CONCLUSION
Dans la série innombrable des matières premières que nous
olfre le monde végétal, la rose nous l'avons vu, a toujours tenu
une place de choix, tant par la fréquence que par l’universalité de son emploi.
C’est qu’en effet il y a entre l'homme et la plante une attirance secrète. Vis-à-vis de la rose cette attirance est universelle. La rose est profondément symbolique par son parfum, son parfum en lequel toute la rose est comme spiritualisée, comme tout l’homme est concentré en son esprit, en ce qu'on appelle le parfum de l'âme. Ambroise Paré l'a compris. Il existe une certaine mystique de la rose, de la reine des fleurs qui régna si longtemps au milieu ‘l'autres plantes qui guérissent, parce qu’elle est belle, parce qu'elle est lière, parce qu ’elle est pure, parce qu’elle est faite pour répandre la Joie, parce qu ’elle est mystérieuse aussi et s'adresse à des choses mystérieuses à demi inconscientes dans l’homme, dans l'homme qui est chair et sang et esprit comme la rose est substance matérielle, racine, tige, feuille, fleur, fruit — et parfum.
Il à fallu attendre le XIX”° siècle pour lui voir dénier son rôle de panacée et cependant un tarif relativement récent d’une importante droguerie parisienne cite encore en 1933, dix préparations à base de rose (Dausse).
Le Codex actuel mentionne encore :
— La rose pâle, rosa centifolia L., dont les pétales frais servent à la préparation de l’eau distillée de roses (qui entre ellemême dans la composition du Cérat Cosmétique, du Cérat de Galien et des tablettes de Carbonate Monosodique).
— La rose rouge, Rosa Gallica L., qui sert à préparer le gargarisme au Borate de Sodium et le Mellite de roses rouges (ce dernier entrant dans la formule du collutoire au Borate de Sodium).
— Enfin l'essence de rose, retirée des fleurs du Rosa Damascena Mill, qui entre elle-même dans la composition du Cérat à la rose et du Cérat cosmétique.
De tout ceci il faut reconnaître que l’eau de rose est seule encore d’un emploi journalier dans nos officines, le miel rosat étant d’un usage moins courant. L’essence de rose, à cause du prix élevé, n’est pratiquement plus employée, même en parfumerie.