TOUS LES DEUX ENSEMBLE
Parlons de Juliette.
LA COMTESSE
Votre filleule est arrivée à un âge où vous ne pouvez plus la garder dans ce village sans nuire à son éducation et à son avenir.
LE COMTE
C'est vrai.
LA COMTESSE
De plus... pardonnez-moi d'entrer dans ces détails... vous n'êtes pas riche. Je le suis, moi, au contraire... Je cherche une héritière, comprenezvous ?
LE COM'BE
Oui. '
LA COMTESSE
Dans l'intérêt de cette enfant, ne vaut-il pas mieux que vous vous en sépariez ?
LE COMTE
Si... Seulement... ça sera dur.
LA COMTESSE
Oh!
Dame I... Ça sera très dur.
LA COMTESSE
Non.
LE COMTE
Mais si... (s'aaimaat.) Vous croyez que tout le monde est comme vous... qu'on peut quitter les gens comme ça, quand on les aime...
LA COMTESSE, doux reproche.
Hector.
LE COMTE
Je vous demande pardon... Je m'y ferai... je
VOUS promets queje m'y ferai.... mais ce sera dur...
LA COMTESSE
Je ne vous empêcherai pas d'aller la voir souvent...
LE COMTE, joyeux.
Vrai?
LA COMTESSE
... A sa pension...
LE COMTE, rembruni.
Oui... Vous le croirez si vous voulez, sans cette enfant, je n'aurais pas pu supporter l'effroyable ennui, le chagrin qui m'ont assailli après votre départ.
LA COMTESSE
Vous ne manquiez cependant pas de distractions, à Paris?
LE COMTE
Méchante... Je vous le jure... je n'ai jamais aimé que vous... Je dois vous paraître bien ridicule de vous dire ça... avec mes cheveux blancs..
LA COMTESSE, souriant.
Il y a longtemps que les miens ne sont plus blonds... et je vous écoute tout de même.
LE COMTE, voulant lui prendre la main. Lucienne...
LA COMTESSE, doucement en se levant et passant à
gauche.
Chut! Chut 1 Chut?.., Et quand allez-vous me
présenter notre petite Juliette?... Elle a bon cœur, n'est-ce pas?
LE COMTE
Très bon... Le vôtre..
LA. COMTESSE
Et la tête ?
LE COMTE
Plutôt mauvaise... la mienne.