Kriemhilt hat iuch entbotten und heisset iuch mere sagen
Ir môhtent lieber beimen ein kranz uz neslen getragen,
Den da zuo Burgentriche die liechten rosen rot.
Éd. v. d. Hagen, v. 207-209.
2. Le dit de la Rose, v. 201-204. Œuvres poétiques de Christine de Pisan publiées par Maurice Roy, vol. II, Paris, 1891,, p. 35.
en était, ainsi que chez les Grecs et les Romains, regardé comme le symbole :
Branches d’olive en vos mains porterez,
Ce sinefiet pais et humilitet,
dit Marsile, dans la Chanson de Roland ', aux députés qu’il envoie auprès de Charlemagne. Dans le roman de Renaud de Montauhan, au contraire, ce sont des roses que les fils Aymon, se voyant dans l’impuissance de résister à Charlemagne, portent dans leurs mains en allant implorer la clémence du redoutable monarque1 2 :
Es plains de Vaucolors nos covient chevaucier... Mais nos n’i aurons ja palefroi ne destrier,
Sor nos muls aragons irons esbanoier:
Aurons rosses es mains et Hors par amistié.
Ils partent avec leur offrande pacifique et se rendent rassurés et contents vers le grand empereur :
Or chevalchent li conte a joie et a baldor,
Chascuns porte en sa main une molt bele flor3.
Non seulement la rose formait les liens de l’amour, elle pouvait servir encore à réunir les amants que le sort avait séparés. Telle elle apparaît dans le ro-