‹ La rougeole et la scarlatine dans la grossesse et les suites de couchesChapitre 26 sur 42 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA SCARLATINE PUERPÉRALE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA SCARLATINE PUERPÉRALE

Les lésions observées posl mortem sont variables. Dans un assez grand nombre d’observations qui ont été consignées dans la présente thèse, on trouve relatées des autopsies dont nous allons donner les résultats.

Dans les cas rapportés par Senn (où il y eut des faits de transmission de la scarlatine aux enfants), il n'est pas relevé de complications génitales, sauf dans la sixième observation, où il existait un peu de métro-péritonite. Par contre, on constate l’injection des muqueuses pharyngées, laryngées, bronchiques, de la congestion pulmonaire, etc.

Dans l’observaiion de Guéniot qui fut sui\fie d’autopsie, il y avait congestion viscérale du côté du poumon, du foie, des reins, et d’autre part il existait dans l’espace de Douglas une collection purulente. Traces de métro-péritonite.

Hervieux signale l’absence habituelle des complications génitales, mais il relève comme complications possibles du côté des organes génitaux, la mélrite, la péritonite, et la thrombose des veines utérines.

Besnier, dans son rapport sur les maladies régnantes à la Société de Médecine des Hôpitaux, signale chez une malade du Dr Lorrain qui succomba à la scarlatine puerpérale, quelques noyaux de pneumonie lobulaire, et aucune lésion de l’appareil génital, ni du péritoine.

Dans les observations de la thèse de Legendre on voit

signalés Lan Lôl l’absence complète de lésions du côté de l'appareil génital, tantôt au contraire des métrites et des pelvi-périloniles bien nettes. Il y avait habituellement des congestions sur les muqueuses et dans les principaux viscères, parfois de la broncho-pneumonie.

Dans une observation de Léopold Meyer, qui d’ailleurs ne lui est pas personnelle, voici ce qu’on trouva à l’autopsie. Utérus gros, mais sans rien d’anormal, aucun dépôt sur la séreuse.

Ovaire droit très gros, rouge, renfermant des coagula sanguins, la muqueuse du col de l’utérus est ulcérée, et fortement congestionnée, rien dans les sinus utérins. Ecchymoses péricardiques et pleurales ; hypérémie bronchique, oedème et congestion hypostaLique des poumons, reins malades, mais leur examen microscopique fait par Sœrensen n’a pas révélé les lésions caractéristiques de la néphrite scarlatineuse. Aussi l’auteur de celte observation croit-il justifiée la désignation de fièvre puerpérale à forme scarlatineuse qu'il avait adoptée.

Dans d’autres observations de Léopold Meyer où il y eut autopsie on ne trouva rien du côté des organes génitaux. Il en est de même dans la troisième observation de Olshausen ; quelquefois lésions rénales assez accentuées.

Dans la première observation de Liebmann on pratiqua l’autopsie vingt heures après la mort.

On trouva, en outre d’une desquamalion de la peau, de l’œdème du cerveau, de l’œdème des poumons, beaucoup de sérosité spumeuse dans les bronches, ù droite un exsudât pleurétique séro-fibrineux en grande quan-

lilé. Le péritoine renferme également une grande quantité de sérosité. Le l'oie, la rate, les intestins étaient couverts de fausses membranes, et chose intéressante les lésions étaient moins accentuées au niveau de l’excavation pelvienne.

La rate était très grosse, presque triplée de volume. Rien à l’utérus. Reins congestionnés. La vessie contenait quelques grammes d’une urine trouble.

Dans la deuxième observation de Liebmann, l’autopsie faite vingt et une heures après la mort, révéla les lésions suivantes : desquamation épidermique étendue, œdème cérébral avec hyperhémie, œdème des poumons principalement aux lobes inférieurs. Cavité péritonéale remplie d’une grande quantité d’un liquide trouble mélangé de flocons fibrineux, péritonite viscérale notamment sur les intestins. Foie couvert de fausses membranes. Rate quadruple de volume passablement molle et d’un brun rouge sale. Reins un peu gonflés, couche corticale rouge pâle, pyramides profondément injectées.

Dans l’observation XX de Léopold Meyer on constate à l’autopsie la présence dans la cavité péritonéale d’un litre de sérosité purulente. Adhérences fibrineuses entre l’utérus et les anses intestinales.

La péritonite n’est du reste bien marquée que dans les parties tout à fait déclives. Utérus gros, ramolli, muqueuse grisâtre. Thrombus dans les sinus veineux, reins flasques et-congestionnés.

La limite entre la substance corticale et la substance médullaire n’estpas distincte. A la partie inférieure du gros intestin, ulcération qui va jusqu’à la tunique musculaire.

Rien aux organes génitaux; les lymphatiques qui parlent de l’utérus sonl parfaitement normaux. Reins malades et très congestionnés (La maladie semble avoir été une véritable scarlatine). Rate un peu tuméfiée; rien de manifeste du côté du foie.

Nous pourrions multiplier celle énumération, mais comme tous ces faits ne peuvent pas nous amener à une conclusion ferme, nous aimons mieux nous en tenir là, et renvoyer aux observations contenues dans celle thèse. D’ailleurs nous ne pensons pas que les lésions que nous venons de relever puissent contribuer dans une large mesure à résoudre la question. Les lésions rénales, qui seraient d’un grand intérêt, n’ont pas été suffisamment élucidées. L’examen histologique pratiqué une fois n’a d’ailleurs donné quedes résultats douteux. Tantôtabsentes, tantôt présentes, les lésions génitales peuvent presque aussi bien reconnaître pour causes la septicémie que la scarlatine, qui en sa qualité de maladie infectieuse les frappe comme locus minoris resistenliœ. Nous sommes là en présencede deux maladies infectieuses, et c’eût été une illusion que de compter sur l’anatomie pathologique macroscopique pour les différencier nettement l’une de l’autre. N’est-ce pas une règle générale commune à près pie toutes lés maladies infectieuses de pouvoir frapper simultanément cl indistinctement les organes les plus divers, d’y produire les lésions les plus variées, les plus diffuses, sans que l’aspect seul y puisse révéler de caractère vraiment spécifique.

Dans ces cas difficiles, c’est au microscope et à l’expérimentation qu’il appartient de conclure.

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