‹ La Rougeole CongénitaleChapitre 14 sur 40 · En collaboration avec les D'# Bonnet et Broca · texte numérisé non relu

En collaboration avec les D'# Bonnet et Broca

A 11 heures du soir, le travail commence :le 24 février l'accouchement se produit à 8 heures du matin : accouche-

ment normal. Dès le début du travail la toux a disparu,

l'éruption qui atteignait les cuisses a cessé de progresser,

Après l'accouchement, la mère entre rapidement en conva-

lescence : le 26 février l’éruption a disparu, la desquamation est discrète, L'enfant est une fille normalement constituée,

de 4 kgr. 550. Le 26 février, deux jours après sa naissance l'enfant reçoit en injection sous-cutanée 3 centimètres cubes. de sérum de conyalescent de rougeole, soit 2 ampoules de 1 cmc, 1/2, provenant. de deux sujets différents. Aucune réaction locale nigénérale n’a suivi cette injection de sérum.

L'enfant, qui dès le moment de sa naissance avait été complètement séparée de sa mère, est mise au sein après l’injection de sérum. Le 28 février, l'enfant âgée de 4 jours et parfaitement bien portante jusque-là, a de la diarrhée, sa température monte à 38 degrés ; elle redescend d’ailleurs le lendemain aux environs de 36 degrés et s’y maintient. Le 2 mars, six jours après sa naissance, l'enfant présente une éruption morbilleuse sur le tronc. la racine des cuisses ; aucun catarrhe ni oculaire, ni nasal, nilaryngé, ni bronchique. Le 4 mars, l’éruption a disparu, la diarrhée persiste quelques jours mais l'enfant reprend bientôt du poids et présente à partir de ce moment un état de santé très satisfai-

sant,

Cette observation comporte quelques remarques. Tout d’abord pour ce qui concerne la rougeole congénitale : il nous parait évident que dans ce cas l’enfant a bien été contaminé in utero : la rougeole a

LR « IDE commencé chez lui quatre jours après sa naissance il paraît impossible d'admettre qu'il ait été contaminé au moment de l'accouchement. Cette observation se rattache donc aux quelques cas de rougeole congénitale publiés jusqu'à ce jour. »

Nous verrons plus loin au chapitre de la prophy- . laxie ce qu’il nous faut retenir de cette observation sous le rapport de l’action du sérum.

« Il existe enfin une curieuse observation de Schultze, relative à un cas non douteux de rougeole congénitale dans lequel l’éruption de l'enfant suivit de vingt jours celle de la mère, donc d'environ trente-quatre jours la contamination de celle-ci. Les. : faits sont les suivants :

Eruption morbilleuse accompagnée de catarrhe oculo-nasal chez une femme enceinte ;quatorze jours plus tard, accouchement ;quatre jours après la naissance, début chez l'enfant de signes d'invasion (fièvre, inappétence, léger coryza plus marqué le lendemain) ; deux jours après, soit six jours après la naissance, éruption typique de rougeole qui pâlit dès le lendemain : chute de la fièvre au bout de cinq jours. Il semble que dans ce cas l'inoculation transplacentaire ait été tout à fait tardive.

L'expulsionne s'étant produite que quatorze jours après l'exanthème, la mère a eu le temps de fabriquer des immunisines et de les transmettre à son enfant. Si cette interprétation est exacte, se sont réalisées par la voie transplacentaire, tout d'ahord l'inoculation de la rougeole, ensuite la séro-atténua-

Li =

tion de celle-ci, Il en est résulté une période d’incubation anormalement longue » (Joannon, thèse de Paris, 1924).

Dans tous ces cas de rougeole congénitale où l’éruption de la mère précède celle de l’enfant,'il semble bien difficile d'admettre une contamination transplacentaire à la période d’invasion ou d’éruption. On ne s'explique pas très bien, dans cette hypothèse, pourquoi les deux exanthèmes sont décalés l’un par rapport à l’autre. Ne vaudrait-il pas mieux admettre que l’inoculation se fait à un moment donné quelconque de la période d’incubation ?

En réalité, puisqu'il est des cas où la contamination transplacentaire ne se fait pas, puisqu'il en est d’autres où celle-ci semble se faire d’une façon massive, il est logique de concevoir une solution intermédiaire quant à l'intensité de cette contamination : tous les degrés sont possibles. L’intensité du contage, comme cela est démontré par les inoculations, expérimentales, peut faire varier la durée du stade prééruptif: ainsi s’expliquerait le décalage constaté.

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