Annales archéologiques, vol. XXVI (1869), p
l.A ItOSB AU MOYEN AGE.
Si ce produit de l’ancienne orfèvrerie est le plus précieux où ligure la rose, le plus célèbre est la « rose d’or », joyau qui en réalité est un rosier en or garni de feuilles, de boutons et de fleurs. Ce rosier mystique est béni par le pape, avec une solennité toute particulière, le quatrième dimanche de carême ou de Lætare Hierusalem1 .
De temps immémorial, la rose d’or a été destinée à récompenser quelque prince ou quelque grand, distingué, soit par son mérite, soit par des services particuliers rendus à l’Eglise. Le plus ancien document où il en soit fait mention remonte au xie siècle. Ce fut sans doute, en effet, une rose que la « fleur d’or », remise par Urbain II, lors de sa visite à l’église Saint-Martin de Tours, au duc Foulques d’Anjou. Une lettre d’Eugène III à Alphonse de Castille, en 1145, paraît bien aussi faire allusion à la rose d’or. Il en est question du moins en 1159 d une manière irréfragable; cette année-là, Alexandre III en donna une à Louis VII, en témoignage de sa reconnaissance pour l’accueil qu’il avait reçu pendant son voyage en France. Douze ans après, le même pontife remit également une rose d'or au doge de Venise, comme une marque de la « faveur spéciale du Saint-Siège2 ».
La statue de Raymond-Béranger IV, qui se trouve à Aix, dans l’église Saint- Jean-de-Malte, serre de la
1. Sacrarum caerimoniarum... sanctae romanae ecclesiae libri très. Goloniae, 1572, in-8, lib. I, p. 81. et lib. II, p. 223.