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ONGUENT ROSAT

Dans sa Pharmacopée Universelle, datée de 1763, LEMERY donne la formule de très nombreux onguents, et parmi eux, celle de l « Unguentum Pomatum Officinale » ou « Pommade Offcinale » (31). Cette dernière renferme différentes drogues aromatiques, de l’axonge de porc, de l’eau de rose et des pommes de reinette, d’où le nom de pommade donné à cet onguent. Il cite dans le même article la formule d’une « Pommade rouge pour les lèvres », mais celle-ci ne renferme pas de rose.

Il faut se reporter à l’article « Onguent Rosat » pour retrouver l'équivalent de notre pommade rosat actuelle. En voici la formule :

« R. de l’axonge de porc nouvelle bien nette et bien lavée, des roses pâles nouvelles pilées.

Laissez-les infuser ensemble pendant 7 jours : après cela cuisez-les à petit feu, puis coulez la décoction.

Réitérez la même infusion d’une pareille quantité de roses pendant sept autres Jours, cuisez de nouveau cette infusion comme auparavant, puis coulez et exprimez encore la décoction, et gardez longuent bien purilié pour l'usage. »

LEMERY emploie les roses pâles de préférence aux roses rouges généralement mentionnées, parce qu’elles sont plus odorantes. Quant à la couleur, il fait remarquer : « Ceux qui croient que les roses communiquent leur couleur à l’onguent se trompent, car on a beau rejeter les infusions de roses rouges ou pâles dans la même graisse, elle ne devient qu’un peu moins blanche » (32). Aussi emploie-t-on la racine d’orcanette pour lui donner une couleur rouge.

(31) LEMERY, Pharmacopée Universelle 1763, II, p. 1083. (32) LEMERY, Pharmacopée Universelle 1763, II, 1064,

; Il est à remarquer que cet onguent sert alors aussi bien à adoucir les gerçures des lèvres, qu’à résoudre les hémorroïdes (33) ou lénilier les douleurs des jointures.

Le Code des Médicaments de 1819 donne la formule de cette pommade rosat sous le titre suivant : « graisse médicamenteuse aromatisée avec les roses, vulgairement onguent rosat ».

Nous la retrouvons avec des formules légèrement différentes dans presque toutes les pharmacopées européennes de la fin du

XVII" siècle :

Axonge lavée à l’eau de roses et roses pâles pilées (Codex Paris 1818).

Macération de pétales de roses pâles dans l’axonge de porc (Pharmacopée Espagnole 1798).

Mélange d’axonge de porc et d’eau de rose (Pays Saxons). Ou d’axonge de porc, suif de mouton et eau de rose (Pharmacopée de Brunswick 1777).

La Pharmacopée de Hanovre: 1819 donne une formule qui se rapproche de la formule actuelle :

Axonge de porc lavée à l’eau de roses.......... 8 onces CÉRDANONeS ee el de NC de, 2 onces

Faites fondre doucement, et après le refroidissement, ajoutez peu à peu :

HO ELO SES en ns Pneu ve UT ice 3 onces Huile essentielle de citron .................... 1 gros

Par contre la formule indiquée par la Pharmacopée BATAVE, imprimée à Amsterdam en 1805 se rapproche de celle donnée par Lémery avec ses onze drogues aromatiques, son axonge de porc et suif de bouc, et ses pulpes de pommes de reinette.

Le Codex Actuel 1949 donne pour le « Cérat à la Rose » ou. « Pommade pour les lèvres» la formule suivante :

Créblancner nn use NT LR Re OM LT ne 50 NSelineroincinales Nr AR mi. ira en LS 50 CD EN en rer Dr, Rae UE RAT ue «li 0,50 Hilé dé NaSéline nee ne AN EE. 2 PROC RCIERFO Se D M Pr Se ti ae lent, X

(33) Pour les fissures ou crevasses du fondement, « on pourra mêler de l’onguent rosat, de l’onguent de neige, de l’eau d’élatine et de celle de sperme de grenouille ». DE REBECQUE, Le Chirurgien Français Charitable, 1863, p. 320.

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Faire fondre la cire et la vaseline au bain-marie. Quand le mélange sera presque refroidi, ajoutez le carmin délayé dans l'huile de vaseline, puis l'essence de rose ; coulez dans des moules cylindriques en métal ou en papier susceptible de former des bâtons de cinq centimètres de long sur un centimètre de diamètre.

A côté de la pommade rosat, proprement dite, nombreuses sont les pommades renfermant de la rose sous forme d’essence ou d’eau distillée et d’abord le cold-cream du Codex actuel ou Cérat cosmétique et le Cérat de Galien dont voici les formules :

Cérat cosmétique :

Blancide-baléine 2770 eee PR RES S 16 Ciretblainché PRE TER RE 8 Huiléd'imandes douces ee 7 me o) Fau:distillée derose CR ee 16 Teinture: dé bénloMm ee ME ee 4 Essence dé ‘roses: 7 RC PRE HS 11 Borate dé: Naf ET RE PURE 0,50

Faites liquéfier la cire et le blanc de baleine dans lhuile au bain-marie ; coulez dans un mortier en marbre chauffé puis agitez jusqu’à refroidissement et ajoutez l'essence de roses. D'autre part, dissolvez à froid le borate dans l’eau distillée de rose, ajoutez la teinture de benjoin ; passez le mélange à travers un linge et incorporez-le par petites portions au mélange demeuré dans le mortier.

Cérat de Galien :

Crée blanche ses ere LPS Ne 130 Huile -d'itnandés ANUS EME 535 Eau distillée dé roses 17 0 2 330 Borate: de:NA Cr PRE NRE UeS 5

Faites liquéfier la cire dans l'huile à la chaleur du bain-marie. Coulez dans un mortier de marbre chauffé et remuez continuellement le mélange afin d'éviter la formation de grumeaux. Quand il sera presque entièrement refroidi, incorporez l’eau de rose dans laquelle vous aurez préalablement dissout le Borate, en la versant par petites quantités et en agitant continuellement.

Il faudrait citer aussi les innembrables onguents ou crèmes (34) de beauté renfermant la rose. Catherine de Médicis, pour garder

(34) Le mot crème semble dater du début du XIXe siècle. On -l’appliquait alors à des pommades devenues extrêmement blanches et légères par agitation; on les appelait pommades à la crème, puis par la suite: crèmes.

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