‹ La Rose en ThérapeutiqueChapitre 47 sur 56 · LE · texte numérisé non relu

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son teint velouté se faisait préparer par Trois-Echelles, son astrologue, une pommade de feuilles de roses, dont les Mignons d'Henri III se servaient également (35). La Toilette de Flore, publiée en 1773, donne de très nombreuses recettes de beauté parmi lesquelles nous relevons des pommades pour le teint, pour les lèvres, pour les crevasses, pour les rousseurs du visage, pour empêcher les marques de petite vérole, pour faire croître les cheveux, etc. renfermant toutes des roses.

L'onguent rosat est employé en Médecine Vétérinaire dans la formule suivante que nous avons trouvée dans un Manuscrit du XVII" siècle, sans nom d'auteur : « Pour le mal qui vient à la mamelle des vaches, s’il vient d’une mauvaise Eau, la frotter avec de l’onguent rosat ».

TROCHISQUES DE ROSES

Les trochisques sont des préparations auxquelles on donnait souvent la forme d’un petit cône (Troxos, toupie, cône) d’où leur nom, mais aussi celle d’une petite boule, d’un cube, d’un triangle, etc. Indifféremment employés pour l’usage interne ou externe, on les réserva plus tard pour l'usage externe. S'il nous est arrivé d’en trouver encore dans certaines officines, il faut reconnaître que c'est là une forme entièrement disparue, bien que DORVAULT dans une de ses dernières éditions de l'Officine, donne encore la formule de 8 trochisques.

Voici leur préparation d’après Dioscoride. \

Trochisques de roses : « On fait les trochisques de roses en ceste manière. Prenez 5 onces de roses fresches com elles commenceront à passer et flétrir, et qu’elles ne soient point humides : 10 dragmes de Spica Nardi, et 6 dragmes de Myrrhe. Pilez et broyez le tout ensemble et les compartissez en trochisques qui pèsent chacun 3 oboles, et les mettez sécher à l'ombre en un vaisseau de terre qui ne soit plombé et qui soit bien estouppé..… Les dames les portent au col, en lieu de Carquans et Collanes, pour garder

(35) Cité par BLAIZOT: Parfums et Parfumeurs, 1943.

ESC qu’on ne sente leur sueur et leur marroquin, et se pulvérisent de ces trochisques et s’en saupoudrent tout le corps quand elles sortent du bain pour se garder de suer et se laissent essuyer ainsi, puis se relavent tout le corps, d’eau froide (36). »

La formule donnée par l'Antidotaire Nicolas est assez diflérente, et renferme du camphre, du santal, du safran ; c’est celle qui est encore employée au XVIII siècle par CHARRAS, qui nous dit : « Prenez une once de roses rouges. de raclures d’yvoire, de santal citrin et rouge, et de racines de réglisse mondée, de chacun 3 gros ; 2 gros de bon mastic, 1 once de safran, 12 grains de camphre et Q.S. d’eau de rose. » (37).

Nous retrouvons cette même formule dans Lémery sous le nom de Trochisque Diarrhodon (38), x côté de la formule des « Trochisques de Diagrède rosat, de Mynsicht », à base d’esprit de vitriol dulcifié, de roses rouges desséchées, de poudre de scamonée et de sirop de roses solutif (39). Nous avons pu noter que, sur une centaine de formules de trochisques, relevées dans différentes pharmacopées de cette époque, près de la moitié renfermaient des roses rouges. Ce sont, pour n’en citer que quelques-uns, les Trochisques de rhubarbe, d’absinthe, de camphre, d'Eupatoire de Mésué, de Berberis de Rhasis, d'Ecrevisse, de perles, de Bdellium, d’Avicennes, de terre sigillée, etc...

Les trochisques de roses fortilient beaucoup l'estomac, le foye et les intestins, ils en dissipent les douleurs et les maladies invétérées (LEMERY).

L’onguent et les trochisques de roses sont bons « pour les testicules qui pendillent trop à un homme, ce qui est vilain » (40).

(36) MATTIOLE, Com. Dioscoride, 1580, p. 81.

à ne CHARRAS, Pharmacopée Royale, Galénique et Chymique, Lyon 1717,

(38) LEMERY, Pharmacopée I, 442.

(39) LEMERY, Pharmacopée I, 421.

(40) LIEBAUT, Maladies des Femmes, 1651, p. 88.

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