Idjllion, II, v
ESPÈCES DE ROSES CONNUES DES ANCIENS
Toutefois, si, comme son devancier, Moschus a réuni, dans ses vers, d’une manière arbitraire, les fleurs dont la vue frappe de joie Europe et ses compagnes, il les connaissait certainement ; en était-il autrement pour l’auteur de l’hymne à Déméter? On n’est pas en droit de le penser, comme a paru le faire Ilehn et sans doute, lorsque ce poète parle de la rose, c’est une fleur réellement connue de lui, tout comme les iris et l’hyacinthe, qu’il a en vue. Il en est à plus forte raison de même quand Archiloque nous montre son amie « réjouie de la branche de myrte et des fleurs de rose » qu elle reçoit1 2, ou bien quand Pindare nous parle de roses entrelacées dans les cheveux avec des violettes 3. Il est impossible d’admettre qu’il ne s’agisse pas ici de fleurs connues alors en Grèce ; il n’est guère moins impossible de supposer que la rose dont ces poètes font ainsi mention ne soit pas déjà l’espèce cultivée, la fleur charmante qui occupera désormais une si grande place dans les chants des lyriques grecs. Mais d’où venait-elle?
Le nom grec de la rose n’est point indigène ; la forme éolienne plus complète (âpoâov, celle même dont se servait Sappho, se rattache à l’arménien