la race féline, il invita du geste Catherine à s'approcher, lui montra un siège à quelques pas du sien, et se rassit. Elle demeura debout.

— Asseyez-vous, madame, dit-il d'une voix si douce, qu'elle parut harmonieuse à Catherine préparée sans douteà entendre un rugissement ; asseyez-vous, les femmes de votre race sont faites pour s'asseoir auprès des rois.

IIC t.* kO*K !

Elleofe v» les yeux. Il i

— MgMOT, Qn \.'iit m»- r.uMuiiv «mi

! ii

maimdte

i secoua doucement la

— Vaine générosii- ! niiirmura-t-il ; cdttl que vous appelé/

Rome, an i in bt*

i ii posture dui

— JauKi .1 Catbei

honneur et du respect dû à votre race? dit tranquillement le roi. C'est impossible.

— Je ne me crois pas déshonorée par ce mariage, répliqua Catherine, qui eût voulu dire plus, mais qui n'osa compromettre Richard devant son compétiteur en le proclamant duc d'York et légitime roi d'Angleterre.

Henri sentit qu'on le ménageait. Il insista.

— Vous avez tort, continua-t-il. Ce n'est qu'un malheur de s'être mésalliée par ignorance; ce serait un crime de persévérer dans une pareille erreur.

Cette fois, il fallait s'expliquer.Catherine courba le front, joignit les mains, et une larme qui eût fait fondre le marbre jaillit de ses yeux brûlants.

— Seigneur, dit-elle, votre sagesse est grande; vous lisez dans mon cœur comme dans un livre ouvert. Vous voyez qui je

!»• i i mur i.in<n

crois être. Si c'est une err.

m sacrée, ne me punissez pas.

— Vous?... Oh! non, «lu la roi, pas

\nlls!

— Ce serait . .us panii uuirmur.

— Kst-il possible! s avec une surprise si bien feinte, que Catli

— CePerkii ,,.

— Ce u

seigneur, dit la courageuse fomm

puisque Votre Grâce m'a forcée <1

noncerai

bien assurée, si je le f..

vouée par mon noble é|>

iri se leva, fit quelque* pas gr m» nt dans la salle, ses In-

ledos, le front i»

luttait contre la colère ou poursuivait quelque méditation profonde.

— Il faut pourtant que je la détrompe, laissa-t-il échapper assez haut pour être entendu; car, si je ne le fais, qui l'osera?

S'adressant à Catherine étonnée :

— Voulez-vous croire une barbe grise, qui, vous voyant si jeune, si belle, se sent entraîné vers vous comme vers une fille aimée? Croyez-moi, partez pour la Flandre, je n'ai pas d'intérêt à vous le conseiller. Croyez-moi, lady Catherine, partez!

— Et... le prince..., que deviendra-t-il?

Henri ne s'irrita point de cette qualification; le pâle sourire qui effleura ses lèvres s'effaça sur-le-champ.

— Oubliez cet homme, dit-il, si vous voulez qu'on l'oublie chez nous, si vous voulez que ma noblesse l'oublie, que mes soldats l'oublient, que mon bourreau l'oublie, lady Catherine Gordon.

BBeAoi dtoctueweaeiit

— Car cet honni:- t un be et un faussaire

avérés; ses complicerenié, livré à ma justic* rope, qn dera

— Ceux rjui le trahi-

sont des lâches qui ne issent

ans répondre du meuble d'ében

ut placée sa table de travail.

! tira la dé n de la duchesse de

Bourgogne et la mit «1 Cathe: lut; ses r

t; son front I le de

la mort. Klle laissa tombe: r de

ses doigts.

Henri le saisit et prit en môme temps la main glacée de Catherine.

— Vous comprenez, dit-il, maintenant, pourquoi vous avez le droit de rompre avec cet homme. Où sa destinée le pousse, la fille du noble comte d'Huntley ne peut pas le suivre !

— Milord ! milord ! murmura la jeune femme infortunée en tombant à genoux dans le transport de sa douleur. Sa vie !... sauvez sa vie !... Milord, au nom de votre mère ! ne versez pas le sang de celui que j'ai appelé mon époux!

Catherine avait bien senti que cette renonciation de la duchesse était l'arrêt de mort de Richard. Elle comprenait que l'heure était venue de s'humilier devant le vainqueur.

— Je souffre bien, répliqua Henri, d'envoyer au supplice l'homme, le criminel qui a eu l'honneur de votre alliance; mais

LA HOSI

Vngleterr.

Catherine, paries en reine : .si vous étiez ma femme ou ma fille, me den.

vous d'épargner e»

ici même, vous hesse

k. Donc, vou> i, iii>

d'Edouard, roi d'A gnc aujourd'hui, tout le monde d< m dira : « C'est bien le roi ! »

— Milord, je n Messe

pauvre f.

supplj gnanime, vous, le 1 le seul m

Voyez, je courbe la

ulez-vou ubli-

quen hlord, celle grâce, |

demanderai pieds nus, la corde au cou, sur les degrés de V

— Mais ce n'- pal-

pitant de joie; ce n'est pas ma noble Catherine que je redoute, elle, la loyauté, la vertu, l'honneur !

—Oh! lui, s'écria-t-elle, lui, fera comme moi, plus que moi; je m'y engage pour lui!

—Encore de vos illusions, enfant ! C'est un pécheur endurci qui résiste à tous les bons conseils. Né de l'orgueil, c'est par l'orgueil qu'il périra.

— S'il savait votre douceur, votre magnanimité..., dit-elle.

— Que ne les éprouve-t-il, ma fille, avec ma miséricorde?

— Milord , deux mots de ma bouche et il sera persuadé; on l'aura aigri, menacé ; il est fier!... Que je lui parle, que je fasse luire à ses yeux la vérité, toutes ces fumées trompeuses se dissiperont.

— Le croyez-vous? dit le prince avec une mansuétude paternelle.

m. il

m he

— J'en réponds ! re ! Mais j promettrai sa grâce, n'est-ce pas?

— Grâce entière! grâce coin m

bou et si grand !

i • :■ • :.•■.•:.■;■■.■■:. (uni. iv-r

. t m Mii.ju-'ir. «in Henri vu. qui puai une i r ses grands uvcs,

comme s'ils eussent pu se n d une

larme.

«!•• lèfVta

— Dans le «

millfs (1 :

stade

— Croy

La asile

ne devait être inviolable après la déclaration de la duchesse de Bourgogne.

— J'y vais, milord, reprit-elle en baisant avec passion les mains blanches et sèches du roi, qui feignit de se laisser étourdir.

Henri appela son chapelain , écrivit une lettre au prieur de Bauley, et bientôt après la malheureuse frappait aux grilles de fer de l'asile sacré.

—Allons, pensa le roi, de ces deux femmes que j'avais pour adversaires, l'une m'a puissamment servi en voulant perdre Richard ; voyons si l'autre, en voulant le sauver, ne me servira pas encore mieux.

Depuis le jour où ses Écossais l'avaient porté dans l'asile, Richard s'était aperçu que le martyre commençait à peine.

Ces héroïques compagnons étaient deux, deux échappés sur cent. Le prieur de Bauley ne put leur refuser l'entrée du monastère. Mais il trembla, dès leur arrivée, d'assumer une responsabilité si grande, et d'encourir la haine du roi Henri VII en recueillant ses ennemis.

tu

Néanmoins, ptr respect p<»"r s<m asile ei

papeed vré il s«

Ton'

autour de lui !<• rordon de lances •

ssaitleprisoi.

menaçantes; il soi patient à n*esp< rer qu ! ^e résolv t, testai

que les hommes faiblissent <>t que irs sont des hommes.

\ Écossa a de ses

blessures; d le pleura o

frt're. L'a lès avoir

ami, garda nuit et jour le duc < trésor confié désormais à lui

brave montagnard en perdit le sommeil; il ne mangea plus , il s'exalta de jeûne et de fièvre, tomba malade et mourut sans avoir voulu quitter son prince, dont, à l'agonie, il saisit le vêtement d'une main convulsive ; les doigts se fermèrent après le dernier soupir de l'Écossais, et Richard fut forcé de couper son pourpoint de velours autour de cette main loyale, qui emporta dans la tombe ce témoignage glorieux de sa fidélité.

Il était seul ! seul pour craindre, lutter et penser ! Les nuits lui parurent bien longues, quand il entendait bruire autour de l'asile les armes des soldats sauvages, quand il voyait passer et repasser leurs ombres derrière les feux rouges, et que, suivant d'une oreille dédaigneuse leurs chansons dans lesquelles le gibet était promis au faux York, il surveillait, en outre, la porte de sa cellule, qui pouvait

im i » MM

m qu'il jours de sa vi plies disant tout nu |

. rs il songeait à Ca abîmes; (

gran»! rie cœur, se«,

de tani d s, de toi

lieiibl«. Oh! m la rie était «l.'ja loin inalheuntaissailC lugubre, prèle au moment

dam au pale s

,i pa^ illasioi

était bien perdu. Un asile n'est respecté par un prince jaloux que jusqu'au moment où ce dernier a trouvé le moyen d'y pénétrer sans scandale. Plus de doute possible. C'est là, dans cette cellule sombre, que se dénouerait d'un coup de couteau, peutêtre dans le nœud d'un lacet de soie, l'existence la plus douloureuse, et pourtant la plus regrettée; car, faut-il le dire, Richard eût voulu vivre : il aimait !

Dans ses heures de solitude, d'angoisses, la plus cruelle torture était le doute. A quoi pensait Catherine? était-elle rentrée dans ce monde éclatant, où les consolations de tout genre font vite oublier à une femme des chagrins honteux à manifester? le roi Jacques l'avait-il reprise a sa cour? avait-elle repassé en Flandre, près de la duchesse? Oh!... près de cette inexplicable ennemie, comme Catherine apprendrait vite à mépriser son époux !

Ht i » MM » i oui

Celle Irai il«* la duchesse, après t.i

piotatftflaM U ûê himffciti, Mail la pro»

incessanl que r.

sa tète fatiguée; problème le el,

par conséquent, limitrophe de !

avait chez cet boni exubérant de sève et de génie, des moments de rébellion contre la ri se disait que la i

qu'il s'agit .de vouloir :

que l'heroîsm lans dm

désespérée, tout est à fair.

réussir. Alors il rêvait la, massa-

cres, incendies; il t'éle nii!iat«ur, par-dessus les mursd sur des ailes san^

. il lutta/

:iortdes< KiMare tombé pour "i ie aux yeux d'un ei

Tout à coup, épuisé comme après de réelles batailles, il se résignait, il courbait son front, il priait.

— Peut-être, pensait-il, ai-je été choisi par Dieu pour expier tous les crimes de ma famille. Cette histoire terrible des deux Roses n'a pas eu son dénoûment, c'est moi qui le ferai, c'est mon histoire, à moi; mystérieuse légende, pleine de surprises et de terreurs, qui clora la série de meurtres, de violences, d'usurpations reprochés aux York comme aux Lancastre. On pleurera beaucoup sur mon sort, on pleurera ma jeunesse, mon innocence et madouble mort tragique; ces larmes pieuses laveront les taches de ma famille. Seulement, il faut que je tombe encore celte fois, sans souillure, intéressant pour l'Angleterre comme je l'étais quand les bourreaux de mon oncle Glocester ouvrirent de leurs poignards ma tète blonde, et que mes bras défaillants

ici l » I

m roi, assassh Alors le ma; • s'adressait a

prêt loi avoir demandé son

auprès de Dieu Irrité, il m- n consolé, confiant et r<

Sa cell e au bout d

corridor, était se e dans

du monastère. L a cou monde «

nager York et Lancasi chard, non pas en prince, mais <

fugié de »n. Sa U

couverte de tout c»

mdes recherchées, de fruits sa reux. Mais le jeune homme s'.

et d'eau, n !<•

superflu avec une constance et milité qui lui alu le r«

moines et l'admiration du prieur luimôme. En sorte que ce dernier, d'hostile était devenu indifférent, d'indifférent secrètement partial pour son prisonnier si beau, si doux et si résigné; et il s'était bien promis, en cas d'invasion ou de violence imprévue, de prévenir la victime pour qu'elle eût le temps de faire sa paix avec Dieu.

Un jour, Richard entendit courir et crier dans son corridor. C'était le prieur qui arrivait tout effaré en recommandant au reclus de ne rien craindre. Bien plus, il parlait de joie, de faveur insigne, il rayonnait, et Richard n'eût rien compris à ces transports, à ces embrassades multipliées, si tout à coup, dans l'embrasure de la porte demeurée ouverte, il n'eût vu apparaître une forme divine, un séraphin, Catherine elle-même, qui s'arrêtait tremblante et navrée sur le seuil.

II connu à elle en pousv ori et

farrèta >»ii.i.iin. nia o*apr* m le** et m ta Je» bris ouverts, sur la

poUrfaM <!•• I5m liur.l, .pu , !iun,.'!;nt nous le poids du bon! m te

confondirent avec leurs cœurs dans

WÈtm ÉÉS> H rh.tnw <\'ru\, tmit n

> pleurs de laulre, prit sa d'espérance ou de désespoir.

— oui. m Catherine la première.

vous chercher pour vous ♦

Il Irossaillit.

— D'où vous vient ce

: il.

— Vous lui avez demandé ma grâce ?

s'écr rden fronçant le soun

— Pasdor-

urne av< <

mais ferme. Vous n'en avez ni le temps ni le droit. Ne vous révoltez pas, je parle en connaissance de cause. Tout vous abandonne. Vous seriez seul au monde sans l'amour de votre femme, amour sincère et qui ne reculera devant rien pour vous sauver, fût ce devant le danger de vous déplaire.

— Permettez, Catherine, dit Richard, j'admire votre courage et votre bienveillance pour moi; mais je comprends moins la bienveillance du roi HenriVII. Veuillez avant tout me l'expliquer.

— En deux mots : j'étais prisonnière comme vous; on m'allait renvoyer en Flandre chez la duchesse, qui me redemande ; mais je n'ai pas voulu partir sans vous savoir en sûreté. J'ai déclaré cette résolution au roi, qui m'a permis de pénétrer jusqu'à vous.

— A quelle condition, Catherine?

site, surt

< ■ >i !•:.!-' i'i'j'' ili'iu.iinli'rai ^r.'n «• '

— Il y a une c.

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uiuncscabea près d

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déteste, je vous ai

moi ; é par

les préjugés du monde. Depuis, j'ai réfléchi, et je sens que mes doutes avaient la portée d'un crime. Je n'ai pas le droit d'avoir des doutes envers vous. C'est vous, c'est votre personne que j'ai aimée dès que je l'ai vue; c'est votre image qui s'est gravée à jamais dans mon cœur. Cet amour tendre et profond n'avait pas pour objet un prince de tel ou tel rang, de tel ou tel nom. Vous vous fussiez appelé Lancastre, que je vous eusse aimé Lancastre; vous eussiez été un artisan , un serf, je ne sais quoi de vulgaire, que mon amour vous eût été chercher dans la foule. Aujouid'hui que je suis votre femme, ce n'est plus seulement une tendresse aveugle qui doit me rapprocher de vous , c'est le devoir, oh! le plus doux des devoirs comme le plus sacré. Ainsi, quoi qu'il arrive, quoi qu'on dise, quoi que l'on nous reproche à l'un et à l'autre, nous serons unis, et rien

M MM 'l''>tniir;j. M.' COnpWPea-TOM

. non époux, non trésor?

— Oui, Je tons comprends, r'plupia ird pâle et défai

dire que tous êtes assez magnai r

SSM bOMM l""ir m'ainuT tout misrralil.-

! n mot, vous me dites ceci : « Tu n'es pis Richard, du pelles Perkin Warbeck sera

lui nftna »

nue se leva vaillante, ex;.

— I je dirais cela, s'en auquel d«- us entend l'un

t il «lu haut 'I

à » ■••lui qui, malgré dc> «usa-

bles, s'obstine à repousser les bras qu'on lui ouvre, et foule aux pieds sa femme prosternée?

— Quelles preuves irrécusables avezvous donc que je sois l'homme que vous dites? demanda Richard.

— Tout à l'heure , chez le roi , j'ai vu , j'ai tenu dans mes mains la lettre, la dépêche par laquelle la duchesse de Bourgogne avoue qu'elle a été dupe d'une erreur, et déclare que vous n'êtes pas Richard d'York, et permet au roi Henri VII de proclamer cette déclaration dans toute l'Europe.

— Oh! murmura l'infortuné frappé à mort, et dont le sang glacé reflua jusqu'au cœur.

— Mais, s'écria Catherine en le saisissant dans ses bras, en le réchauffant de ses caresses, de ses baisers, qu'importe! qu'importe encore une fois! York ou non,

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de mon é\

tenfllai combattre eoeore, c'est d€ :

sérosité, c'est de

tant, que tu voulais me du:

mon héros! Mais tu as fait as*/ i

iinour pour ■

lait ses forces brisées. «

ragea de ce silence comme d'une hésita-

— Allons, d

de la duchesse, la lutte serait in-

sensée, elle serait ridicule. Le roi n'exige que ton acquiescement à cette lettre, et tu es libre, et tu es sauf, et, en retour de tout ce que mon époux a fait pour moi, j'aurai du moins conservé sa précieuse vie.

Richard fit un effort , il prit la main de Catherine, et, la pressant avec tendresse :

— C'est bien, dit-il, voilà de la vraie, de la noble générosité. Vous avez fait votre devoir de femme loyale et dévouée. Moi, je vous bénis, et Dieu vous récompensera.

— Tu acceptes? s'écria-t-elle enivrée.

— Accepter quoi ? dit-il; de déclarer que je ne suis pas Perkin Warbeck , un juif? Mais je ne le suis pas, ma bien-aimée Catherine.

Elle fit un mouvement qui l'éloigna du prisonier.

— Déclarer, continua-t-il, que je ne suis pas Richard, fils d'Edouard? Mais c'est impossible, puisque je le-suis.

Mil IfcAMU

— OU!... ol irmura <

m en secouant la :

frappant du pied la dll

poursuivit 6 asw raisons

i eues pour

r des preuves irrécusables, eooiaM «ooi dta, ira fera de toute l'Europe,

ôires. O lorsqu'elle afflrmait, <

dans ma conscience, au Tond de ce cerveau que j'interroge, et qui m

i h aussi , pelle Richard, que le tron

l moi, ctî vous nV de me renier moi-même. Non.

croyiez fermement que je suis 1< d'York, vous n'auriez pas ce courage de me pousser à sign

déclarer que je suis juif. Répondez, l'oseriez-vous?

Mais Catherine, écrasée à son tour, ne répondait rien. Elle n'avait pas même l'air d'avoir entendu.

— La vie, reprit-il, ne vaut pas l'honneur, convenez-en, ma Catherine?

— Oh ! murmura-t-elle, je croyais que la vie passée près de moi, votre vie heureuse et bénie, avait pour vous tout le prix que je lui trouve moi-même. Je me disais que les grandeurs, les couronnes, l'éclat nous ont trahis; qu'un autre horizon s'ouvre ; que Dieu vous a marqué d'avance, non pour être roi ou prince, mais pour être obscur, inconnu. Vos malheurs le prouvent. Ce Dieu clément vous offre une seconde existence toute de paix, d'amour et de félicité. Mes plans sont faits. J'abandonne avec vous l'Europe; nous nous ensevelissons dans une retraite

' » 1061 II i

ulianl nous-mêmes; tans nom, même lui) l'autre; moi, m'appclant toi pour \ vous, mon amc et mon unique bien, nous conjurerons, a force de silence <•:

s démons qui nous ont tu N'est-ce point 15 un beau rêve

> nécessaire de peler York ou Bantley i><>i; cette route, et serons-nous lluntlcy ou tard , après la vie„ dans la béatiiml.

Ce tableau, tout ! irsde

l'espoir et de l'amour, troubla I;

et si passionnément épris de Cathe- Son cœur se gonfla, ses y»

veau courage et le pressa pin

— Dieu m'est témoin, dit-il,

vivre près de toi, je renoncerais à tous les trônes'de la terre. Henri VII veut-il que je lui écrive cette renonciation? Je te ferai ce sacrifice, Catherine bieri-aimée, de lui laisser le sceptre de mon père ; son sceptre, voilà tout.

— Après ce qu'a écrit la duchesse, interrompit la jeune femme avec amertume, le sacrifice ne paraîtrait pas bien grand !

— C'est vrai, dit Richard stoïquement, et on le repousserait avec raillerie. Mieux vaut ne pas faire la moindre concession, et mourir tout entier, tout York, tout roi, la couronne au front.

— La couronne d'un martyr, cher insensé !

— A défaut de l'autre, bénie soit-elle! répondit-il fièrement. Catherine ne sera plus aussi sûre qu'elle l'est d'avoir épousé Perkin Warbeck; et, à la façon dont je saurai mourir, elle se dira : « Prince ou

mm. j'avais épous

— Mais lu ne peux pu raounr, m il heureux! s écria < urtt-

l'Ius loin possible de la porte renée omrte, et derrière laquelle on

«nl.ii«lail les pas du j :

baissa la voi misa b<

sur M i, son eu

• doue»

— La vie, que tu méprises, q fuses, murmin

nu» la faut; j'en ai besoin pour nourrir ton enfant, <pii s'agite dans mon sein !

iard, éperdu, joignit les m le sa;

«lait ! : | ses bra-

palpiter dans ce sein gi

existence mystérieuse que venait de lui révéler Catherine. Il leva les yeux au ciel ; son regard était une action de grâces, ou le défi du désespoir.

— Vois-tu, dit-elle d'une voix étouffée, que deviendrais- je si tu mourais? Et ton fils, qu'en feraient-ils si tu t'obstinais à t'appeler York ?

Richard enfonça ses ongles dans sa poitrine, comme pour en arracher cette inexprimable douleur. Il ne répondit pas.

— Tu veux, n'est-ce pas? continuât-elle; tu veux qu'il vive?

— Je ne veux pas qu'il s'appelle Perkin Warbeck ! s'écria-t-il avec une explosion terrible.

— Mais on le tuera ! te dis-je.

— Il mourra duc d'York, comme moi !

— Il est à moi, et je le sauverai malgré vous-même, dit-elle, folle de désespoir.

lit I 1 fcOftl II |*

d proftmdéaM de majesté; m

tons deux, au prix de

|>ll|S

infâme des créatures; vous au passé

beck que Ton accuse d

Mon honneur est i

meurs pour le garder Intact;

pour que mon fils naisse ;

Vous êtes princesse et pur ma

ous le demeurerez de par ma i

ne Poubl.

York. A mon déniée nom. Est-on plus m J avais trois preuves, trois témoins : Kil«I;i

• n. <pii m'avait le reconnu : Henri Vfl Ta tué; ma

n'ai trouvé, à Bermondsey, que son cercueil. Ayez pitié de mon malheur; le ciel a pour moi des cruautés jusqu'alors inconnues. Si je perds tant de félicité, si je sacrifie tout ce que vous m'avez offert, si je dévoue à la mort ce pauvre enfant avant sa naissance, je suis bien à plaindre, madame ; je souffre bien ; ayez pitié de moi, ne me déshonorez pas, ne flétrissez pas ma mémoire, je vous le demande à genoux!

— Mais tu es donc Richard! s'écriat-elle illuminée par l'aspect de ces tortures, par le contact de cet héroïsme, et succombant elle-même aux secousses de tant d'alternatives mortelles.

— Sois bénie! dit le jeune homme radieux ; tu as compris que Warbeck t'aurait accordé la lâcheté que tu demandes.

Et il l'embrassa si passionnément, qu'elle fléchit et tomba expirante.

— Je vois que tu es perd t-elle; tu mourras!

accourut au don

Catli. lin bais;.

snflbqnant ses maiii^ Livides, ses ;

glacés.

ii uin-in /-nous ati ù tel angi qui vous parle de la pan de Di< u l Rompez avec le mensonge, rompez avec cet

vous obstine/ 1 vous ne songez pas à \ la laisserez- vous sans secoure vous la laissez sans espoir?

iiard se releva ; son visage a lettes et tremblantes i

rser.

U adressa au prieur un reg •

exhortations; puis, soulevant le corps adoré de celle qui ne voyait plus ses larmes, qui ne sentait plus ses étreintes,il l'emporta d'un pas ferme et traversa le corridor. Arrivé à l'escalier intérieur, qu'il descendit avec son cher fardeau, il tourna soudain vers la gauche, c'est-à-dire du côté de l'immense vestibule entouré de grilles de fer, au delà desquelles on voyait le ciel libre et la campagne, et aussi les gens de la suite de Catherine, et les soldats d'Henri VII veillant appuyés sur leurs armes.

Richard avançait toujours, pareil à ces hallucinés qui agissent et marchent pendant leur sommeil de fièvre. Déjà il approchait de la grille; déjà, l'apercevant sur la plate-forme, en haut des degrés, les officiers, les gardes et le peuple poussaient de féroces clameurs.

— Où allez-vous, malheureux? s'écria le

LA IWI tl »

n'est plus saci II de plus, et

— Il faut 1

CitlwriM I El penonna que moi ne km-

I son la vautour se i doub! pas son

regard ; il le ;

I bras o HMMtfa les BtrdMi de pierre. Entre elle et

un tiot de soldats haletant aussi

ne si longten; iard posa ses lèvres sur le front de

aime, puis an regarda si tendrem

la remit aux bras de l'Écossaise sans lui dire un mot, sans lui adresser même un reproche. Elle baissa les yeux, s'empara de Catherine , et, redescendant, bondit aussitôt loin des grilles jusqu'à la litière, où elle enferma son trésor. Les chevaux, excités, tournèrent, s'enfuirent : l'amour, l'avenir, la vie de Richard s'envolèrent avec eux, et son grand œil morne les suivit jusqu'au moment où s'évanouit la trace même de leur poussière.

— Allons, mon fils, allons, lui dit alors le prieur, ne demeurez pas ici, rentrez ! Si près du seuil où Bauley cesse d'être un asile, votre présence irrite et semble braver vos ennemis. Prenez garde; ils n'ont qu'un pas à faire. Entendez-les rugir!... un seul bond, ils vous prendraient, même sur le terrain sacré!... Rentrez, mon fils, rentrez !

En effet, les soldats, alléchés par l'odeur

ni. 13

.ng, secouaient les gri mant les uns les autres, !

u plus ai li ir les degrés et s i

•rnmc le pli

ses bras et se a

ponnaitàses ts :

pas de m 'exhorter, mon |> avec tant de J'obéis. Cette vie m marcl A ces mots, se d»'gag« noblesse,

cendiilesdcr calme ei ivrit lui-:

et, s'adressant aux soldats

— Reculez d'un pa/ iolez

LA 110SE ELAIVCHË

point inutilement l'asile. Richard d'York se livre au roi Henri VII.

Il franchit le seuil sacré. Cette vague furieuse, qui menaçait l'instant d'avant de tout briser pour arriver à lui et le mettre en pièces, recula docile et comme tremblante devant la majesté de ce sacrifice. Richard continua de marcher; les officiers l'entourèrent, respectueux, en silence; derrière eux, les soldats prirent peu à peu leurs rangs, et plus d'un, contemplant à la dérobée cet œil bleu, ferme et fin comme l'acier, ces cheveux d'or de la pure race saxonne et l'indomptable vigueur de celte belle âme dans un corps si parfait, plus d'un vieux soldat des guerres civiles se rappela Edouard IV sur les champs de bataille, sentit sur ses épaules le frisson des superstitions populaires, et se dit en soupirant :

— Si pourtant c'était là le duc Richard !

Richard, en se livrant, croyait mourir.

Henri VII le réservait à un supplice plus cruel que la mort. Il puhlia le manifeste de la duchesse de Bourgogne, et toute l'Angleterre, en apprenant que le prétendant n'était qu'un imposteur, apprit aussi qu'on lui ferait voir ce misérable, en plein jour, dans Londres, comme une de ces bêtes prises au piège, qu'on promène par les carrefours.

Richard, vêtu d'habits grossiers, monté sur un mulet sans selle ni bride et conduit

par un licol, fit son entrée dans la \illr

Mie de «on rt>\ quatre cent mille spn ml lui

marchaient des hérauts sup.

tés, dont les uns sonnai* nt dm fa:

après laquelle les i

n Warbeck, I I duc

1s du grand et cent nulle huées foi ri un

■CCOPpifl

rée, payée, tourna. I du mu 1**1 avec des menaces souvent même les gardes n»

tiques de faire pi* pierres ou des immondices.

daita von

rne, et l'espoir de la mort lui donnn courage. Il promenait un regai

calme. Il était bien le prince, le roi Richard faisant son entrée dans le royaume de ses pères. Les historiens s'accordent à dire que, si jamais il fût digne du grand nom qu'il avait pris, ce fut en ce jour d'opprobre et de tortures, où sa noblesse et sa vertu ne se démentirent pas un instant.

A l'angle de Hay-Market, où les vociférations et les insultes avaient redoublé, Richard, en détournant la tête, aperçut, au-dessus de toutes les autres, une figure tranquille et des yeux sans colère, les seuls qui ne brillassent point dans cet océan de furieuses étincelles. Il y arrêta son regard, et crut reconnaître ce visage pour celui d'un homme qu'il supposait à jamais perdu. Plus de doute, c'était Fryon ! Le prince fit un mouvement de surprise. L'homme mystérieux regarda le ciel, appliqua un doigt sur ses lèvres, et

desct la la borne sur II

lit placé pour être aper il disparut soudain dans Ton d*UM

ta vagaei populaires.

hard comprit qu'on I dait de se taire et d*espe>*

Fryon m Hall m Krtmalf de >;■ pmnière

entrevue avec Ca th. ru IV

DOrl M H

den<

ness* issa un

soulagent

Tour apparat

cortège en

s'enfoncer sous la voûle noi

les cours du sombre 6

aux hurlements de la foui-

chef des I II lui

lit grâce de lu seulemei. on.

Un mois après son entrée à la Tour, un mois long comme un siècle, depuis que l'espérance s'était réveillée chez le prisonnier, Richard vit entrer dans sa chambre deux hommes, au lieu du seul geôlier qui le servait. .

Le geôlier sortit et le laissa avec ce nouveau compagnon, qui,» se dépouillant d'un large bonnet fourré sous lequel disparaissaient son front et ses yeux, lui montra les traits animés, le sourire intel-

ligent et le regard acéré de l infatigableet presque inespéré prot.

Milord. dit ce dcr défiant. Je dois commencer par le plus pressé; je vous apporte de la part d< Catherine...

— Oh! non. non. mon prince ! Je M porte pas de lettre»

çais-.c'e» p de m'appo

même, ici, où ma tète est un morceau friand pour Sa Majesi i i VU ; trop d impnulrncr: Jo vous Iran

lant mieux, les vœux, les tendresses, les plus ardents souhaits de madau duchesse d'York et ceux de Son Altesse madame la duchesse de Bourgo,

— nii ... la moitié au moins de votre ige est une i

quem Les vœux d»

la duchesse! a moi

— Écoutez, milord, et comprenez enfin, repartit Fryon.

Il lui conta aussitôt sa disparition de la maison de chasse de Tournai, l'ignorance où cet enlèvement laissait la duchesse et la certitude qu'elle croyait avoir d'employer seulement Perkin Warbeck, c'està-dire un imposteur habile et bien dressé à son manège. Il expliqua ensuite la fureur de la duchesse à la nouvelle du mariage de cet imposteur avec Catherine, et sur-le-champ le voile tomba des yeux de Richard, et il comprit tout : la haine de Marguerite, son abandon, sa trahison même, et les perplexités, les doutes, les sacrifices de la noble Catherine.

Fryon raconta son évasion des prisons d'Henri VII, son retour chez la duchesse et l'émouvante scène dans laquelle il avait appris à Marguerite qu'elle venait de livrer à Lancastre le véritable sangd'York.

IM

— Je m'étais enfui du laissant la duchesse foudroyée révélations, et me jurant de ne j;< MT\ir la cause si pérlllMM princes. De retour à voulais enlever mon vieil u je trouvai

sant qM !«• pNÊÊÈ* mouvement de l .

cbesse se l>le. je \< heval

frais et me dirigeai en frontière.

• Son Altesse revint i

in poori dre malgré ma résistance et ramen* palais. Je me crus perdu. Sans d allait me sacrifier ausci.

.•née. Quelle fut uni stuprfa.

quand je trouvai la digne princesse aussi xaltée d'amour pour remords qu •

implacable dans sa désaffection et sa vengeance! Elle me pria tant, me supplia si chaleureusement, de l'aider à réparer son crime, de l'aider à sauver son honneur et votre vie, que je fus touché, que je m'attendris avec elle, et nous recommençâmes à délibérer sur le parti qui nous restait à prendre. J'eus bien de la peine à l'empêcher de partir pour Londres; elle voulait parler au roi, lui avouer tout, obtenir de lui votre grâce en le menaçant de porter sa douleur et le récit de la vérité devant le tribunal de tous les souverains de l'Europe. Épouvanté, je lui répondis qu'elle vous perdrait plus sûrement encore par ce fanatisme d'amour qu'elle n'avait fait par l'excès de sa haine, et, comme en ce moment lady Catherine nous arriva d'Angleterre, mourante, ramenée par Susannah, et folle de votre danger; comme on sut alors votre fermeté, votre

IM l i »0*S ***■€■*

MNtaMiNiMMSI vtiresortie de l'asile,

ii n'y avait plus de temps à p.

I pour Londres caché dans l< vire d'un ambassadeur ou

— Enfin! s'écria Richard

;ue Je ne sais pas

il YYarl».

niilord. quelle scène déchira n'avez- vous pu voir la fiere duchés v pieds de cet ange, "Ion,

iM^tfaot, si plu vieillie parcesqoinu jours d'angoisses que des s< unôes

de sa vie

d'cll. ll d,J

brassaient et se repou>

:it un

LA ROSE BLAISCHE l'.'y

seul vous eût payé, milord, toutes les souffrances de votre martyre!

— C'est fini, murmura Richard s'agenouillant et joignant ses mains avec une joie convulsive; c'est fini; je n'ai jamais souffert !

— Oh ! non, ce n'est pas fini, dit Fryon en-lui baisant les mains; et l'ambassadeur que nous oublions; voilà son rôle qui commence.

— Que veux-tu dire?

— L'ambassadeur est chargé d'expliquer au roi d'Angleterre que Son Altesse madame la duchesse de Bourgogne attend de lui une grâce. Maintenant que la question politique est décidée, et qu'il ne s'agit plus de disputerla couronne àLancastre... de grâce, milord, un peu de patience!

maintenant, dis-je, que ce roi d'Angleterre a gain de cause contre Perkin Warbeck, il est d'un intérêt très-médiocre pour Lan-

rou.s. Nous lui faisons sa\

nous, au cou:

lady (

nous »ns, cet non

nous nous chargeon aire tranquillement et sans scai lu monde; en un

— Mais..., interrompit Richard.

— Mais, Bitord, il n

quer ma tète pou . non

votre signature au bas d'un dé> iratkm publique ou se« votre silence; votre sei-

l'un mort, d'un fou, si n Warwick, duc de Clarence, cou

comme vous et oublié dans la Tour depuis Lambert Simnel; il est fou, il se tait, il vit.

— Warwick ! murmura le prince.

— Est ici, à six pieds de vous, peutêtre; derrière ce mur auquel vous vous adossez; imitez-le! taisez-vous et vivez! Oh ! monseigneur, vivez si vous ne voulez pas tuer lady Catherine; vivez si vous ne voulez pas offenser Dieu, qui prépare enfin votre éclatante revanche dans cette lugubre partie que j'ai cru bien perdue; vivez ! car on peut régner encore tant qu'on est vivant; une fois mort, un York est trop peu de chose !

— C'est vrai, Fryon, c'est vrai, vivre pour régner !

— Et pour être heureux, en attendant, c'est encore le plus sûr. Eh bien, cher seigneur, j'ai donc rempli mon message ; vous voilà préparé; attendez -vous à être

tiré d'ici, conduit secrètement à In erabarqu. • très-effrayant pour un

meit:

— A iard,nousnV

éventualité dans ce beau rv\r : ai si le roi Henri * il refosail de me rendre a votre ambassadeur?

Fryon se rapprocha du prince, et, a voix

— Milord, dit-il, c'est cette éventualité que nous avons prévue la pr«

prévue, qu'elle n'est pour feinte destinée a cacher notre vén Richard écoulait avidement.

— 11 est probable, continua Fi le roi refusera. Nais l'ambaordre de traîner la négociation de fa endormir les soupçons de Lan pendant qu'il dormira. :

— Comment?

— Voici le plan. Nous vous enlevons de la Tour; d'ici à quatre jours, le coup sera terminé.

Richard tressaillit, et se rapprocha comme avait fait Fryon.

— Nous avons, continua le Français, retenu près du Vieu-xMarché une maison dont les derrières donnent sur la Tamise. Là, nous attendrons vos amis avec une barque bien armée.

— Mais, pour arriver à cette bienheureuse maison, il faudrait d'abord partir d'ici?

— N'y suis-je pas entré? répliqua Fryon. C'est décidé, vous dis-je! de votre prison au seuil de la Tour, nous avons quatre portes à ouvrir : celle de la grande entrée, celle de la cour, celle de l'escalier intérieur et celle de votre chambre même. Les gardiens des deux premières sont à moi ;

tout est convenu avec eux; madai •:sse a bien fait les choses, j«et ces deux honnêtes gens vr

très-tranquillement le reste de leurs jours.

— Voila deux porte* s les deux autres?

hésitation : le gardien des àm portes, c. <lrole

sournois et retors qui n'a voulu s'engager . qui me laisser entrer une foi-

possibl. qu'il fasse des difficultés vous ouvrir ses portes, il sa peut même

qu'il n-fuse |

— En ce cas, tout manque et perdu.

— Pas encore, pas encore, milord

us emploierez deux m<> efficaces : la persuasion et la force; je rte.

— Une bourse, un poignard ?

— Précisément. Si vous m'en croyez, n'offrez pas longtemps la bourse, et présentez l'autre tout de suite.

— Il criera.

— S'il crie, c'est que vous le voudrez bien. L'homme mort, vous prenez ses clefs, vous arrivez à l'escalier où notre premier gardien vous attendra pour vous conduire au deuxième, lequel vous amènera à moi dont le poste est désigné à l'angle extérieur du mur d'enceinte de la Tour.

— Tuer un homme, Fryon ! murmura le prince, souiller mes mains d'un sang innocent!

— Pas si innocent que vous le supposez, milord. Je vous eusse épargné cette besogne et de grand cœur; mais vous comprenez bien que je ne me risquerai plus à rentrer ici; deux fois de suite dans la souricière! Fryon!... ce serait impardon-

i4 ftim tLivm

nable, et le roi Heun VU rirait trop de son

déjà an aéra d'y avoir pénétré a

— 0 rté!

— Milord, vous êtes plus délicat que le geôlier en question, il f. bs de Arçons si son gracieux souv« i lia lui i nandait de vous étranr voulez-vous, on ne voulez-vous pu r

brave que vous, a voulu partager les | derezpédition, vivn: ou mourir I Altesse, et qui, à cet < mardi prochain dans la maison du bord de la Tamise?

— Catherine ï s'écria Richard électi oh : j .

pas chaque malin vous visiter 6fl sept heures?

— Oui

LA ROSE BLANGHK

— En celle saison, les nuits sont longues ; à sept heures, nuit épaisse et brouillard. Nous avons tout calculé. Mardi donc, à sept heures, la bourse ou le poignard. S'il est convaincu par le premier moyen, amenez toujours l'homme à la pointe du second. !1 a tout bénéfice, d'ailleurs, à ne pas rester ici vous ayant laissé fuir. Il nous suivra comme ses deux autres compagnons, trois rudes rameurs sur lesquels je compte pour faire voler la barque; ils y ont intérêt. Et puis il est possible que nous n'ayons pas besoin de recoudra ces expédients désespérés. Le roi peut vous céder à l'ambassadeur.

— Je n'y compte pas, dit le prince.

— Ni moi, si vous voulez que je vous l'avoue, milord. Donc, à mardi; la première personne qui vous baisera la main au sortir de la Tour, ce sera moi ; n'allez pas me tuer!

• ta dans les bras <i serrant avec un goteei :

— Dis bien a Ci | t -il,

uni, car j'avais son arooi retrouvé mon nom*

Legeôli i

con\

— Voyei le vieux coquin lualité! dH <

Puis, baissant la voix :

— Un seul coup, glissa-t-il à 1 prince, sec et droit au cœur.

Les deux hommes dispart a porte forait rrouillé»

ri seul, pensif, s»

sa poitrine ce fer et cet or, es des

deux protectrices qui les lui a-

Le mardi... 149., lady Catherine attendait son prisonnier dans une salle haute de la maison située entre la Tamise et le Vieux-Marché enveloppé de brume.

Le jour n'avait pas paru ; l'heure fixée pour l'évasion approchait. Catherine ne vivait pas, elle respirait, voilà tout.

A chaque seconde, elle écoutait les bruits de la rue , ceux du fleuve ; un pas la faisait frissonner; un cri la faisait bondir.

I l *«»*». Il k> II»

<• à \itres grossi chassées dans des losanges de ploml jeune duchesse essayait d. de et: . 1rs rameurs dr

groupes qui s'est dans le brouillard. iceduMai

parf<>

cette vapeur épaisse; coups retentissaient. Ces ombres, ce> ,ces bruits étranges ar comme l'oppression (Ton afl rv\*\

us la salle, deux nom dévoués à la duchesse | deFrvonetdn >ur leurouvrir

avant qu'ils eussent frappé. Deux a l'amarre de laba; à pousser au large qu se seraient enibanj

Sept heures allaient sonner. Un pas rapide retentit dans la rue, appro

rêta. Catherine se précipita vers les montées.

Fryon, pâle et ensanglanté, vint rouler aux pieds de, la duchesse. Haletant, la gorge aride, il essaya en vain de parler ; il ne put que bégayer ces mots :

— Tout est perdu ! nous sommes trahis! fuyez !

— Et Richard? s'écria l'infortunée Catherine en se tordant les mains.

Fryon se releva effaré, hagard.

— Entendez-vous, dit-il, les cavaliers d'Henri Vil? Oh! n'approchez pas de cette fenêtre; fuyez, vous dis-je, fuyez, si vous en avez le temps!

— Mais qu'y a-t-il, Fryon? qu'y a-t-il ?

— Il y a , madame , que le roi savait tout, surveillait tout, et qu'il nous cherche, et qu'il nous tient! Écoutez !

On entendit un grand bruit de lutte à l'étage inférieur; des soldats venaient

ilur la maison, de saisirou d'égorger

— I l?s'écri;i

sur le nVim* ; il 1 , s'adressa ut a

— Vous, madani. . «lit-il. oi vous respectera; moi, on me pen<s

m. «4 t. m. .m qse j ;u rail plus que non ■ Il s'élança, et, se su> gout-

tière de bois et de plomt» q ngeait

en saillie au-dessus de l'ablm* dit, perd brouillard, l'oa

de se précipiter sans dan^* Les soldats i déclara à lady Cai

re. Les autres cli soncomj» -n, n'entendant plusde

bruit au-dessous de lui , lâcha prise, et tomba dans le fleuve qui retentit. On le chercha vainement : il glissa entre deux eaux ; il échappa.

Catherine se cramponnait à la fenêtre, demandant avec égarement ce qu'on avait fait de son Richard, de son époux, du duc d'York.

— Le traître, répondit l'officier, le rebelle a commis un nouveau crime, il a voulu s'évader; il allait tuer son gardien quand on l'a saisi et désarmé. Ne regardez pas de trop près à cette fenêtre qui donne sur le Marché, car on y dresse une potence, et vous pourriez bien l'y voir pendre!

Catherine poussa un cri d'horreur. Elle appela Dieu à son secours. Ce fut son dernier acte de volonté, sa dernière lueur d'intelligence. Les soldats, plus humains que leur chef, l'enlevèrent doucement, et la remirent aux gens du roi, qui venaient

i » MM

It chercher de sa part pour la conduire au palais.

Cet officier avait «lu i, ac-

cusé d'une tentative de meurtre et d'éva-

accusé de complot contre la v roi avec le duc de Clarcnce, le pauvre fou, son voisin de cachot, venait dètrr damné à moi son prétendu

complice. Henri Ml. Ilnféa te débarrassait ainsi de tout ce qui le gênait. L'un, le fou, le nev< devait être décapité. L'autre, le fils douard, ce fau\ juii. devait «ire |»endu. A midi, ce jour-la. | »rk pour

Mfli le sommeil du prince Lancastre.

Richard fut conduit au gibet comme un vil scélérat, comme un ignoble voleur. Il n'avait jamais aperçu le duc de Clarence qu'au moment où il vit rouler sa tête sur l'échafaud dressé en face de sa potence.

En montant les échelons infâmes, il se trouva en face de la maison où, quelques moments auparavant, l'attendait sa femme bien-aimée.;La fenêtre était encore ouverte. Seule, elle était vide parmi toutes les fenêtres gorgées de spectateurs. Richard la

tu il

reconnut ei la bénit II se livra au bourreau sans plainte, sans colère, sans regrets, en souriant au l'appeler pour le récompenser de son :

tyre sur la terre. Et, comme un blic annonçait au peuple le supplice du ■ doucement sa tète encore )

— Je m'appelle York, et mes mains sont para de mgi

Le bourreau se hâta. Il affranchit a ta fois York et Lancastr»

l'autre de la peur.

Lady Catherine, transportée au palais, fut reçue par la reine, femme d'Henri VII, fille d'Edouard, qui l'embrassa en versant des larmes.

Elle avait perdu la raison. Douce et sans fiel, jamais on ne l'entendit soupirer, jamais on ne la vit sourire. Le germe précieux qu'elle portait mourut sans doute avant d'éclore, bouton étiolé sur sa tige!... Catherine eut le bonheur de ne pas être mère. Le peuple, touché de sa beauté, ne

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