DE CHIFFON NETTE. JK
— Ah ! ce n'est que cela! reprit Mary, en respirant pins librement.
— Eh ! grand merci ! Moi.... ce n'est que cela ! Mais ce n'est pas tout.
— Ah ! il y a encore quelque chose ... ou quelqu'un ?
— Oui, il y a Arthur.
— M. Arthur î
— M. Arthur, si vous voulez..,. Je n'oublie jamais, moi , le respect que je dois à mes maîtres, jeunes ou vieux : l'Age n'y fait rien. »
Chiffonnette parut décontenancée.
« Oh î fit-il en lui prenant la main, je ne dis pas cela pour vous, chère miss Mary ! je vous aime trop pour vouloir jamais vous faire de peine.... mémo en riant Oui, je vous aime trop.
— Vous, monsieur William, vous m'aimez ?
— De toute mon àme, chère Mary; et, depuis que je vous connais, mon vœu le plus cher est de vous appeler ma femme.
— Est-ce que je rêve? dit Mary en passant sa main sur ses yeux humides.
— Non, dit William, vous vous réveillez ! le rêve, c'était lord Henri, c'était M. Arthur.... et le réveil, c'est moi, ajoula-t-il en lui louchant la main.
— Vous avez, fit-elle sans paraître remarquer son geste, une singulière façon de dire les choses.
— La manière n'y fait rien, répondit-il ; c'est le
fond qu'il faut voir, et il est bon chez moi comme chez vous, miss Mary. Oh ! continua-t^l, je sais bien qu'il serait très-agréable de s'appeler lady Roebuck. Mais les lords, miss Mary, cela peut aimer... cela
n'épouse pas.... Je me trompe, cela épouse.... une lady Arabelle. »
Mary cacha sa tête dans ses deux mains. « Est-ce qu'il l'aime? demanda- t-elle en rougissant. 0
— Il l'adore, et sans la guerre ils seraient déjà mariés... Quant à Arthur... pardon, M. Arthur.... »
Chiflbnnette souleva une de ses mains et regarda du coin de l'œil entre ses doigts écartés.
« C'est un aimable enfant, poursuivit Perkins.
— Très-aimable ! répondit Chiflbnnette comme un écho.
— Mais c'est un enfant, riposta l'intendant; et ce n'est pas une femme qu'il lui faut, c'est un gouverneur.... Reste moi !
— Nous y voilà, dit Chitîonnette avec un sourire où il y avait autant de gaieté que de malice.
— Je ne suis pas brillant, mais je suis solide, et une femme pourra toujours compter sur moi.... Je ne sais pas ce que vous avez, mais nous partagerons.... Ah ! si votre bonne et digne mère vivait encore, — vous serez une honnête femme comme elle, miss !.... j'irais tout de suite lui demander votre main, chère Mary....