De ces cinq saumes sont li non
Magnificat. Ad Dominum.
Rétribué servo tuo.
Li carte est In convertendo.
Ad te levavi lo cinquisme.
Gautier de Coinci, li Miracle de Nostre Dame , Bibl. nat. fr. 22928, fol. 42, 2.
3. Je devrais dire traduite, puisque, sous sa forme primitive, cette légende, ainsi que les suivantes, se présente d’abord sous une forme latine. Il faut en rapprocher celle des manuscrits lat. 14857 de la Bibliothèque nationale de Paris et 612 de la Bibliothèque de Metz, où il s’agit d’un frère convers qui ne sait réciter que l’Ave Maria et du cœur duquel, après sa mort, sort un arbuste (tumba parit quasi ficum de dulci corde fratris), sur les feuilles duquel se trouvaient inscrites les lettres A. M. A. Mussafia, Studien zu den mittelalterlichen Marienlegenden, III, 9. ( Sitzungsberichte der Akademie der JVissensc/iaften, vol. CXIX, an. 1889). Dans les rédactions allemandes de cette dernière légende, c'est un lis qui sort de la bouche du mort et sur chacune de ses feuilles se trouve gravé en lettres d’or Ave Maria. Gœdeke, Deutsche Dichtung im Mittelalter , 140.
à un moine inconnu et ignorant, et, dans le récit qu’il en a fait, c’est clans la bouche du mort qu’on trouve « encloses » les cinq roses
Cleres, vermeilles et foillies Con se luez droit fuissent coillies1.
Cette forme de la légende était trop conforme à l’esprit du mysticisme de l’époque pour n’avoir pas fait fortune. Les Miracles de Nostre Dame de Gautier de Coinci en présentent plusieurs variantes curieuses. Un clerc, raconte-t-il 2,
Des lettres iert bien enbeuz Mais tant iert soz et durfeuz 3 Qu'il ne pensoit a nul bien faire;
son oncle, abbé d’un riche monastère, après s’être efforcé en vain de le ramener au bien, l’abandonne à son sort. Le clerc se livre à tous les déportements et se trouve bientôt réduit à la plus grande pauvreté ; il se repent alors et revient vers son oncle ; il lui promet même de dire chaque jour une prière à la Vierge4; mais bientôt il retombe dans ses anciens désordres et l’on est contraint de l’excommu-