‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 169 sur 391 · LA 11 OSE ET LE ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

LA 11 OSE ET LE ROSSIGNOL

succède l’automne et que tout chemin conduit au désert ?

Ici les amours du rossignol et de la rose servent seulement de cadre au récit du poète ; ils n en sont pas le sujet même. Chez Saadi, ainsi que chez ses prédécesseurs ou ses émules, l’allégorie, quelque complète qu’elle soit, n’en est pas moins renfermée dans des proportions modestes ; il n’en fut pas de même chez leurs imitateurs ottomans, qui lui ont donné les développements les plus vastes.

L’Iran a été subjugué tour à tour, on le sait, par les Arabes et les Osmanlis, mais tour à tour aussi ces peuples ont subi l’influence littéraire de ceux qu’ils avaient vaincus. Les Arabes ont emprunté aux poètes persans leur langage de convention et quelques-unes de leurs fictions ; c’est ce que, six siècles plus tard, a fait également et bien plus encore la poésie ottomane, à qui la poésie iranienne a servi surtout de modèle1. Facile, aimable et voluptueuse comme elle, comme elle cherchant ses inspirations dans le monde des sens et de la nature, elle ne pouvait manquer de lui emprunter la fiction des amours du rossignol et de la rose ; mais ce que n’avait point fait la poésie persane, elle devait, en l’adoptant, lui donner les proportions de l’épopée.

1. Parmi les livres que lit de préférence la princesse Rose, l héroïne du poème de Fasli, Gui et Bulbul , figurent le Beharistan de Djamietle Gulistan de Saadi, avec beaucoup de Diwans. Hammer-Purgstall, Geschichte der osmanischen Dichtliunst, vol. II, p. 311 .

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