‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 284 sur 391 · Miklosich, op. laud., p · texte numérisé non relu

Miklosich, op. laud., p

la HOSE DANS LA POESIE

de la Pentecôte, la pascha roscirum des Italiens et des Espagnols1, elles rappelaient bien plutôt le culte de Bacchus, comme le « jour des roses » chanté par Jean de Gaza.

Mais le mot Rousalia devait subir une transformation bien plus grande encore; à une époque qu on ne peut préciser, il a cessé de désigner des réjouissances, et, sous la forme altérée rusalky, il est devenu, chez les Russes blancs, les petits Russiens et les Tchèques, la dénomination habituelle d’êtres surnaturels, espèces d’esprits des eaux2, qu’on rencontre dans les légendes de ces peuples.

Entourée de légendes si nombreuses, regardée comme la compagne et le symbole du printemps et de l’amour, l’emblème de la personne aimée, la rose a occupé une place considérable dans la poésie du moyen âge; comme leurs précurseurs de l’antiquité, les poètes de cette époque lui ont emprunté les comparaisons et les images les plus variées et lui sont redevables de quelques-unes de leurs plus belles descriptions.

1. « Pentecostes die, qui Hispanis aeque ut Italis rosarum pascha dicitur. » Acta sanctorum, vol. XXXVIII, p. 902, col. 2.

2. « Die Rusalky waren nach dem Glauben der alten Slaven die Gôllinnen der Gewasser, namentlich der Flüsse und Bâche. » Jos. \ irgil Grohmann, Sagen-Bucli von Bolivien und Mdhren. Prag, 1863, in-8, p. 136.

non

i.a no s h ai; moyen âge.

Revêtue d'une pourpre brillante, dit un poète latin du xnie siècle1, la rose est la gloire, la joie et l’honneur des jardins au printemps. Fleur des vierges, elle n'est pas moins chère aux jeunes gens. Elle est l'emblème de la pudeur virginale. Ornement sitôt fané des beaux jours, la rose est l’image de la jeune beauté, et, chose passagère, elle nous apprend que tout ici-bas est passager. Agréable par son aspect, non moins agréable par son parfum, cette fleur l’emporte encore par le nombre de ses merveilleuses propriétés.

Cette description de la rose est presque isolée dans la littérature du moyen âge; celle de Mathieu de Vendôme, où le poète scolastique se borne à dire que « dans sa riche parure la douce rose fleurit, compagne délicieuse de l’odorat2 a, ne peut guère compter, et c’est à peine si on peut rapprocher des distiques de Neckam les vers du trouvère Beaudoin de Condé, tant ils sont rudes et dénués de poésie3.

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