LA ROSE ET LE ROSSIGNOL
gardien du palais, la Rose tient une diète, dans laquelle elle confesse devant toutes les fleurs assemblées son penchant pour le Rossignol ; celui-ci est introduit par le Zéphyr et vivra désormais heureux dans la société de la Rose.
Tel est ce poème gracieux, sous les fictions duquel se cache, nous dit Fasli, un sens profond, car la rose y personnifie l’esprit engendré par la raison, et le rossignol, le cœur, dont l’accord avec la raison constitue le bonheur de la vie humaine. Cette allégorie, si elle était, entièrement exacte, eût jeté de la froideur sur l’œuvre de Fasli; heureusement l’explication qu’il a donnée a été faite après coup ; en réalité la rose, dans tout son poème, n’est que la reine des fleurs, sous l'emblème de laquelle se cache la personne aimée. Telle elle apparaît encore plus dans le poème du contemporain de Fasli, Muidi, Gui et Newrous b
Newrous (le printemps), fils du chah Ferrouch, qui a vu Gui en songe, en est épris et le Rossignol, devenu messager d’amour, porte ses lettres à son amie. Rapprochés par ses soins, les deux amants voient leur bonheur troublé par un message du Zéphyr qui demande la main de Gui pour son maître, Désespérés ils prennent la fuite. Attaqués par des brigands au passage d’un fleuve, ils parviennent à leur échapper, arrivent au bord de la mer et s’embarquent ; mais ils font naufrage ; Gui tombe entre