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détruit les facultés de réactions de l'organisme ains. empêché de répondre par les signes habituels de la maladie ? :
Dans la deuxième éventualité la grossesse n’est pas interrompue par la rougeole ; elle continue à évoluer jusqu'au terme ou près du terme et l’enfant naît ultérieurement sans présenter, au moment de la naissance ri daus les jours qui suivent, aucun des signes de la maladie éventuellement contractée in utéro. Est-il possible dans ces conditions d'apporter la preuve de la maladie dont l’évolution s’est faite toute entière dans le sein maternel ? Ici rien de pareil à ce qui se passe pour la variole congénitale où l’enfant naît avec des cicatrices caractéristiques : aucun stigmate cutané ne survit en effet à l'exanthème morbilleux. Or, c’est là le seul argument capable d'emporter une conviction universelle ! Tous les autres ne peuvent avoir qu'une valeur de second ordre ; aucun contrôle n’est possible dans la grosse majorité des cas. Néanmoins une immunité naturelle durable peut être un bon argument en faveur de la contamination intra-utérine de l'enfant, Négrié (1), publie le cas d’une jeune femme, enceinte de six mois, qui contracte la rougeole auprès de ses enfants, La grossesse évolne jusqu’au terme; l’aecouchement a lieu deux mois et demi après la guérison définitive de la mère. L'enfant vient au monde normalement constitué. Malgré un contact à l'âge de 7 ans avec des rougeoleux dans la pension qu'il
1, Cité par Joannon,
SN pres
fréquente, cet enfant ne contracte pas la rougeole. Dans un cas de Joannon la chose est moins évidente. Il s’agit « d’une femme de o4 ans, enceinte de huit mois qui accouche prématurément cinq jours après le début de l'éruption, malgré une injection intramusculaire de 20 centimètres cubes de sérum de convalescent faite vingt-deux heures avant dans l'espoir de conjurer l'expulsion, L'enfant naît sans traces d’éruption et ne contracte pas la rougeole durant les 34 jours qu'il passe dans le service dés rougeoleux. Etait-il protégé par une rougeole prénatale dont nous n’avons pu retrouver les stigmates où a-t-il bénéficié de l’injection de sérum faite à la mère peu avant l’accouchement ? c’est ce que nous n'avons pu déterminer ». |
De même un mauvais état de nutrition de l'enfant à la naissanee ou des troubles du développement général ultérieurs ne sauraient non plus constituer des arguments quelque peu solides en faveur de ce diagnostic rétrospectif de rougeole anténatale ayant achevé son cycle évolutif dans l'utérus maternel. Les facteurs pathologiques les plus divers sans parenté aucune avec la rougeole peuvent en eftel troubler la bonne marche du développement et aboutir dans les mêmes conditions au syndrome de l’athrepsie.
Jp
La mère indemne jusque-là de rougeole contracte la maladie à une époque quelconque de la gestation : la grossesse et interrompue pendant la période d’activité de la maladie maternelle.
Dans ces circonstances, au point de vue de l’évolution, deux éventualités sont encore possibles : ou bien la rougeole de l'enfant se développe en même temps que la rougeole de la mère et en suit le rythme, ou bien la rougeole de l'enfant succède à la rougeole de la mère. RER
a) La rougeole de l'enfant coïncide avec la rougeole de la mère. — Ici nous voyons nos deux sujets, l'enfant et la mère, présenter leur exanthème au même moment. Le plus souvent la mère accouche en période éruptive et l’enfant vient au monde avec
son exanthème ; outre l’éruption l’eufant peut pré-
senter des symplômes de catarrhe plus ou moins accentués : il y a rougeole prénatale patente ; ce
serait le cas le plus fréquent pour Nouvat et Joannon.
Ce qu'il importerait de préciser ici ce serait le moment de la contamination de l'enfant.
Ea réalité celà est impossible et pour expliquer le synchronisme des deux éruptions on en est réduit
aux hypothèses. Les deux hypothèses suivantes peuvent expliquer concurremiment les phénomènes
observés :
Dans la première hypothèse le fœtus est inoculé peu de temps après que la mère a été contaminée:
es tEeé
Il faut admettre dans ce cas que le virus passe dans la circulation générale de la mère dès la période d'incubation de la rougeole, et qu’il franchit aussitôt la barrière placentaire pour aller contaminer l'enfant. Si l’on admet que la période d'incubation dans la rougeole congénitale à la même durée que dans la rougeole acquise il est évident que les deux éruptions peuvent être contemporaines.
Dans la seconde hypothèse on doit admettre que les germes morbilleux, qui pullulent alors dans le sang, ne passent dans la circulation funiculaire qu’au début de la période d’invasion de la rougeole maternelle. La barrière placentaire et alors forcée brutalement et les germes morbides envahissent l’organisme fœtal avec une telle intensité que les tissus de l’enfant se sensibilisent très rapidement pour réagir à peu près en même temps que les tissus maternels ; la mère el l’enfant se comportent comme un organisme unique - « L'organisme de l’enfant réagit comme un prolongement de l'organisme de la mère, sa peau comme un département du système cutané maternel » (Joannon).
Pour mieux comprendre ces différents faits nous allons maintenant citer un certain nombre d’observations de rougeole congénitale où mère et enfant présentèrent leur exanthème en même temps.
Opservarion I. — Elle est extraite d'un article du Vew- York médical Journal ainsi conçu. « A la récente réunion de la Société d’Obstétrique d'Edimbourg, rapportée dans le
J. Mariani | 2
igg Journal médièal d'Edimbourg (numéro de mars) on signale un fait survenu dans la clientèle du D' Darling et où la . femme était atteinte de rougeole à la fin du cinquième mois de la grossesse. Quand l'éruption commença à pâlir cette femme donna le jour à un fœtus sur lequel on pouvait observer des taches de l'éruption particulièrement sur le
visage, le doset Les jambes. »
A l’occasion de cet article, Robinson de Chicago publie à son tour un fait de rougeole prénatale dont il fut témoin quelques années auparavant ; il s’exprime ainsi dans le même journal : « Dans le numéro du premier avril j'ai remarqué une observation sur un cas de rougeole prénatale où le fœtus présentait des taches d’éruption.
OgBsEervarION Il. — En 1889, je fus appelé auprès d’une femme en douleurs; quand j’arrivai chez elle l'enfant venait à peine de uaître ; ilétait venu au terme de huit mois. La mère était alors en pleine période éruptive d’une attaque violente de rougeole : le corps de lenfant était couvert du rash morbiileux le plus intense que j’aie jamais observé. Chaque pouce de ce petit corps était aussi rouge qu’une betterave et l’éruption était aussi franche que chez la mère. Le travail se fit prématurément et léruption de rougeole avait provoqué sans aucun doute une endométrite et conséquemment l'expulsion de l'enfant. Ainsi dans ce cas de rougeole prénatale transmise par la mère, le fait était évident. Autant
que je sache la mère et l'enfant guérirent tous deux sans
incidents fâcheux. »
PA
58 — Rocaz a publié un fait intéressant de rougeole
congénitale au cours d’une récidive de rougeole chez - la mère :
OBsERvATION III. — Dans une famille, une enfant à la rougeole, Deux jeunes sœurs et un frère sont restés en contact avec elle. La mère est enceinte de huit mois et demi : elle dit avoir eu la rougeole dans son enfance. L’éclosion de la rougeole chez les deux derniers enfants doit normalement avoir lieu au moment de la délivrance de la mère. On isole les enfants chez des parents. :
La mère présente en même temps qu'eux les signes de la période d’invasion de la rougeole, toux, catarrhe oculo-nasal, rougeur de la gorge et du voile du palais. Enfin, l’éruption paraît un matin à la face ; le soir elle gagne le tronc et les membres et dans la nuit la malade accouche normalement d’une petite fille. Les suites de couches sont normales.
L'enfant est bien constituée, vivace, mais présente une éruption des plus nettes sur la partie supérieure du corps. Cette éruption a toutes les apparences d’une éruption morbilleuse, caractérisée par de petites taches maculo-papu-
leuses, rose, vif très rapprochées les unes des autres, mais laissant entre elles des intervalles de peau saine. L'éruption est très intense à la face, au cuir chevelu ; elle couvre les avant-bras et le thorax, Plus discrète au niveau de l'abdomen et des fesses, elle cesse d'exister au niveau des cuisses. Les jambes sont indemnes. Les conjonctives sont rouges, le voile du palais est légèrement rouge ; il existe un peu-de catarrhe nasal. La température est normale, l'enfant
ne tousse pas. L'enfant est allaitée par sa mère et ne présente
RD
pas d'autres phénomènes. L'éruption ne se généralise pas ;
la température ne s'élève jamais au-dessus de 37 degrés. Le cas rapporté par Lomer est le suivant :
Ogservarion IV. — Une jeune femme de 22 ans, enceinte de huit mois, primipare, n'ayant jamais eu la rougeole dans le jeune âge, tombe subitement malade de rougeole le juin : frissons, toux, enrouement, rougeur des yeux, diarrhée. Le 8 juin à 11 heures du soir elle accouche prématurément d'un enfant vivant. Le 9 juin, à l'examen on constate aussi bien chez l'enfant que chez la mère un exanthème de rougeole typique. Le 11 juin l’éruption persiste chez la mère sur tout le corps, tandis que chez l'enfant on ne remarque plus à la place que quelques taches sombres sur le visage, le front et la poitrine. Au cinquième jour des suites de couches, la mère contracte une pneumonie dont elle meurt. Quant à l'enfant
l'entérite l’'emporta à 4 semaines.
b) La rougeole de l'enfant succède à la rougeole de la mère. — Les deux éruptions tout en ne coïncidant pas, l'intervalle qui les sépare peut être très bref. En tenant compte de l’ordre de succession des phénomènes éruptifs chez la mère et chez l’enfant plusieurs combinaisons sont possibles :
Ou bien l'enfant naît au stade pré-éruptif de la rougeole maternelle, l'exanthème de la mère se montrant après la naissance comme celui de l'enfant. Ou bien alors l'enfant naît au cours on à la suite de l’éruption maternelle et ne présente son exanthè m. que plusieurs jours après l'accouchement. Dans le
rt
premier cas l’éruption de l’enfant peut être soit sensiblement contemporaine de celle de la mère, soit nettement postérieure à celle-ci de plusieurs jours. Dans l'exemple de Wisnig cité par Joannon dans sa thèse, cet intervalle est de douze heures : l’exanthème de la mère est apparu vingt-quatre heures après l’accouchement celui de l’enfant douze heures plus tard.
Cet intervalle a été de quatorze jours dans un cas de Mairinger où l’enfant naquit au début de la période d’éruption maternelle. Dans l'exemple suivant de Bartsch cité par Graham cet intervalle aurait été de trois jours : l'enfant naquit le jour où le __ rash morbiileux apparut sur le corps de la mère. A la naissance, l’enfant avait de la conjonctivité,du catarrhe nasal, de la toux. Au troisième jour de son existence, un rash typique de rougeole se montra.
L'observation suivante qui a été récemment publié par notre maître, le professeur agrégé Robert Debré (1) est également un cas très intéressant de rougeole congénitale. L'intérêt clinique que ce cas présente se double ici d'un intérêt prophylactique de la plus haute importance. Voici les faits :
La mère primipare, présente le 21 février dernier des signes d’invasion de rougeole : malaise général, catarrhe oculo-nasal, toux. Les signes subsistent le lendemain sans que l'on constate de sibilances dans la poitrine. Le 23 février,
l'éruption apparaît et est rapidement confluente sur la face.