LA FLEUR
Nous traiterons dans ce chapitre, de la rose, de son emploi et de ses propriétés, lorsqu'il est parlé, chez les Anciens surtout, de la rose en général.
C’est ainsi que nous savons qu’en Thessalie, les magiciennes employaient « la ROSE » dans la composition de leurs philtres (19), mettant sans doute à profit, dans des préparations très concentrées, les propriétés soporiliques de lessence de roses, que signalera ensuite Pline qui écrit : « la fleur est soporilique, prise dans l’hydromel » (20).
£es Grecs et les Romains employaient à profusion les roses dans leurs festins, en bouquets, en guirlandes, en couronnes, et tusque dans leur boisson, pour dissiper les vapeurs du vin (21). « De plus, ajoute Pline, prise dans trois cyathes (0 litre 135) de vin et en quantité suilisante pour le parfumer, elle apaise les douleurs d'estomac » (22) ; par ailleurs, « la Îleur arrête le flux des femmes, et surtout les flux blancs et les crachements de sang ». Lémery, comme ses contemporains, 1700 ans plus tard, écrira : « les roses
(17) POMET, Histoire Générale des Drogues.
(18) HERMANN, Dissertatio inauguralis botanico medica de Rosa Argentorati, 1752. ÿ
(19) DE CHESNEL, La Rose. 25.
(20) PLINE, Histowe Naturelle II, 62.
(21) DE CHESNEL, La Rose, 246 à 264.
(22) PLENE, Histoire Naturelle II, 62.
pe
sont propres pour fortifier l'estomac, pour arrêter le vomissement, les cours de ventre, les hémorrhagies, étant prises intérieure-
ment » (23).
Les médecins salernitains, dans leurs aphorismes, publiés en 1066 environ, parlent des roses à propos des « choses qui corrigent la boisson ».
« La sauge et la rue ont le don
de rendre saine une boisson
si l’on y joint la fleur de rose
rien ne tempère mieux l’ardeur que l’amour cause. »
Nostradamus, contemporain de Rabelais, mentionne une recette à base de roses rouges, dont il usa pendant la peste qui sévit à Aix, en 1546.
Plus inattendue est cette recette de M. BRUZON de la Martinière dans son « Traité sur la Conservation de la Beauté des Dames » publié en 1760 (24).
« Pour empêcher que les cheveux ne tombent, prenez des roses, du lierre, balaustes et feuilles de saule, alun de roche, faites les bouillir en eau de pluie jusqu’à la moitié et quand elle sera tiède, il faut dissoudre de la rutie et encens pulvérisé, pour ensuite s’en laver la tête tous les quinze jours et si l’on veut « noircir le poil roux », il faut d’abord se purger avec du sirop de roses, avant de se laver les cheveux d’une lessive de cendre de sarments. »
Guillermeau (25) nous apprend que les fleurs du rosier sauvage passent pour plus astringentes que celles du rosier des jardins. Selon lui, elles sont également purgatives. « On s’en sert communément dans les cours de ventre, pour modérer l’ardeur de la bile, pour adoucir l'âcreté de l'urine, contre les faiblesses d'estomac, les indigestions, dans la dyssurie et la strangurie, le crachement de sang, le scorbut, le flux immodéré des règles ».