‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 140 sur 391 · Der ghenocliche Gliarde d’ Suntheit. 1485, in · texte numérisé non relu

Der ghenocliche Gliarde d’ Suntheit. 1485, in

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(le la rose double au moyen âge; c’est p;ir un parti pris inexcusable que Schleidcn ’ et par une inadvertance peu explicable qu’Alvin Schultz, d’ordinaire si bien informé, en ont paru contester la présence h cette époque. Lorsqu’Alvin Schultz, par exemple, pour nier l’existence des roses doubles au temps des Minnesænger, s’appuie sur le témoignage de l’un d’eux1 2 3, lequel dit que, quand les roses auraient les étamines, — qui sont jaunes comme l’on sait, — aussi rouges que les pétales, la bouche de sa bien-aimée serait encore plus vermeille*, le savant allemand oublie que dans les roses même les plus doubles, à plus forte raison dans celles qui ne le sont qu’à moitié, comme les roses de Provins en particulier, toutes les étamines ne sont pas transformées en pétales4. De ce que les

1. Die Rose, p. 195 : « Gânzlich unbekannt waren unseren Vorfahren die im Süden schon früh gcschatzten gefiilllen Spielarten, die erst ganz allmâlig am Ende des Mittelalters sich nach und nach, erst in Frankreich und Holland, dann in Deutsckland einbürgerten». Cf. Ilehn, Kult urp fl anzeri, p. 207: « Im Mittelalter. . . blieben Rose und Lilie, beide verhàltnissmâssig leicht zu erzieben, in den Gârten gewôhnlich. »

2. Ras hôfische Leben zur Zeit der Minnesinger, vol. I, p. 50.

3. Le poète grec Pbilé, qui vivait au xue siècle, parle aussi de l’union charmante des pétales vermeilles de la rose et de la couleur jaune des étamines :

xîjç -opçépa; xô ayf)p.a oa'.Spüvn "Xs'ov xfj jrpoç xô y.ippôv xij; paorjç TiapaOêïct.

Peut-on dire que Philé ne connaissait pas les roses doubles ?

4. Il est à remarquer que l’enlumineur des Heures de la reine Anne, dans les roses qu’il y a peintes avec tant de vérité et auxquelles

CULTURE DE LA ROSE EN OCCIDENT

roses, dont parle le poète de Der rote Mund, avaient encore des étamines et étaient par suite incomplètement doubles, il ne s’ensuit pas qu’elles ne le fussent pas du tout , ni qu’il n’y eût point à cette époque, en Allemagne et en France, de roses de jardin entièrement doubles : le témoignage d’Albert le Grand et de Barthélemy l’Anglais prouve le contraire.

Ce qui est vrai, c’est que depuis le xm° siècle le culture de la rose paraît avoir pris une extension considérable dans toute l’Europe romane et germanique. C’était la conséquence naturelle de l’usage de plus en plus grand qu’on faisait alors de cette fleur et de ses produits. En Italie il en est déjà question, au commencement de ce siècle, dans une espèce de tournois donné à Trévise1, et cent ans plus tard on se servait même dans la Péninsule, Pierre de Creseence en fait foi, des rosiers à Heurs blanches pour faire des clôtures ; Boccace parle aussi, à plusieurs reprises2, de rosiers blancs et vermeils, qui, avec les jasmins, bordent les allées des jardins, et à chaque instant il fait mention de roses dans ses ouvrages. En Espagne la culture de ces fleurs con-

il ne donne pas moins de cinquante ou soixante pétales, a eu grand soin de figurer au centre de chacune d’elles un petit buisson d’étamines jaunâtres.

1. Alvin Schultz, Op. laud., 2e éd., vol. I, p. 578. Cf. plus loin, au chap. v, le Siège du Château d'amour.

2. « La latora delle quali vie tutledi rosai bianchi e vermigli et di gelsomini erano quasi chiuse ». Decamerone. Giornata terza, novella 1. Firenze, 1827, in-8, vol. Il, p. 15. « Da spessissimi gelsomini cdapugncnti rosai sono per tu ttocin te. » Ameto, vol. XV, p. 87.

LA IIOSI'. AL MOVKX AOL.

tinua d’ètre l'objet de soins assidus après l’expulsion des Arabes, qui l’avaient poussée si loin. Nicolas Monardès parle de nombreuses variétés de roses qu’on rencontrait dans la Péninsule; il cite en particulier celles de Tolède comme surpassant toutes les autres en éclat et en parfum *.

En France l’impulsion donnée à l’agronomie et à l’horticulture par Charles Y ne fut pas arrêtée par les troubles qui suivirent ce règne réparateur. Depuis lors la culture des roses prit la plus grande extension. Sauvai rapporte1 2 3 que Charles YI fit, en 1398, planter dans le jardin du Champ-au-Plâtre, à l’hôtel de Saint-Pol, trois cents gerbes de rosiers blancs et rouges, avec trois cents oignons de lis, autant d’oignons de flambes (iris) et huit lauriers. En 1432, dit-il encore, le duc de Bedford fit de même planter dans le jardin de l’hôtel des Tournelles « une infinité de rosiers blancs. »

Le roi René de Provence, qui « joignait à des goûts chevaleresques celui de la culture des fleurs », rivalisa avec eux. Dans les jardins de ses châteaux d’Aix, d’Angers, de Baugé, des Ponts-de-Cé, on voyait, dit son historien avec des arbres fruitiers

1. « Superant quae Toleti leguntur omnes Hispaniae rosas et fragrantia et ruborc. » De rosa libri très in latin um donati a Carolo Clusio. Antverpiae. 1611, in-fol., p. 45.

2. Histoire et antiquités de la ville de Paris. Paris, 1725, in-fol. Liv. VII, vol. II, p. 283.

3. A. Lecoy de La Marche, Le roi René, sa vie, son administration, ses travaux artistiques et littéraires. Paris, 1875, in-S, vol. II, p. 8, 9, 33, 35 cl 50.

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des plantes variées, spécialement des rosiers, et Bourdigné1 a été jusqu’à attribuer à ce prince le mérite peu probable d’ailleurs d’avoir le premier importé dans l’Anjou les roses de Provins. Les relations de nos rois avec Tltalie à la fin du xve et au commencement du xvt® siècle contribuèrent à développer, en même temps que l’amour des constructions luxueuses, le culte des jardins ; les enluminures des Heures de la reine Anne ne sont pas seulement un monument unique de l’art contemporain, mais encore un témoignage manifeste de la passion croissante qu’on avait alors pour les fleurs, en particulier pour les roses.

Partout les plantations de rosiers vont se multipliant, partout se répand la culture de ces fleurs aimées. Les femmes surtout aimaient à s’y livrer, goût que leurs maris étaient d’ailleurs loin de contrarier :

Sachiez, dit à sa femme un bourgeois de Paris 2, de la fin du xivB siècle, que je ne prends pas desplaisir, mais plaisir, en ce que vous aurez a labourer rosiers, a garder violettes et a faire chapeaulx.

Et au xvic siècle Louis Vivès recommandait encore aux jeunes filles la culture de ces mêmes fleurs3.

1. « Pour certain il futlo premier qui d’estrange pays feist apporter en France... fleurs de œillelz de Provence, roses de Provins et de muscadetz.. ignorées en Anjou auparavant. » Hystoire agrégative des Annalles ci Cro/i iques d’ Anjou . Angers, 1529, in-fol. , p. 168, b.

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