‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 198 sur 391 · Acta sanctorum, vol. VIII, p. 590 c · texte numérisé non relu

Acta sanctorum, vol. VIII, p. 590 c

LA l( OS U DANS LES LÉGENDES CHRETIENNES. 265

seule exceptée qui resta épanouie jusqu à la Noël. Cette forme nouvelle de la légende se rencontre encore dans l’anecdote suivante.

Un jour que saint Jacques de Venise, se trouvant en compagnie de quelques religieux, vint a passer devant un rosier privé de feuilles et de fleurs, — on était au milieu de l’hiver, — une rose de toute beauté et d’un parfum délicieux apparut tout à coup sur le rosier. Il la cueillit et la présenta aux religieux du couvent, que remplit d’admiration la vue de cette fleur en une pareille saison1. La bienheureuse Rita étant restée malade au couvent de Cascia, une de ses parentes vint lui rendre visite et lui demanda, en la quittant, si elle ne désirait rien. « Je voudrais, reprit Rita, une rose de mon jardin de Rocca-Porena. » Or on se trouvait au mois de janvier; sa parente crut aussi que la sainte était dans le délire et elle s'éloigna en souriant. Mais combien

grand fut son étonnement, quand, de retour à Rocac- Porena, elle aperçut une fleur fraîche et vermeille sur un rosier du jardin. Se rappelant alors le désir exprimé par Rita, elle s’empressa de cueillir cette rose et la lui envoya à Cascia 2.

On comprend que les roses miraculeuses durent prendre place de bonne heure dans les légendes de la Vierge. Elles y apparaissent, pour révéler le salut non soupçonné que la mère de Dieu ne manque pas d’assurer à ceux qui lui ont toujours été fidèles.

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