‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 352 sur 391 · I.A UOSH Al MOVIiN AOK · texte numérisé non relu

I.A UOSH Al MOVIiN AOK

d’œuvre d’exécution, surtout celle de la page 447, qui représente une branche de rosier portant trois fleurs vermeilles avec deux feuilles composées et deux entières. Si clics sont moins belles, on rencontre un bien plus grand nombre de roses dans les illustrations du manuscrit 7 4 de la même bibliothèque1; elles garnissent en partie plusieurs des vignettes qui encadrent le texte.

De magnifiques branches de rosier couvertes de fleurs vermeilles servent aussi d’encadrement aux folios 6 a, b, 18 a, 49 a, b du manuscrit latin 1159 de la Bibliothèque nationale. Les roses des enluminures du Breviarium Sarisberien.se 2 sont également

remarquables par leur habile reproduction; il en est de même des rosiers en treillis du livre d Heures d’Etienne Chevalier, livre antérieur à l’année 1 474 . Mais rien n’égale la perfection de formes et la finesse d’exécution des roses, que Bourdichon a. trente ans plus tard, peintes, avec 338 autres espèces de fleurs',

René lui-même. Fauris de Saint-Vincens, Mémoires et notices relatifs à la Provence. Paris, 1814, in-8, p. 29.

1. Man. de Mgr. Rey, évêque de Dijon, qui en a fait cadeau à la Méjanes.

2. Bibl. nat., lat. 17294. Par exemple le rosier à fleurs vermeilles qui sert d encadrement au folio 8 a, b. ,

3. Bibl. nat. lat. 1416. G est la date de sa mort. Quant à la corbeille de roses qu’on voit au-dessous du treillis, c'est l œuvre d un peintre moderne. Je pourrais encore citer les roses à fleurs doubles et vermeilles du man. 1176.

4. Lud. Lalanne, Mèm. inédit d’Ant. de Jussieu sur le livre d’heures d’Anne de Bretagne, p. 6. (Extr. du Bulletin historique et philologique, an. 1886.)

LA ROSE DANS L ART

dans les Heures d’Anne de Bretagne; les roses vermeilles qui forment l’encadrement du folio 27 a , et les roses blanches et rouges1 du folio 31 a sont de la plus exquise beauté.

Dans la peinture proprement dite, qui offre un champ plus libre et plus vaste, la rose devait occuper une place encore plus grande que dans l’enluminure, et elle y apparaît dès les premiers temps de la restauration de ce grand art en Occident. Les artistes qui la firent entrer dans leurs œuvres ne faisaient que se conformer à l’ancienne tradition et continuer ce que l’on n’avait pas cessé de faire en Orient. Le Guide de la peinture de Denys 2 recommande entre autres de représenter avec une couronne de fleurs — probablement de roses — le moine véritable. Les fresques des premiers monuments chrétiens n’étaient-ils pas, nous l’avons vu, souvent ornés de roses? Les peintres du moyen âge s’inspirèrent de cet exemple.

La Charité de Giotto, que l’on voit sur une fresque de l’église de l’Arena à Padoue, porte une couronne de roses doubles3, et dans la corbeille qu’elle tient

1. Ces dernières sont désignées par l’appellation de « roses de la marque d’Ancone ».

2. Traduit par Paul Durand sous le titre de Manuel d’iconographie chrétienne, grecque et latine. Paris, 1845, in-8, p. 403.

3. Didron, Annales archéologiques, vol. XXI, p. 8, a vu dans les fleurs de cette couronne des renoncules, non des roses, les gravures et la photographie de cette fresque ne permettent pas de douter que Giotto n’ait donné à la Charité une couronne faite de ces dernières fleurs.

LA U08E AU MOYEN AGE

à la main droite se trouvent aussi des roses avec des fleurs de lis et des grenades. Sur une fresque de Bcnozzo Gozzoli, qui représente l’Adoration des Mages, des buissons de rosiers bordent la route que suivent ses personnages *. Dans le tableau du Musée du Louvre, où le Pérugin a peint la Vierge avec l’enfant Jésus, qu’adorent deux anges et deux saintes, l’une de celles-ci, sainte Rose, tient à la main une branche de rosier couverte de boutons et de fleurs*. Sandro Botticelli, dans son tableau de « la Vierge, l’enfant Jésus et saint Jean », a représenté le premier couronné de roses. Un autre tableau du même peintre, « le couronnement de la Vierge, » nous montre les parvis célestes jonchés de fleurs de roses1 2 3 4 5. Une toile de la galerie de Dresde, attribuée aussi h Gozzoli, représente la Madone avec l’enfant Jésus, qui tient une rose à la main*. Dans son tableau de saint Georges et de saint Etienne, Jean Bellini a donné au premier une couronne de roses L Et Léonard de Vinci a représenté la Vanité une fleur à la main et trois roses dans les cheveux6.

Dans un tableau de Van Eyck, « la Vierge et 1 enfant Jésus », la Madone tend une branche de rosier

au divin enfant et des roses ornent le dossier du

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