SCÈNE XVÏ
danse dans un salon... Ce n'est pas là , selon moi , qu'il faut la chercher, pour comprendre l'effet électrique qu'elle peut produire. (Examinant attentivement Francinc.) C'est aux bals publics qu'on doit aller... aux bals... masqués!
francine, naïvement.
Mais, monsieur, on ne danse pas au bal masqué.
randeuil , saisi.
On ne danse pas!
FRANCINE , naïvement.
N'est-ce pas , Hortense , personne ne dansait quand nous sommes allées ensemble au bal de l'Opéra ?
RANDEUIL , à part, transporté de joie.
Elle ne s'en cache pas!... elle l'avoue!... Oh ! quel bien me font ces parolesl-à !
M. SIMART.
Oui , racontez donc à M. Randeuil vos prouesses au bal de l'Opéra... ça l'amusera.
«andeuil , à part, avec un redoublement de joie, regardant M. Simart.
Lui aussi!... Il est instruit !
Mme SIMART.
Je n'y vois nul inconvénient. (A Randeuil.) Seulement , monsieur, je vous préviens que vous serez déjà plus avant dans nos confidences que M. Teissier. (Montrant Francine.) Vous avez peut-être remarqué que nous sommes tous ici les très humbles esclaves de cette petite fille ; mon mari l'a élevée ainsi. (M. Simart regarde en souriant sa fille et lui tend les bras.) Vous concevez dès lors toutes les idées extravagantes qui doivent passer dans la tête d'un enfant gâté de la sorte... Entre autres folles imaginations, cet hiver, Francine s'était mis en tête d'aller au bal masqué , et savez- vous où elle prétendait nous mener?
RANDEUIL.
Non, vraiment.
Mme SIMART.
Chez Musard !
M. SIMART, riant.
Oui, chez Musard! Cette petite folle voulait aller chez Musard... Enfant!
Mme SIMART.
Le projet me parut un peu téméraire... mais le moyen de résister! Je fus trop heureuse de capituler, et de substituer l'Opéra au terrible bal qui nous menaçait. Nous voilà donc partis tous trois...
RANDEUIL.
Comment! tous trois!
Mme SIMART.
Mais certainement.... mon mari... dont la conduite , il faut l'avouer, ne fut pas très exemplaire en cette circonstance... A peine arrivés, monsieur Simart nous installa dans une loge , sous prétexte de la cohue...
M. SIMART.
J'étais allé me faire intriguer. L'histoire la plus piquante !..
Mme SIMART.
Oui , cl pendant ce temps-la vous nous laissiez exposées aux plus sottes aventures
randeuil, avec une surprise affectée.
Comment! madame, des aventures!
Mmc SIMART.
Certainement... deux hommes dans un état, horrible, et hideusement défigurés, qui nous forcèrent à déloger.
francine , vivement.
Le premier n'avait rien d'effrayant; il causait au contraire fort agréablement... Tu as dit toimême que, malgré son nez de carton , il avait les yeux très expressifs et de très belles dents.
M. SIMART.
Comment! comment ! de belles dents !
randeuil , à part.
Ah ! elle a dit cela. Décidément, c'est une femme charmante que Mme Simart!
M. SIMART.
Dites donc, ma chère amie, vous ne m'aviez pas fait part de vos remarques... Comment ! de beaux yeux et de belles dents !
Mme SIMART.
C'est votre faute, monsieur; si vous aviez été là, je n'aurais remarqué rien de semblable.
randeuil , à part.
Attrape.
Mme SIMART, à part.
Ce pauvre monsieur Simart, je crains de l'avoir chagriné. (Haut.) Monsieur Simart!
M. simart, avec empressement.
Madame.
Mme SIMART.
J'ai une grâce à vous demander.
M. SIMART.
Parlez.
Mme simart, très gracieusement.
Francine et moi , nous avons quelques visites à faire dans le voisinage... Nous exigeons votic bras.
M. SIMART, ravi.
Vous êtes une syrène enchanteresse ! N'étes-vous pas maîtresse de mon cœur... et de mes deux bras? randeuil, bas, à Mme Simart.
Madame , j'ai aussi une grâce à implorer de vous...
Mme simart, bas, étonnée.
De moi, monsieur?
RANDEUIL , bas.
Il faut que je vous parle absolument! Ne me refusez pas la faveur d'un entretien.
Mme SIMART, à part.
Que veut-il me dire? (Bas.) Eh bien, monsieur, dans un instant... je reviens.
M. SIMART, à part, ayant au bras, d'un côté, M,ne Simart; de l'autre, Francine.
Il est très aimable, ce jeune homme!.. C'est égal, pour le quart-d'heurc... désappointé...
francinb, à Randeuil.
Ain : Vaudeville des Chemins do fer.
A bientôt , monsieur ! Mais d'avance Ma menace vous fera peur :
Quoique vous n'aimiez pas la danse Ce soir vous srr<>7 mon danscm !
I NSI vii.i.i .
PniRClflS, SIMART, M""' SnilHT.
A bientôt, momieiirl Biais d'avance
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g j menaça vous fera peur :
Quoique vous n'aimiez pas la danse ,
Ce soir vous serez | m0n ) danseur !
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RANDEUIL.
De la revoir j'ai l'espérance !
Oh ! quel trouble agite mon cœur !
Je voudrais, je le sens d'avance , Pour la vie être son danseur !
(M. Simart sort avecM'"e Simart et Francinc.)