PÉTALES
Les pétales, qu’il s'agisse de la rose pâle ou de la rose rouge, restent le seul élément officinal actuellement inscrit au Codex. Ce sont également les pétales qui étaient utilisés le plus couramment autrefois, et c’est d'eux encore dont il est question lorsque certains auteurs anciens parlent des feuilles.
Ainsi CELSE, dans son livre VI, consacre un chapitre aux maladies des yeux et donne la formule de différents collyres, dont le meilleur est le collyre de Nilée, composé de nard de l’Inde, de suc de pavot, de gomme, de safran et de feuilles de roses fraiches (29). « La cendre des feuilles de rose sert à embellir le cil des yeux » (30), nous apprend de son côté Dioscoride. £
« Les pétales brûlés entrent dans le calliblépharum (cosmétique des paupières); réduits en poudre, on en saupoudre les cuisses ; secs, ils adoucissent l’épiphora » (31). « Les pétales sont aussi prescrits dans les affections de l'estomac, dans les tranchées, dans les maux de ventre et d’intestins et agissent sur les hypocondres, même en topiques. On les confit également pour les manger, comme le lapathum (patience). Il faut prendre garde à la moisissure qui s’en empare promptement. Les pétales dont on a exprimé le suc, ne sont pas sans servir à quelque usage : on en fait une poudre qui sert à réprimer la sueur ; on la jette sur le corps à la sortie du bain, on l'y laisse sécher, puis on l’enlève avec de l’eau froide (32).
La manière de faire sécher les pétales doit être rapide, nous enseigne Lémery (Dic. des Drogues, p. 750), car si on les laisse trop de temps exposés à l'air, ils perdent beaucoup de leur couleur, de leur odeur, et de leur vertu ; si dans le temps qu’ils vien-
(27) PLINE, Histoire Naturelle II, 62.
(28) PLINE, Histoire Naturelle II, 64.
(30) MATTIOLE, Com. Diosc. 84.