‹ La rougeole et la scarlatine dans la grossesse et les suites de couchesChapitre 21 sur 42 · Rédigé par M. de Tornéry · texte numérisé non relu

Rédigé par M. de Tornéry

amène parfois de l’érythème scarlatiniforme, mais engendre, il ne faut pas l’oublier, une dysphagie très pénible pouvant faire croire à l’existence d’une angine. M. Champetier de Ribes a attiré aussi notre attention sur le chloral, dont on prescrivait de son temps à la maternité des doses souveat considérables. Enfin M. Tarnier et M. Porack nous ont parlé aussi d’érylhèmes scarlatineux qu’ils avaient observé parfois en faisant des injections de sublimé. i>

Que la température s’élève sous l'influence d’une résorption putride quelconque, et l’on aura, il faut l’avouer, à peu près le tableau clinique qu’offrent certaines scarlatines anormales. L’éryLhème d’origine médicamenteuse pourra bien offrir dans sa marche son mode d’apparition, son étendue, sa localisation des particularités qui n’échapperont point à un dermatologiste exercé, mais ces nuances délicates ne seront poinl comprises par le praticien qui n’a point une expérience suffisante des maladies cutanées. Il ne faut pas oublier non plus que les sueurs abondantes s’accompagnent assez souvent d’érythèmes scarlatiniformes (voir Charpentier, article Scarlatine). II est très possible qu’il faille ranger dans celte catégorie nombre de faits qui ont eu une marche très bénigne, par exemple ceux de Mackness.

On ne saurait nier, du reste, que la fièvre puerpérale ne puisse d’elle-même, et sans être aidée en rien par une intoxication médicamenteuse, réaliser un érythème scarlatiniforme. On a vu celui-ci survenir bien des fois non seulement chez les femmes en couches, mais encore chez les malades alleinls do septicémie traumatique. Comment

agit l’infection septique ? C’est ce qu’il est difficile de dire (embolies, troubles vaso-moteurs, etc.), mais nous ferons remarquer qu’à l’hôpital Saint-Louis l’inoculation du liquide vaccinal de Koch contre la tuberculose a déterminé un assez grand nombre d’exanthèmes scarlatiniformes. Il est donc très possible que les microbes de la septicémie agissent par les ptomaïnes qu’ils engendrent. Nous ferons remarquer que les shyzomycetes septiques semblent appartenir à des espèces différentes; ne se pourrait-il pas qu’une variété spéciale engendrât plus habituellement que les autres cette modalité clinique d’origine septique à laquelle on pourrait conserver avec avantage le nom de scarlatinoïde puerpérale ? Mais en défalquant de l’ensemble des faits publiés sous le nom de scarlatine puerpérale ceux qui semblent appartenir à la septicémie ou à une intoxication médicamenteuse, il en reste toujours un certain nombre qui paraissent bien être de la scarlatine véritable. Si le microbe de la scarlatine était bien exactement déterminé, l’examen bactériologique lèverait certainement une bonne partie de nos doutes, malheureusement il en est pour lui comme pour celui de la rougeole ; ceux décrits par Egertin, etc., ne sont guère acceptés à l’heure actuelle. La filiation bien établie des accidents morbides, les cas de contagion chez des personnes de l’entourage notées plusieurs fois par les auteurs ne laissent pas de doute sur ce sujet. Ce sont ces scarlatines survenues pendant la grossesse et les suites de couches que nous allons étudier dans les chapitres suivants.

Page 1