PROPRIÉTÉS
Les propriétés médicales des Roses sont aujourd’hui très-bornées ; mais les anciens leur ont attribué de grandes vertus. Les Grecs , les Romains et les Gaulois employaient les Roses dans une infinité de remédes.
Au temps d’Athénée, le persil, le lierre, le myrte et les Roses, passaient pour dissiper les vapeurs du vin, et les buveurs ne manquaient
pas de faire un grand usage des dernières.
Les parfums des Roses pris à Capoue, remettaient, dit-on, l’estomac fatigué d’un grand repas.
La Rose de l’Eglantier est celle qui a jo de la plus grande réputation. Elle est éminemment astringente. Hoffman prétend qu’elle est spécifique dans la pleurésie. Paracelse range cette Rose avec les fleurs du genevrier, d’ellébore, la valériane et la mélisse, parmi les plantes propres à prolonger la vie. La poudre jaune ou Pollen, qui couvre les étamines, est, selon Wedelius et Hagendorn, un soufre vépes volatilisé qui a bien des vertus.
ardilucius recommande les fruits en gargarisme dans l’inflammation du gosier; ces mêmes fruits, purgés de leur graine et de leur duvet, sont excellents pour tempérer l’ardeur de la bile, et pour corriger l'intempérie chaude du foie, suivant
les témoignages de Zuvenchfeld, d'Héfurus, de Crato, de Michæilis; de Schenchius, etc. Wedelius et Hagendorn les vantent beaucoup pour l’hydropisie ; ils ne sont point d’un moindre secours dans la dyssenterie , si l’on en croit Jean Freitagius et Raimond Mindedurus ; Cardilucius, Balthasard Timéus, Riviére, Scroder, Haffman et autres, s’en sont servis heureusement dans les pertes de sang. La semence
ui est enfermée dans le fruit est
iurétique, selon Schroder , Wedelius et autres. L’éponge qui croit sur l’églantier était aussi d’un grand usage dans la médecine : selon Helvetius, elle est bonne pour calmer les douleurs de tête , soit qu’on s’en serve intérieurement ou extérieurement. Quelques auteurs , tels que Tragus Zuvenchfeld, Simon Paulli, Sennert et plusieurs autres, prétendent qu’elle a quelques vertus somniféres et hypnotiques ; Willis s’en
sert pour arrêter le crachement de sang; Hoffman, pour calmer la frénésie. Zuverfer et Sérapion nous assurent que les petits vers qu’on trouve pendant l'automne et l'hiver dans cette éponge, sont un remède spécifique cotre l’épilepsie. Rambert Dodonée , Jean-Baptiste Potta, Schenchius Marcus-Marci, Tragus, Cesalpin , et quantité d’autres, nous donnent la racine de l’églantier pour un spécifique contre la rage ou l’hydrophobie. Ce reméde est tiré de l’histoire naturelle de Pline, et l’on voit par ce qu'en dit cet auteur, que c’est un remède que les dieux ont révélé aux hommes dans les sones.
. Ces sortes de révélations de remèdes étaient trés-communes chez les anciens. En Egypte, les malades se rendaient dans le temple d’lsis ou d’Osyris; les Grecs et les Romains, dans celui d’Esculape. Là,
après avoir adressé des prières à leurs divinités. ils attendaient paisiblement, dans la douceur du sommeil, quelque songe favorable qui leur indiquät le remède qui devait opérer leur guérison.
Les prêtres, que l'intérêt obligeait à entretenir le peuple dans celte fausse et pieuse crédulité, avaient auprès du temple un jardin qu'ils cultivaient avec beaucoup de soin, et dans lequelils entretenaient un trèés-grand nombre de plantes, Ils faisaient visiter ce jardin, pendant le jour, par les malades, qui, occupés uniquement de leur guérison, apportaient la plus grande attention aux végétaux qui s’offraient à leurs regards. Quelques-unes de ces plantes se gravant dans leurmémoire , faisaient sans doute , dans le temps du sommeil, une si forte impression sur eux, qu’ils se persuadaient facilement avoir le remède
que les dieux destinaient à leurs maux,
La Rose päle fournit un purgatif très-doux. Plusieurs auteurs croient que cette vertu purgative consiste dans les particules volatiles odoriférentes , ou dans un sel volatil sulfureux qui s'échappe très-facilement par la coction: mais l’expérience détruit cette assertion, puisque les feuilles sèches de ces mêmes Roses sont encore purgatives si on en fait une décoction.
La Rose rouge ou de provins, est astringeante et cordiale.On prépare avec elle une teinture en usage dans la dyssenterie. Un docteur Anglais a constaté la présence du fer dans les pétales des Roses rouges , et il attribue à celle d’une très-fai ble partie de ce métal, la vertu médicinale assignée à l’infusion des Roses.
La Rose blanche, d’après tous les auteurs est astringeante, On estime
son eau distillée pour adoucir l'ophtalmie ou inflamation des yeux.
Du temps de Philippe-le-Bel, l’eau de Roses était regardée comme un cordial, mêlée sans doute à des plantes aromatiques; elle servait , ainsi 1. temps de Charlemagne et de l’empereur Alexis, à prévenir les défaillances. |
La Rose musquée est purgativ au suprême degré. Ily a des paysans qui se sont purgés en mangeant une ou deux de ces Roses à jeun. Une dame romaine ayant fait usage de ce purgatif, failliten mourir. Les étamines, le calice, le fruit et la semence ont des vertus astringeantes.
Les roses sont employées en cataplasme et en fomentation comme vulnéraires, astringeantes et fortifiantes.
La conserve de Roses a élé longtemps célébre contre la phthisie.
Le miel rosat est un excellent dé-
tersif; il s'emploie pour guérir les aphthes de la bouche et les ulcères de la gorge.
On se sert du vinaigre rosat contre les maux de tête produits par la vapeur du charbon ou par l’ardeur du soleil. On trempe des linges dans ce vinaigre et on les applique sur la tête.