‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 15 sur 391 · I.A nOSR dans d'antiquité · texte numérisé non relu

I.A nOSR dans d'antiquité

la rose de Campanie la rose blanche ( Basa alla C. Bauh.); pour Sprengel, la rose de Milet aurait été la rose de Provins (B. gallica L.) ; il en est de même pour Fée, qui identifie aussi avec cette espèce les roses de Préneste et de Trachyne. Sprengel voyait, au contraire, avec l’Ecluse, dans la première, une rose de Provence (B. provincial is), et dans la seconde la rose de Damas (B. damascena) ; c’est à cette dernière espèce que, d’après Fée, appartenaient les roses de la Cyrénaïque. C’est à elle aussi qu’on a rattaché parfois les roses célèbres de Pestum1. Enfin Sprengel regardait la rose d’Alabanda comme la rose velue (R. vil ! osa L.), espèce non cultivée pourtant2, et Fée voit dans la græcula, qui n’était probablement pas une rose, l’hypothétique Bosa si/vestris de Bauhin. On ne pouvait donner plus libre carrière à la fantaisie3.

1. En particulier Sprengel (Geschichte der Botanik, v. I. p. 123), ainsi que Koch, on l’a vu. Pour Loiseleur-Deslongchamps (p. 137) c’est la « rose bifère ». Fée dans la « Flore de \irgile » (Virgile de Lemaire, vol. VIII, p. cliv), s’est borné à dire que ce n’est pas la R. alba D.G.

2. Avec plus de raison Jolian. Retzius, Flora Virgiliana , Lund, 1808, 8°, l a identifiée avec la var. pallida de la R. centi folia.

3. On trouve dans la Flore de Virgile par Fée un exemple curieux de ces créations arbitraires d’espèces. Dans une de ses églogues, Virgile parle de roses pourpres.

Puniceis humilis quantum saliunca rosetis (V, v. 17).

Au lieu de voir dans 1 adjectif pujiiceus un simple synonyme de purpareus , Fée. supposant d ailleurs, on ne sait trop pourquoi, qu’un berger n’avait pu connaître de roses cultivées, a identifié la rose virgilienne avec la var. punicea de la rose jaune iR. I.atea, L.). encore qu’aucun auteur de 1 antiquité ne paraisse avoir connu

ESPÈCES DE ROSES CONNUES DES ANCIENS

De toutes ces suppositions, la seule qui ait quelque fondement réel, c'est qu’à côté de la centfeuilles, regardée par Fée comme la forme type des espèces mentionnées par Pline, les Romains cultivaient sans doute aussi la rose de Provins (R. galHcaj, de même peut-être que la rose à feuilles de pirnprenelle. On doit admettre aussi qu’ils avaient probablement, quoique exceptionnellement, dans leurs jardins des roses rouges et des roses blanches1. Quant aux dénominations diverses de roses qu’on rencontre chez les auteurs, elles désignent le plus souvent bien plus des centres de cultures que des variétés, encore moins des espèces différentes de cette fleur. Mais qu’importe ces distinctions, inconnues aux poètes de l’antiquité ? Pour eux, sous ses diverses formes, la rose fut la reine des fleurs ; c’est comme telle qu’ils l’ont chantée, sans se demander à quelle variété appartenaient celles qu’ils connaissaient et qu’ils confondaient toutes, quelles qu elles fussent, dans un même sentiment d’admiration.

cette espèce, mentionnée d’abord seulement par les écrivains arabes. Pietro Rubani, Flora Virgiliana, Firenze, 1868, 8°, p. 99, n’a pas été plus heureux quand, faisant un contresens, il a voulu trouver des roses blanches dans le XIIe livre de l’Enéide, — il s’agit de lis blancs, — et qu il n’a pas hésité à les identifier avec la R. moschata, L., espèce asiatique importée d’abord en Europe par les Arabes.

1. Il faut dire toutefois que Pline parle seulement de roses aux pétales blanchâtres (albicantes), mais Ovide parait bien en connaître de blanches « Albentesve rosas ». Art. amat. lib. III, v. 182.

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