SCÈNE VI
TEISSIER, RANDEUIL.
RANDEUIL.
Ah ! je viens de prendre possession de ma chambre... Une vue magnifique !
TEISSIER
Ce cher Randeuil!.. Mais je ne l'avais pas encore remarqué... on voit que tu viens de Paris... Tu es mis avec une élégance!.. Pourtant il manque quelque chose à ta toilette.
RANDEUIL, cherchant.
Eh ! quoi donc ?
TEISSIER
Une jolie rose... un peu fanée... tombée par mégarde de ta valise. (Il la montre.)
randeuil ," saisissant la rose avidement.
Ah! donne, donne! ma chère rose jaune!... Tu ne t'imagines pas tous les souvenirs que cette intéressante fleur me rappelle !
TEISSIER
Cette vilaine fleur!.. Mais c'est vieux comme Abraham!...
RANDEUIL.
Vilaine fleur!... oui , la voilà flétrie et décolorée... mais elle me rappelle une soirée l.. Figuretoi qu'il y a deux mois, Dumesnil, moi, et plusieurs autres aimables garçons de mon espèce, nous étions au bal de l'Opéra... Un excellent dîner nous avait mis dans un état de joyeuse exaltation... Nous avions trouvé très joli de nous faire des moustaches avec des bouchons brûlés, et Dumesnil et moi , nousjnous étions en outre affublés de superbes nez de carton.
TEISSIEK.
J'ai toujours désiré ça, moi, mettre un ne/ de carton !