‹ La rose jaune, comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 4 sur 33 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

TEISSIER, RANDEUIL.

TBISSIBR.

Si tu savais comme je l'attendais, \« '

LA KOSI<; JAUNE

RANDEUIL.

Tu me l'a deja (li!... Uaif que diable as-tu donc?... Toul ,jo><Mix , j'accours de Paris à ton ap-

pel... cl Je te trouve triste comme un enterrement... N'importe; me voici prêt à tenir sar ta

tête le poêle matrimonial.

TEISSIER , avec humem .

Bien obligé «le ta eomplaftanee.

RANDEUIL.

Voyons... quand signons-nous le contrat?

TEISSIER, d'un air morne , à pari, frissonnant.

Brrrr !.. le contrat !.. (Ilaui.)Mon cher Randeuil, regarde-moi bien, ici, au jour... Comment trouvestu ma figure?

RANDEUIL.

Je la trouve engraissée.

TEISSIER

Je te remercie bien... engraissée , quand je suis dans la position la plus perplexe où un homme puisse se trouver !...

RANDEUIF..

Ah ! mon Dieu !

TEISSIER

Quand je t'ai annoncé que j'épousais Mllc Simart , j'étais dans un accès d'enthousiasme ! Tu te rappelles ma lettre qui commençait par des entrechats à perte de vue , et qui finissait par une demidouzaine d'enfans que j'obtenais de mon épouse, pas à la fois, dans l'avenir... et quel avenir?... la tendresse d'une femme, d'une famille, d'une belle— mère , d'un beau-père ! j'étais toute la journée dans les bras de quelqu'un ! ah i mon ami ! je voyais tout à travers un prisme. Il n'est pas jusqu'au gros M. Simart , que tu verras tout à l'heure , qui n'eût pris à mes yeux une teinte toute rosée, ce qui le rendait fort drôle.

RANDEUIL.

Voyons... voyons... cela veut dire en prose que tu es au revers delà médaille... eh bien! qu'y vois-tu?

TEISSIER

J'y vois... j'y vois le diable !

RANDEUIL.

Parles-tu de ta future?

TEISSIER, tragiquement.

Silence ! ces murs ont des oreilles !

RANDEUIL.

Ah ! ça , voyons , plaisantes-tu ? Sommes-nous à la campagne, chez M. Simart, pelletier retiré de la rue aux Ours , ou dans le palais de Néron ? Je l'écoute... ou plutôt, écoute-moi... Je parie que j'ai deviné d'avance ta confession : tu as une bellemère que tu ne peux souffrir.

Allons donc , Mmc Simart est une femme très bien faite... aimable , jolie , seulement un peu moqueuse, et qui exerce un empire absolu sur son mari , excellent homme... mais très jaloux.

RANDEUIL.

Ah ! il est jaloux !

TELSSIEB.

C'est rès concevable... M«»e Simart est une

perle de Mges«e... m.ii> elle i m un peu coquette...

Et puis, la disproportion d'âge... vingt-huit ans!

i«am)j.l i;. , reculant de surprise.

Vingt-huit an-: .. Ah! ça, quel âge a donc la future ?

i EISSIBR.

Dix-sept an-.

RANDEUIL.

Voyons... m'expliqueras-tu?... Une belie-i. re de vingt -huit ans et une prétendue de di.v-scpl TEISSIER.

Est-ce que tuas laissé ton intelligence aui .Messageries Lafitte et Gaillard?... M. Simart, resté veuf avec une grande et jolie fille , s'c>l remarié... il a épousé une belle \(m<'..

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