I.A ROSI'. AL’ MOYKN Al', K
Un poète de cette nation, Fasli, s’en est emparé an xviu siècle 1 et en a (ait un long poème moral, Gui et Bulbul, dont la Rose est l’héroïne, le Rossignol le héros, et où figurent personnifiés la rosée du matin, le zéphyr, le cyprès, le narcisse, l’hyacinthe, la violette et l’épine avec les quatre saisons de l’année. Le Rossignol éloigné par la fierté de la Rose et repoussé par l’orgueil du roi Printemps, indisposé par l’Hyacinthe, philosophe grognon, fuit désespéré dans la solitude. 11 est même jeté en prison, au moment où la Rose, gagnée par le Narcisse et touchée par une lettre de son admirateur, se déclare prête à l’écouter. Tandis qu’il gémit dans la captivité, n’ayant pour confident que la Violette, les armées du roi Eté ravagent les états du Printemps ; l’Automne s’interpose, mais bientôt l’Hiver vient achever de détruire les bosquets de roses dévastés par l’Eté. Cependant l’année nouvelle ramène le printemps ; la Rose revient trôner au milieu des fleurs qui composent sa cour. Avertie que le Rossignol languit toujours en captivité, elle prend la résolution de le visiter, et, conduite par le Zéphyr, elle se rend auprès de son amant, qu'elle trouve amaigri et si faible qu’il s’évanouit à sa vue. Elle envoie aussitôt demander sa délivrance à son père. Le Rossignol amené devant le roi est remis en liberté. Il se bâte de se rendre auprès de son amante; tandis qu’il raconte ses aventures et ses chagrins au Cyprès,
1. Fasli est mort en 1563. Hammer-Purgstall, Op. laud ., vol. II, p. 309.