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On retire tant de choses des Roses que sans elles la médecine ne serait bas si fleurissante qu'elle est.
POMET, « Histoire Générale des Drogues », Liv. VE, p. 177.
. est bien certain qu’au XVII" siècle, époque à laquelle le Sieur POMET, marchand épicier et droguiste, écrivait que sans la rose « la médecine ne serait pas si fleurissante », les préparations à base de cette fleur étaient considérées comme des panacées ; il nous à néanmoins semblé intéressant d'étudier 51 son emploi était dicté par une mode — comme la thérapeutique en a toujours connu — ou si véritablement la rose possédait des propriétés médicinales certaines et si ces propriétés avaient été utilisées dans d’autres temps et d’autres lieux.
Aussi loin que nous avons pu pousser nos recherches dans l’histoire des remèdes, nous trouvons mentionnées les préparations à base de roses. Elles furent employées dans toutes sortes de maladies, comme beaucoup de remèdes anciens, il faut le reconnaître, mais elles ont eu le privilège d’avoir tenu une place de choix en thérapeutique, depuis les débuts de la médecine jusqu’à nos jours ou presque.
La raison de ce succès ne doit-elle pas être recherchée dans la fameuse doctrine des signatures ? Une fleur aussi remarquable que la Rose, la fleur par excellence (1) ne pouvait manquer de posséder des vertus éminentes au même titre que l’or ou les perles. On peut penser, d'autre part, qu’au début, son parfum seul a dû attirer l'attention des premiers guérisseurs, mages ou sorciers, qui employaient de préférence des substances de goût désagréable, urines, excréments ou produits avariés ; de nos jours encore, de nombreux malades considèrent un médicament sans odeur, bonne ou mauvaise, comme peu actil.
« Les parfums et les onguents réjouissent le cœur » chantait Salomon (Prov. XXVIH, 9) et dès la plus haute antiquité, nous voyons les prêtres égyptiens mettre à profit les propriétés antiseptiques des produits odorants, et s'en servir pour conserver les COrps.
(1) Les mots OUARD en arabe, et GUL en persan, dsignent toutes espèces de fleurs en général, et la Rose en particulier. P. Fournier fait dériver ce mob d’une racine indoeuropéenne VROD qui signifierait souple, et qui a donné des dérivés analogues dans les langues de la même famille: grec, RHODON, lat. ROSA, all. ROSE, angl. ROSE, ital. ROSA, russe ROJA, tchèque ROUZE, polonais ROZZ, bourguignon REUS.