SCÈNE XXII
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capricieuse, déraisonnable, méchante même... ce n'est pas là tout à fait mon opinion; mais enfin on me répète cela si souvent qu'il faut bien que je le croie. J'ai donc besoin de trouver dans celui qui sera mon mari beaucoup d'indulgence. (D'une voix moins assurée.) M. Teissier m'en a montré bien peu...
Air : Du démon.
Il ne saurait, je crois, me rendre heureuse... Il comprendrait bientôt tout mon malheur ; Et si son ame est noble et généreuse, Il souffrirait aussi de ma douleur !
A mon époux je veux donner ma vie ; Jamais mon cœur ne battra que pour lui ! Ah ! dites-moi , monsieur, je vous en prie , Si je pourrais épouser votre ami?
Mais enfin s'il revenait... s'il se trouvait là... subitement... devant vous... dans une attitude suppliante, vous lui diriez...
francine , d'un ton très ferme.
Je lui dirais : « Je ne vous aime pas, et je ne vous épouserai jamais. »
(En ce moment, on entend derrière le store un bruit de pots de fleurs qui tombent et se cassent.)
FRANCINE
Qu'est-ce donc?
Mme SIMART, à Randeuil , montrant le store. Voyez donc , monsieur !
(Randeuil court à la fenêtre et lire le cordon du store, qui se lève jusqu'au plafond. Teissier apparaît tout effaré sur le balcon , blotti entre des pots de fleurs, et essayant en vain de s'en tirer.)
FRANCINE et Mme SIMART.
M. Teissier! (Elles parlent d'un éclat de rire.)
FRANCINE , prise d'un rire fou.
Pardon, monsieur... c'est que... je ne m'attendais pas... à un retour... aussi soudain... (A part.) Ah ! mon Dieu , je suffoque !
Mme simart , à part.
Ce pauvre garçon!... Allons prévenir M. Simart de ce qui se passe !
(Elles sortent toutes deux en riant aux éclats, et laissant Teissier tout interdit sur le balcon.)