‹ La rougeole et la scarlatine dans la grossesse et les suites de couchesChapitre 42 sur 42 · Bulletin de la Société clinique, 7 mars · texte numérisé non relu

Bulletin de la Société clinique, 7 mars

elles des intervalles de peau saine; par place, on remarque la disposition en croissant de la rougeole. Cet exanthème a une coloration rouge vif qui ne disparaît que très imparfaitement à la pression.

Le ventre est ballonné, douloureux; dans la fosse iliaque droite, on sent un empâtement qui remonte jusqu’à l’ombilic; l’utérus n’est pas abaissé, il est fixe, le cul-de-sac latéral droit est effacé. Il n’y a pas de diarrhée. La peau est brûlante. Température axillaire 39°, 4.

Les jours suivants, la fièvre diminue, les urines contiennent moins d’albumine, l’éruption pâlit à la face et au tronc, tandis que sur les membres où elle était morbilleuse, rare et presque exclusivement limitée à l’union du tronc et des membres, elle devient rouge intense, avec piqueté framboisé, envahit toute la surface des cuisses, et s’étend du côté des extrémités qui jusquelà intactes, se couvrent de papules rubéoliques.

L’éruption suit donc une marche descendante allant du tronc vers les extrémités ; morbilleuse quand elle apparaît, elle devient scarlatineuse les jours suivants, excepté aux poignets et aux coups-de-pied où elle reste très peu confluente et papuleuse.

Le 1S janvier. — La malade est prise do frissons violents, la température monte de nouveau à 39°, 6, le ventre se distend, devient douloureux, la malade a des nausées ; la face et les membres s’infiltrent; l’albumine qui avait diminué devient plus abondante que jamais.

Cette poussée abdominale s’accompagne de douleur dans la gorge, qui est rouge et luisante, la langue est vernissée, et on constate sur le dos une nouvelle poussée d’un rouge moins intense que 'la première, laissant par endroits des îlots de peau saine qui donnent au dos un aspect marbré.

Le 21 janvier. — La fièvre est tombée, le ventre a repris son

volume habilucl ; petil à petit l'oedème et l'albumine ont diminué, puis disparu. La masse qu’on sentait dans la fosse iliaque droite a sensiblement diminué et dépasse le pubis à peine de quelques centimètres.

Le 25 janvier. — On voit apparaître quelques squames blanches sur la face et sur le cou ; les jours suivants la desquamation s’étend à tout le corps et se fait sous forme d’écailles larges d’un millimètre environ, et persiste jusqu’au 12 février.

A partir de ce moment la malade se lève, reprend des couleurs, et elle part en convalescence le 20 février.

Si au débuL l’éruption pouvait en imposer pour une rougeole, elle a revêtu plus tard le type franchement scarlatineux, elle a évolué comme une scarlatine, s’atténuant, puis disparaissant petit à petil, d’abord à la face et au tronc, puis sur les membres. La desquamation a été également celle de la scarlatine, elle a commencé par la face le 25 janvier seulement, c’est-à-dire douze jours après le début de l’éruption, alors que sur le tronc et sur les membres la peau était encore mamelonnée, et présentait encore une coloration cuivrée.

IL La deuxième malade, âgce de 24 ans, entre à la Maternité de Cochin le 13 janvier avec les jambes enflées et de l’albumine dans les urines; elle accouche le jour même, le lendemain elle est prise de coliques et de diarrhée abondante, et le 15 à son réveil elle est couverte d’une éruption s’étendant à tout le corps, pour laquelle on l’envoie dans le service de médecine.

A son arrivée la malade n’a pas de mal de gorge, pas de rougeur pharyngienne, pas de catarrhe oculo-nasal, elle ne tousse pas. Elle est couverte d’une éruption érythémateuse d’un rouge intense, presque lie de vin, avec piqueté framboisé s’étendant à toute la surface du corps, mais plus intense sur le tronc et au pli de l’aine.

Sur les parties déclives, aux mollets par exemple, le piqueté

est plus prononcé encore, et s’accompagne d’un pointillé purpurique.

Celte éruption forme de larges plaques sans intervalles de peau saine.

La fièvre est très intense, la peau brûlante. P. 124, T. 40°, 2, La malade urine sous elle, elle a une diarrhée abondante.

Le 18 janvier. — L’éruption a en partie disparu à la face; elle est stationnaire sur le tronc ; plus intense sur les membres. Sous l’influence de l’opium, la diarrhée s’est modérée, mais la malade se plaint de douleurs de ventre, elle a vomi ses aliments. T. 40», 4.

Le 19. — La malade se plaint de légères douleurs dans la gorge qui est rouge, la langue est luisante, dépouillée de son épithélium ; les poignets sont le siège de douleur avec épanchement synovial dans la gaine des extenseurs communs des doigts. L’éruption diminue sur le thorax, reste très intense sur l’abdomen et sur les membres.

Sur le ventre et la racine des cuisses, il y a des vésicules de miliaire très confluentes. Les menaces de péritonite ont disparu, mais la diarrhée a de nouveau reparu : il y a eu six garde-robes liquides pendant la journée. T. 40°, 4.

Jusqu’à présent la malade n’a eu ni céphalalgie ni délire, elle tousse très peu, on constate un peu de matité, avec diminution des vibrations thoraciques, et égophonie à la base du paumon droit. Il n’y a rien d’anormal du côté des organes du petit bassin.

Le 22. — T. 3J°,8. L’angine et le gonflement des poignets ont disparu, l’éruption n’est plus apparente que sur les membres, où elle conserve une intensité remarquable.

On aperçoit sur le cou et sur le thorax de petites écailles nacrées, juxtaposées les unes aux autres, sur l’abdomen les vésicules miliaires flétries ; sur les autres points du corps il n’y

a pas encore de desquamation. Il ne reste qu’un peu de faiblesse respi loire du côté droit, les urines ne contiennent plus d’albumine, la diarrhée s’est un peu modérée.

Le 24. — T. 40°, 6. Desquamation abondante sur le ventre, formée de petites écailles confluentes, d’un blanc mat de 1 à 2 millimètres de largeur, sur les membres on n’en voit pas encore.

La diarrhée est de nouveau très abondante, la malade est plongée dans un état de prostration, dont il est impossible de la tirer, elle n’a cependant pas de délire, la langue est sèche, fuligineuse, et il n’y a plus de signes du côté de la plèvre.

Malgré la médication opiacée, malgré le bismuth à hautes doses administré en potion et en lavements, la diarrhée a persisté jusqu’à la mort.

Le 25. — La malade a été prise de délire, de vomissements bilieux, de douleur et de ballonnement du ventre, de crampes avec refroidissement des extrémités. T. 41°.

Ces signes de péritonite suraiguë ont persisté jusqu’à la mort qui est survenue le 27 janvier.

Autopsie. — Il n’y a ni fausses membranes, ni adhérences péritonéales ; dans le cul-de-sac recto-vaginal, il y a environ 60 grammes de pus crémeux ; l’utérus est encore volumineux, la surface d’insertion du p'acenla est molle et tuméfiée, mais non purulente. Il n’y a pas trace de pus dans les trompes ni dans les sinus utérins, qui sont très apparents à la coupe.

L’examen des autres organes ne révèle rien de particulier, sinon un peu de liquide cilrin dans les plèvres et de la congestion des lobes inférieurs du poumon.

Nous trouvons dans la contagion la cause première de ces deux affections.

A la fin de décembre 1876, en effet, une femme entre à la Maternité de Cochin en qualité de nourrice avec un enfant de

deux mois ; cet enfant contracte une éruption morbilleuse qui disparaît en trois jours, à la suite de laquelle il a de la parotidite suppurée, de l’angine et une nouvelle éruption scarlatineuse. En môme temps que l’enfant est atteint do celle deuxième éruption, la mère contracte une scarlatine franche avec angine et albuminurie, pour laquelle on l’envoie avec son enfant à l’hôpital Necker, le 6 janvier; l’enfant y meurt le lendemain.

Celle malade avait séjourné quelques jours à l’infirmerie du pavillon d’accouchement, elle se trouvait dans une salle voisine de celle occupée par notre première malade, qui atteinte alors de métro-péritonite, contracte la scarlatine le 9 janvier, trois jours après le transport de la nourrice à Nccker.

Le 15 janvier, c’est-à-dire six jours après, notre deuxième malade, entrée au pavillon l’avant-veille, est prise également de scarlatine quarante-huit heures après son accouchement.

Elle n’était pas à l’infirmrie, par conséquent elle n’a pas pris le germe de sa malailë dans le milieu infecté par les deux malades précédentes ; mais on sait que les gens affectés au service de l'infirmerie circulent dans toutes les salles du pavillon, malgré la défense qui leur en est faite, it n’est donc pas impossible qu’ils aient été, dans ce dernier cas, les agents de transmission.

Nos deux observations sont donc celles de scarlatines vraies, modifiées et aggravées par l’état puerpéral, mais qu’on ne saurait faire rentrer dans un autre cadre nosologique.

Observation (de Lorrain)

(Tirée des Etudes de médecine clinique du professeur Lorain). Elle est ainsi intitulée : Accouchement normal. — Miliaire puerpérale. — Douleurs rhumatismales. — Guérison (1).

B. . ., veuve D..., âgée de 32 ans, accouchée le 4 juin, de son

1. Nous plaçons cette observation parmi celles qui ont trait à la scarlatine après l'accouchement, car la lièvre éruptive nous semble

quatrième enfant, deux heures après son entréeà l’hôpital. Aucun accident jusqu’au 9 juin.

A la visite du malin, on trouve la malade avec une fièvre intense ; elle se plaint d’un violent mal de gorge et de douleurs de ventre, quelques nausées, céphalalgie très vive. Température rectale, 40°, 2.

Le 10. — La fièvre persiste, la malade présente sur le ventre et aux plis des aines, une éruption d'un rouge vif. 11 en est de môme sur la poitrine el les seins, mais surtout sur les vcrgelures du ventre. Céphalalgie, angine , douleur dans le bas-ventre, quelques efforts de vomissement.

L’enfant de la malade va bien, et pendant, toute la durée de la maladie de la mère, il n’a pas présenté le moindre dérangement dans sa santé. Soir : T. 40°.

Le 11. — Sur le ventre de la mère, qui présente toujours la même coloration rouge, on voit apparaîtrcdes points de miliaire. A la face, la desquamation commence. La nuit, la malade a eu des vertiges, des envies de vomir; elle accuse des douleurs dans les membres , elle a de la peine à soulever son enfant. L’urine ne renferme pas d’albumine, elle a une apparence tout à fait normale. T. 39°, S.

Le 12. — La fièvre persiste, la céphalalgie est moins vive, mais les douleurs des articulations du coude et de l'épaule droits sont plus fortes. Les articulations semblent un peu gonflées. Pas de sueurs ; la langue est rouge et sèche à la pointe.

Agitation nocturne. Douleurs assez vives à la pression dans les masses musculaires descuisses el des mollets. Soir : T. 39°, 2. Le 13. — La malade souffre beaucoup de l’épaule droite, du

ici reproduite par ses principaux symptômes : fièvre vive, angineviolente, éruption décoloration très rouge, miliaire, douleurs articulaires et endocardite légère, puis desquamation étendue à tout le corps.

coude droit, qui est gonflé, mois sans rougeur. Les petites articulations de la main droite sont tuméfiées, très douloureuses, un peu rouges. Les mouvements sont impossibles.

La rougeur de la peau est moins vive, moins diffuse, et elle est remplacée par un pointillé blanc. La desquamation se fait sur le nez et le visage. Soir : T. 39°.

Le 14. — Epaule droite plus douloureuse. Pas d’albumine dans les urines, qui, examinées chaque jour, n’en ontjamais contenu. Soir : T. 38°, 7.

Le 15. — La malade se plaint de vertiges, d’étourdissements. Léger prolongement du premier bruit à la base. Depuis deux jours, sueurs plus abondantes. La rougeur a presque complètement disparu. La desqua nation se fait sur le ventre, on trouve de grosses bulles. Soir : T. 38°, 5.

Le 16. — Persistance des douleurs. Le bruit de souffle cardiaque n’a pas augmenté. Soir : T. 38°, 4.

Le 17. — Desquamation presque complète. Plus de douleurs articulaires. La malade a rendu plus de deux litres d’urine. Soir : T. 37», 4.

Le 17. — La desquamation est presque complète. La malade se plaint toujours d'avoir la vue trouble. Exeat. T. 37°, 2.

11 faut noter que cette malade a eu, il y a deux ou trois ans, des douleurs rhumatismales dans l’épaule gauche qui l’ont obligée à garder le lit quatre ou cinq jours. Il n’y a pas d’antécédents rhumatismaux dans la famille. Elle n’a jamais été malade après ses autres accouchements. Elle a eu il y a huit ans des fièvres inlermitlenles, en Afrique, qui ont duré quatre ans. Enfin elle a eu une pneumonie il y a deux ans.

Observation (de Iluchard)

(Recueillie par M. Iluchard et tirée de la thèse de M. Collinot). Scarlatine consécutive à l’accouchement. — Endocardite. — Douleurs rhumatoïdes. — Guérison.

Isabelle V..., âgée de 22 ans, domestique, entre le 26 mors 1870, salle Sainlc-Gei.eviève, r.°33, l.ôpilal Lariboisière (service de M. Desnos).

Antécédents. — La malade déclare qu’elle a eu à 13 ans 1/2 un rhumatisme arliculaire aigu, pour lequel elle fut obligée de garder longlemps le lit. Dans son enfance, pas d’aulie maladie, si ce n’est la rougeole. Sa mère a, dit-elle, fréquemment des douleurs dans les jointures, mois elles ne l’ont jamais forcée de garder le lit.

Primipare, elle est accouchée le 3 avril sans accident. Trois ou quatre jours avant son accouchement elle a eu mal à la gorge.

Le 4 avril. — Angine plus accusée. Amygdales rouges, tuméfiées, toute l’arrière-gorge est le sièce d'une rougeur très accentuée. On constate sur l’abdomen et aussi sur la poitrine une éruption qui présente tout à fait le caractère scarlatineux avec pointillé très manifeste. Au dos l’éruption n’existe pas. T. ax. 39°. P. 92.

Cataplasme sur le ventre ; lavement au miel de mercuriale.

Le 5. — T. 38°, 6. P. 88.

A la visite du soir, la malade se plaint d’une douleur dans l'abdomen adroite, exaspérée parla toux, par les mouvements et surtout par une pression profonde. Le ventre est ballonné, résonnance tympanique. La rougeur scarlatineuse a beaucoup pâli dans les points où elle avait été constatée. La malade déclare alors que l’éruption avait apparu le malin meme de l’ac-

couchemcnt. A l’auscultalion des poumons on n’enlend que quelques râles dans la poitrine.. Au cœur, on trouve à la pointe un bruit de souffle léger au premier temps. Le timbre du souffle, l’absence des troubles fonclionnelsdépendant d’une affection cardiaque, indiquent bien que nous avons affaire ici à une maladie récente. Soir: T. 40°, 1. P. 128.

Le 7. — La langue est très rouge, dépouillée de son épithélium. Le fond de la gorge est encoreun peu rouge, les amygdales ont conservé leur volume exagéré. Le ventre est moins douloureux. T. 38°, 8. P. 90. Soir : T. 39°, 2. P. 124.

Le 8. — La malade se plaint, à la visite du malin, de l’impossibilité de remuer la main droite ; la douleur est très vive quand on veut lui faire exécuter quelques mouvements. Pas de tuméfaction.

Le 9. — La douleur n’a pas diminué dans la main droite. Les mouvements du bras déterminent aussi de la douleur dans le coude et l'épaule. Au cœur, le souffle a diminué d’intensité. L’éruption scarlatineuse a complètement disparu. L’abdomen toujours tympanisé n’est presque plus douloureux. T. 38°. P. 108. Soir: T. 38°, 5. P. 108.

Le 10. — T. 38°. P. 92. Soir: T. 38°, 8. P. 104.

Le 11. — La malade n’a plus ressenti que quelques légères douleurs dans le coude et dans l'épaule, les mouvements de la main sont plus libres. Desquamation en plaques sur l’abdomen, les mains et la face.

Le 12. — T. 37°. P. 88.

Le 19. — La malade, complètement guérie, part pour le Vésinet. Au cœur, le souffle qui a diminué d’intensité persiste encore.

Observation (de Dance)

(Tirée du mémoire de Dance, Archives de médecine, lr« série, t. XXIII. Elle y figure sous le litre d’observation XIV). Scarlatine après l’accouchement. — Ataxie. — Quatre saignées. —

Guérison.

Une femme, âgée de 24 ans, accouche à terme de son premier enfant, le 7 mars 1825 à l’hospice de la Maternité.

L’accouchement est naturel. La mère ne nourrit point.

Au bout de cinq jours, elle quille la Maternité, se trouvant assez bien ; mais de retour chez elle, elle est prise de courbature, de lassitude générale, de mal de gorge, et d’enrouement. Les lochies se supprimèrent. On applique quinze sangsues à la vulve.

Les jours suivants, la peau devient rouge, la malade éprouve un peu de délire: enfin elle est reçue à l’Hôtel-Dieu le 13 dans l’état suivant :

Face colorée, parole brusque comme dans l’imminence du délire, mamelles à moitié flétries ; lochies presque nulles. Quelques restes de rougeurs sur la peau, manifestes surtout à la paroi inférieure du ventre; langue d’un rouge de feu, mamelonnée à la pointe et demi-sèche ; soif, enrouement, douleur pendant la déglutition, fréquence du pouls.

Saignée: On retire deux palettes de sang très couenneux. Pendant la nuit, agitation et délire qui nécessitent l’emploi de la chemise de force.

Le 16. — Moins d’agitation; cependant les idées ne sont pas entièrement saines; les rougeurs de la peau disparaissent, çà et là on aperçoit quelques traces de desquamation. Deuxième saignée.

Le soir, troisième saignée, motivée par le retour du délire, la fréquence et la dureté du pouls.

Le 17. — Amendement, cessation du délire, moins de fièvre, retour des lochies, persistance delà rougeur à la langue, gène constante de la déglutition ; le soir, redoublement des accidents cérébraux, fièvre très vive.

Quatrième saignée. Dès ce jour, l'amélioration s’établit et devient progressive, cessation de la fièvre, la langue devient humide et perd de sa vive rougeur.

Le 21. — Descpiamation furfuracée de l’épiderme du cou, du tronc, des membres; plus tord, douleur à la plante des pieds, dont l’épiderme se décolle largement en forme de semelle.

Le 1er avril. — Convalescence et sortie de la malade, de l’hôpital; à cette époque, l’épiderme de la plante des pieds n’était pas encore tombé, mais il n’y avait plus aucun accident.

Observation de (Champelier de Ribes)

(Recueillie et communiquée par le docteur Champetier de Ribes). Rougeoleaprès l’accouchement. — Éruptionssuccessives. — Guérison.

J..., 22 ans, entre le 3 mars 1878 à la Maternité, service de M. Tarnier, pavillon n° 8.

Grossesse normale, travail régulier, accouchement normal, le 3 mars; sommet O. I. G. P. Délivrance naturelle.

Le 6 mars. — Montée du lait.

Le 8. — Céphalalgie, la malade n’a pas dormi la nuit dernière, pas d’appétit, léger larmoiement. T. 38°, 6.

Le 9. — Mal de tête vif ; les lochies sont fétides. T. 40°, 3.

Le 10. — Diarrhée, moins de céphalalgie. T. 40°, S.

Même état jusqu’au 1 S, l’utérus revient sur lui-même et la température redescend à la normale. Le mal de tête est moins accentué, et la peau redevient fraîche.

Le 16. — Rétention d’urine, maux de tête, larmoiement, coryza, rien sur la peau. T. 38°, 4.“

Le 17. — Peau chaude, l’ulérus est revenu dansi’excavation, la miction est naturelle. T. 38°.

Le 18. — Même état. Malin : T. 38°. Soir : 48°.

Le 19. — On remarque sur toute la surface du corps une éruption à caractères différents, à la figure, au tronc et aux membres.

A la face: l’éruption est confluente, elle occupe les joues, le front, le menton ; elle est constituée par des taches rouges formant une légère élevure appréciable au doigt ; elles sont irrégulières, tantôt rouges, tanlôt sombres, et présentent l’aspect rubéolique. Les yeux ne sont pas injectés, il n’y a pas de photophobie, pas de larmoiement.

Sur le tronc, notamment sur la poitrine, les taches en se réunissant forment des ilôts irréguliers ressemblant absolument à ceux de la rougeole.

Sur le ventre : que'ques grandes marbrures.

Au niveau des membres: taches arrondies, isolées, rouges et sombres, elles sont très rapprochées du rouge pur intense sur certaines parties, plus foncées et plus larges vers la racine des membres, et surtout au niveau des plis de l’aine.

La malade tousse, mais il n'y a pas de râles dans la poitrine. Coliques intestinales. T. 38°, 6. Soir : 39°, 4.

Le soir, on constate sur les avant-bras de nouvelles taches d’un rose clair. Toux. Transpiration abondante.

Le 20. — Taches moins colorées à la face, plus foncéesà la poitrine, plus nombreuses et plus sombres aux brus et aux jambes. Peau chaude, langue en bon état. Appétit nul. La toux persiste. Le soir, l’éruption semble s’éteindre. T. 38°. Soir : 39°, 4.

Le 21. — L’éruption est presque nulle à la face, à la poitrine, au dos, aux membres supérieurs, les taches sont très manifestes et plus abondantes aux membres inférieurs. La peau est chaude, la langue saburrale. Transpiration abondante. Toux (quelques

râles dans les poumons). Desquamation furl'uracée par places, sur le visage. T. 38°. Soir : 39°.

Le 22. — L’éruption est disparue presque partout, même aux membres inférieurs ; la desquamation par petite poussière fine commence à se produire sur toute la partie supérieure du tronc.

Signes de bronchite. T. 39°.

Rien du côté du ventre. Un frisson léger dans la journée.

Le 23. — L’éruption est entièrement disparue; ladesquamalion commence sur les jambes. T. 39°.

Pas de modifications jusqu’au 28, la température revient à la normale.

Le 29. — Nouvelle éruption sur la poitrine, Icslachcssont du même aspect que dans la première éruption, pourtant un peu moins nombreuses et moins colorées.

Langue humide, transpiration.

Rien à la gorge, mais encore des râles sous-crépitants dans la poitrine.

Le soir, quelques taches sur la face. T. 39°.

Le 30. — L’éruption s’étend et prend encore l’apparence rubéolique. Larmoiement et toux fréquente.

Le soir, elle augmente encore d’intensité, et gagne les membres supérieurs. T. 38°. Soir : 39°, 4.

L’éruption est presque totalement nulle le 3 avril, cl l’état général est amélioré. La desquamation se reproduit.

Le 6 avril. — Troisième éruption moins vive que les précédentes, sur la face, les bras el les jambes. Pas de larmoiement. T. 37o,4. Soir: 39o,6.

Elle disparaît le lendemain, et ne donne pas beu à de la desquamation, la température s’abaisse de nouveau les jours suivants, et la bronchite double, après quelques jours d’acuité, passe définitivement à la résolution. La malade, guérie, part pour le Yésinet le 20 avril.

L’enfant n’a pas eu d’éruption semblable à celle de la mère, mais il est alhrepsique et est envoyé aux Enfants-Assistés.

Observation (de Sieffermann)

(Tirée de la thèse de M. Sieffermann, de Strasbourg). Septicémie puerpérale. — Érythème. — Miliaire. — Mort. — Périmétrite, métrite, péritonite.

S... (Marguerite), de Hardenbourg (Bavière-Rhénane), servante à Griesheim, petite, de constitution délicate, tempérament lymphatique, n’a marché qu’à 7 ans. Penlantsa jeunesse, oplithalmies. Entrée à la clinique le 19 octobre 1860 (service du professeur Stollz), primipare.

Le 4 novembre. — L’accouchement spontané et à terme ne pouvant avoir lieu (rétrécissement considérable du bassin), après un essai d’accouchement prématuré, sans succès, ou fait la céphalotripsie ; l’opération fut terminée par l’extraction avec le forceps ordinaire.

Une heure après que lout fut terminé, la malade revint à elle, ignorant complètement qu’elle fût délivrée. Injections intra-utérines. Bouillon.

A neuf heures du soir, calme, pas de douleurs. Pouls 100.

Le5. — Nuit bonne. Peau chaude, lèvres et langue sèches, pouls à 120. Ventre méléorisé, vessie considérablement distendue. Utérus incliné à droite, fond au-dessus de l’ombilic. Ecoulement vaginal abondant, mais séreux. Injections vaginales. Cathétérisme. Cataplasmes. Limonade larlrique.

Le 6. — Insomnie, chaleur brûlante. Pas de douleur spontanés dans le ventre. Le matin, hébétude, visage pâle, langue sèche et rouge, comme brûlée au centre. Chaleur considérable, pouls 120, assez développé, très dépressible. Respiration fréquente (36) ; ventre ballonné, peu sensible à la pression. Utérus encore gros. Selles involontaires.

Le 7. — Môme état général. La diarrhée persiste. Point de lochies. Les seins sont peu gonflés. Pas de frissons. Même traitement.

Le 8. — Diarrhée, fièvre le soir, animation, réponses nettes.

Le 9. — Douleurs dans les jambes, bourdonnements d’oreilles. Œdème et plaques gangréneuses sur les grandes lèvres.

Vésicatoire sur le ventre. Injections chlorurées. Poudre de quinquina. Potion avec extrait de quinquina, 0, 10 centig. Frictions mercurielles.

Le 12. — Même état. Somnolence. Eschares plus étendues des parties génitales. Ulcérations au-dessous. On supprime l’opium.

Pendant la journée, prostration, délire. Peau brûlante, pouls filiforme, respiration rapide (36) ; réponses presque inintelligibles. Pas de douleurs.

Le 14. — Alternatives de somnolence et de subdélire. Ventre moins météorisé, couvert d’un érythème rouge qui s’étend aux cuisses et jusqu’aux genoux. Eschares étendues des parties génitales fortement œdématiées. Excoriations du sacrum. Amaigrissement considérable. Selles involontaires.

Le 15. — CoIIapsus général, physionomie exprimant la souffrance, yeux fermés, nez pulvérulent, bouche béante, sèche, fuligineuse ; respiration courte, précipitée, soubresauts des tendons; pouls accéléré, mais régulier. Ventre élevé, très douloureux au moindre attouchement.

Toute la surface du corps est couverte d’une éruption miliaire.

Mort à midi.

Autopsie' — A l’aspect extérieur du cadavre, on trouve une éruption pointillée, rouge, violacée, très abondante, et dans beaucoup d’endroits confluente, plus abondante sur le dos et à

la face externe des mamelles. Au bras et au cou : papules pâles.

Quant aux lésions viscérales : Endométrite, péritonite.

Observation I (de Stones)

Puerpéral scarlatina.

Brilish med. journ., 1881.

Le 9 mai 1879, Mmo D. B..., primipare, accouche d’un enfant mâle, forceps pour ramener l’occiput en avant. Le lendemain à 5 heures nausées, vomissements, et malaise très accentué, maux de tête violents. Lavements vaginaux avec le liquide de Gondy toutes les heures, nuit sans sommeil et dans l’agitation, le lendemain mal de gorge et éruption sur le cou et la poitrine, face très rouge. Je soupçonnais la scarlatine qui était très fréquente à ce moment. Je demandais à mon collègue, le Dr Johnston of Purtonn de voir avec moi cette malade, et il conclut comme moi à l’existence d’une scarlatine : on donne toutes les 4 heures une cuillerée de thé d’acétate d’ammoniaque, champagne soda water, on continue les injections vaginales et utérines.

Le jour suivant, l’éruption était typique, langue framboisée, le casse termine heureusement, le huitième jour de la maladie, desquamation abondante, qui se termina avant la fin du mois.

Observation II (de Stones)

Plusieurs années avant ce premier cas j’ai vu une autre malade prise de scarlatine dans les mêmes conditions et dont je vais donner l'observation sommaire.

Mme C. D., femme d’un paysan, accouche heureusement de son sixième enfant; à ce moment 3 de ses enfants étaient atteints de carlatine, qui sévissait alors dans le voisinage, la maladie s’était

montrée bcnigne chez ces enfants et la mère n’avait nulle crainte sur leur sort ; pendant deux jours la mère alla bien, mais le troisième lympanite abdominale, ventre douloureux, mal de gorge, suppression des lochies et mort rapide, sans que l’éruption fut apparue.

R. — Stones, malgré le manque d’éruption, croit à la scarlatine à cause des autécédents.

Observation (de Burgess)

Scarlet fevev in ils relations to thc puerpéral stale ( The lancel, 1883

août, p.326).

Le 20 novembre 1882 Mmo A..., âgéede 22 ans, résidant provisoirement dans un colageisoléau milieu d’une population clairsemée, accouche d’un premier enfant. Travaillent terminé par le forceps ; enfant mort-rié. La mère se porta bien jusqu’au 25 novembre, jour où elle a un peu de fièvre. T. 102 farenheit et léger rash sur les parties supérieures du corps qui devint manifestement scarlatineux, évolua comme les éruptions de ce genre et se termina par une desquamation franche. Tout semblait marcher vers le mieux, quand le 29 l’état général empira, le ventre se tympanisa et devint douloureux, la fièvre s’éleva à un chiffre plus élevé, l’intelligence s'obscurcit. 11 y eut une rémission ,mais les phénomènes typhoïdes (abattement, prostration des traits subdélirium, langue grillée), n’en continuèrent pas moins. Mort le 3 décembre, 15 jours après l’accouchement. D’où venail celte scarlatine? Il n’y en avait pas dans le voisinage, mais on apprit que les hôtes antérieurs du cottage avaient tous eu la scarlatine, et le mobilier, notamment le lit, n’avait pas subi une désinfection suffisante.

Observation II (de Burgers)

M. G..., fille-mère, primipare, accouchement prématuré, accouche dans une maison située à 7 milles du cottage dont nous venons de parler. 11 n’y avait pas eu de scarlatine depuis longtemps dans ce village. Elle accouche le 2 novembre. Le 3, à 1 1 heures, malaise auquel on ne prôLe pas attention. Le 4, fièvre intense avec prostration, diarrhée intense. Le b, mal de gorge violent état fébrile toujours très accentué. Le 6, on m’appelle auprès d’elle, mal de gorge très notable, fièvre élevée, pas de rash. Le 8, aggravation de l’état général, éruption scarlatineuse d’un rouge sombre, ventre tympaniséet douloureux. La semaine suivante, la malade resta dans cet état, sauf qu’il se produisit une desquamation très marquée. Urine normale en quantité, mais légèrement albumineuse. La diarrhée cessa et même fut remplacée par une constipation qu’on dut combattre par les moyens ordinaires. Pendant tout le temps le ventre resta douloureux. Le 16, phénomènes pleurétiques du côté gauche avec point de côté assez intense. Le 21, phénomènes d’engouement hyposlatique très marqués; la respiration est très gênée par les lésions pulmonaires et le développement du ventre. Mort le 22 par épuisement. Sa jeune sœur contracte en la soignant une scarlatine qui se termina heureusement.

Observation (de Cummins)

Case of puerperul scarlatina willi hyperpyrexia hydrotherapeutic treatment successfull used (British médical journal, 1884, p. 760).

Mmo C..., jeune femme, mère de 3 enfants, accouche rapidement d’un quatrième enfant le 23 décembre dernier. Bon étal général jusqu’au 26, jour où il se déclare un peu de fièvre et où les

lochies commencent à sentir, néanmoins la sécrétion mammaire était très abondante et le ventre, ainsi que la cavité pelvienne, ne présentaient rien d’anormal. Le 30, T. 103, pouls faible, rapide; éruption scarlatineuse sur la peau, mais pas de mal de gorge ni de langue scarlatineuse.

31 décembre. — Éruption scarlatineuse très marquée, langue caratérislique ; mais pas de mal de gorge ; pouls très rapide sep. T. 40, lait diminue, lochies peu abondantes et sentent un peu; ventre un peu ballonné, mais pas douloureux, pas de mal de gorge.

2 janvier. — L’état général a empiré et comme la température augmentait sans cesse malgré le sulfate de quinine, on appliqua sur la malade des linges trempés dans l’eau froide et laissés seulement quelques minutes sur la peau pour éviter réchauffement; on continua ce traitement sans interruption pendant deux heures jusqu’à ce que la température tombe à 39. La malade fut replacée dans son lit ; elle s’y assoupit et passa une bonne nuit. Comme la température s’augmentait, sulfate de quinine. La nuit suivante la température devenant alarmante on recourt au bain, qui ne produit pas d’aussi bons résultats que la première fois, maux d’estomac pendant plusieurs heures, T. 102 farenheit. Je prescris 3 grains de sulfate de quinine pendant 10 jours ; on alterne la quinine avec la digitaline, le lait et l’alcool, peu à peu convalescence. La desquamation fut excessive, l’absence de mal de gorge me fit songer à la possibilité d’une fièvre puerpérale scarlatiniforme, d’autant plus que bien que la scarlatine sévit à ce moment à Corck on ne pouvait remonter à une cause quelconque de contagion; mais c’était bien la scarlatine, car un des enfants de la malade qui allait et venait dans la chambre de la malade, contracta la maladie.

Observation (d’Arctander)

M/jcskrift for logée, quatorzième volume, et Centrallblat fur gynécologie, 1887, p. 492.

Une femme de 28 ans, qui était accouchée depuis deux jours eut un violent frisson avec malaise général, douleurs dans le ventre ; quatre jours après, j’examine la malade pour la première fois, elle était couverte d’un érythème scarlatineux très abondant et caractéristique, mais pas d’angine. Utérus sensible, lochies fétides, fièvre élevée. Au bout de trois semaines, l’état général devenu plus satisfaisant se termina par guérison. Pas d’angine pendant tout ce temps, pas de néphrite, mais stomatite caractéristique et desquamation très abondante. Il y avait eu plusieurs cas de scarlatine dans son entourage d’abord sur sa sœur, puis sur l’enfant de celle-ci.

Observation I (de Léopold Meyer)

Ubcr Scharlach bel Wocherennen. Zeitschrift für gynœcologie und Obstclric, 1888, -l.p. 259.

Tripare de 26 ans, syphilis il y a trois ans ; admise le 31 décembre chez une famille agréée et accouche une heure plus tard d’un enfant né avant terme et macéré. Couches normales. El'e se lève le septième jour, tout en se plaignant de maux de gorge, de nausées et d’un malaise général, trois jours après (dix jours après sa couche), éruption scarlatineuse typique sur tout le corps. Angine pullacée très marquée, qui disparaît le 14 janvier. Dans le poignet gauche et dans le membre inférieur droit, tuméfaction articulaire douloureuse.

Guérison complète le 20 février 52 jours après son accouchement.

Observation II (de Léopold Meyer).

Primipare de 20 ans, reçue le 7 janvier à la clinique, accouche deux heures après d’un enfant né 6 semaines avant terme, clic raconte avoir eu la scarlatine. 5 jours après son accouchement frissons, malaise général. T. rr 38u,8, lochies séreuses, le septième jour exanthème scarlatineux typique, il n’y a rien eu jusqu’ici du côté des organes génitaux. Angine insignifiante. Du 20 au 21, quelques tuméfactions articulaires peu marquées, le 10 mars on renvoie la malade guérie.

Observation III (de Léopold Meyer)

Tripare de 29 ans. Accouche le 24 janvier chez une famille agréée. Travail normal ; le septième jour de son admission malaise, le huitième jour exanthème scarlatineux manifeste et température très élevée, légère angine pultacée, le 17. Mais on renvoie la femme guérie 52 jours après sa couche. Son enfant ayant eu un abcès du scrotum, mourut de l’érysipèle après l’incision.

Observation IV (de Léopold Meyer)

Tripare, âgée de 24 ans, envoyée le 6 février 1886 chez une famille agréée, où elle accouche une heure après ; le 14, la malade va à l’hospice des convalescents 5 jours, plus tard maux de lêLe, malaise général, maux dégorgé; 2 jours après (le 21 février) exanthème scarlatineux typique, l’angine augmente ; elle est de moyenne intensité. Du 22 au 27 février, légères manifestations articulaires, le 28, desquamation. On renvoie la malade complètement guérie le l°r mai. Enfant renvoyé en bon état.

Observation Y (de Léopold Meyer)

Primipare de 25 ans; acceptée le 26 juin à la clinique, accouche deux heures après. Travail normal, mais on dut terminer artificiellement l’accouchement avec la main à cause de la rétention du placenta ; le lendemain frissons, malaise, augmentation de la température. Injection intra-utérine, qu’on continue le lendemain en présence du mauvais état général. 84 heures après l'accouchement T. 39°, 3 : exanLhème scarlatineux typique très étendu, légère angine, langue framboisée; on évacue la malade à cause de l’épidémie de fièvre scarlatineuse. Le 1er juillet, douleurs articulaires, qui s’accompagnent de douleurs dans la région précordiale, cependant rien d’anormal au cœur; le 5 juillet, la fièvre tombe et reprend ensuite à cause de la recrudescence des manifestations articulaires. Le 25 août on renvoie la malade complètement guérie. Enfant bien portant, bien qu’il eut, après la suppression du lait chez sa mère, télé une autre scarlatineuse.

Observation VI (de Léopold Meyer)

25 ans, bipare, accouche chez elle d’un enfant bien portant, travail normal. Le 23, elle entre à l’hôpital des maladies contagieuses à cause des maux de tête, d’angine qui s’empirent beaucoup les trois premiers jours suivants. Le jour de son entrée exanthème scarlatineux, dont elle ignore la source. Angine modérée, le lendemain de son entrée la fièvre est tombée ; la sécrétion lactée est supprimée le 12, abcès du sein qu’on incise. — Le 20, traces d’albumine dans l’urine, qui disparaissent complètement 8 jours plus lard. Envoyée guérie le 16 février, 90 jours après son accouchement.

Observation VIL (de Léopold Meyer)

Primipare de 21 ans, fille publique entrée à l’hôpital vénérien pour des condylomes ; n’a jamais eu la s/i hilis. Le 3 décembre on l’admet à la clinique, où elle met au monde un enfant de 7 mois, macéré, suites normales Pendant 9 jours la plus haute lem" pérature a été 37 ',7, mais le neuvième jour de ses couches malaise, et le lendemain on trouve sur le ventre un exanthème scarlatineux, pas de maux de gorge. Elle retourne à l’hôpital des vénériens, où on reconnaît une scarlatine le douzième jour après son accouchement, métrorrhagie mais sans rien d’anormal du côté des organes génitaux externes peu de jours après douleurs violentes dans les hanches, qui résistent à l’iodure de K. mais cèdent au salycilate de soude le quarantième jour, trace d’albumine et de sang dans l’urine. Renvoyée guérie le 14 février, 74 jours après son accouchement.

Observation VIII (de Léopold Meyer)

Bipare, 27 ans, envoyée le 24 mars'1887 à 7 heures du soir dans une famille agrée où elle accouche 3 quarts d’heures plus tard. Bon état général pendantles 3 premiers jours. Le 4, malin fièvre céphalalgie, léger exanthème scarlatineux, pour lequel on l’isole aussitôt à l’hôpital des maladies contagieuses. La marche fut assez favorable pendant tout le cours de l’affection. Rien d’anormal du côté des organes génitaux, sauf une petite déchirure périnérale qui se recouvrit d’un enduit grisâtre. Du vingt-quatrième au vingt-sixième jour, légère albuminurie, abcès du sein gauche qui est incisé le trente-troisième jour. Le 8 mai, 65 jours après l’accouchement elle quitte l’hôpital guérie.

Enfant nourri au biberon, parce que la mère n’avait pas de lait, forte -desquamation, mais que rien ne caractérise. Quitte l’hôpital bien portant, avec sa mère.

Observation IX (de Léopold Meyer)

Primipare de 21 ans, accouche chez elle le 25 juin 1882. Le 27 maux de tâte, frissons, vomissements, diarrhée. Elle entre à l’hôpital des maladies contagieuses. Le jour de son admission, douleurs de gorge, exanthème, on ne sait rien sur le mode d’infection, l’angine est légère. L’élévation de température persisLa jusqu’au 13 juillet, entretenue vraisemblablement par des arthrites successives assez graves, qui commencèrent à partir du 1er juillet et durèrent jusqu’au 15. Rien du côté des organes génitaux, sauf quelques petites excoriations recouvertes d’un enduit jaunâtre.

Le 17 août, 53 jours après son accouchement, elle quille l’hôpital guérie. — L’enfant n’était point venu avec elle.

Observation X (de Léopold Meyer)

Primipare de 22 ans, quelques incommodités les derniers jours de sa grossesse, notamment de la cardialgie et des vomissements. Le 18 janvier 1887 on l'envoie dans une famille agréée où elle accouche à 7 heures du soir d’un enfant né de 3 à 4 semaines avant terme. Bonne nuit, mais le lendemain à midi, nausées, vomissements et forte diarrhée. Le lendemain 60 heures après l’accouchement, érythème scarlatineux avec dysphagie. On l’isole le 21 janvier 1887 dans l’hôpital des maladiesconlagieuses, légère angine dépôts grisâtre, sur une petite déchirure périnéale, sur la petite lèvre gauche et une bonne partie du vagin. Le quatrième joui-, 8 jours après l’accouchement, plaque blanchâtre sur la partie droite de la vulve d’une étendue de 7 centimètres carrés. 3 jours plus tard, la plaque diminue et l’ulcération se nettoie. Rien d’anormal du côté des organes génitaux, la malade eut une température fébrile modérée jusqu’au onzième jour de son

accouchement, elle n’eût plus de fièvre, mais le lendemain la température remonte à 41° à la suite d’arthrite aux deux genoux puis il se produit une légère pleurésie qui dura jusqu’au trentedeuxième jour. Elle quitte l’hôpital guérie le 12 mars, 53 jours, après l’accouchement. L’enfant fut alimenté par une nourrice, la mère n’ayant pas assez de lait. Il quitte l’hôpital avec cjlle-ci 11 était bien portant.

Observation XI (Léopold Meyer)

Primipare, âgée de 19 ans. Envoyée le 14 août 1880 à 2 heures de l’après-dîner chez une famille agréée. Accouchement 10 heures plus tard. Bon état général pendant les deux premiers jours, puis est atteinte après de céphalalgie, nausées. Dans la jiuiL du 3 au 4, exanthème scarlatineux typique, on l’envoie en conséquence à l’hôpital des maladies contagieuses, légère angine. Involulion lente de l’utérus, ulcérations malpropres à la vulve, la fièvre disparaît le 3 septembre seulement, sans qu’il ait été possible de reconnaître la longue durée de la surélévation de la température, qui atteignit 40°, 1 comme point maximum. Le vingtième de la maladie il se produisit sur le corps une éruption composée de petits points rouges très rapprochés les uns des autres mélangés à de petites pustules de la grosseur d’un grain de millet à une lentille. Le vingt-uniôme jour de la maladie traces d’albumine dans l’urine.

Elle quitte guérie l’hôpital le 13 octobre c’est-à-dire 59 jours après le début de sa maladie. Son enfant ne contracta aucun mal et souffril seulement de quelques troubles digestifs.

Observation XII (de Léopold Meyer).

Primipare, âgée de 16 ans. Reçue le 8 novembre 1886 à 6 heures 1/2 de l’après-midi à la Maternité, où elle accouche deux

heures plus tard. Etat général satisfaisant jusqu’au quatrième jour, à ce moment céphalalgie et nausée. T. le soir est de 40° au niveau de l’aisselle, la malade vomit deux lois pendant la nuit le cinquième jour. T. 38°, 8 sur tout le corps est apparu un exanthème scarlatineux typique. On l’isole le 12 novembre à l’hôpital des maladies contagieuses, légère angine. Ulcérations sanieuses au niveau de la vulve. Ventre et utérus légèrement sensibles à la pression, mais on ne découvre aucune complication inflammatoire du côté des organes génitaux. Température surélevée pendant de longs jours avec oscillations fréquentes. Ce n’est que le vingt-unième jour après l’accouchement que la fièvre disparait, la température la plus élevée a été de 41°, 8 le huitième jour de l’accouchement, le quinzième jour p. p. la température revient à 41° sans cause appréciable, le vingt-huitième jour p. p. léger engorgement des seins, qu’on ouvre 6 jours après. Elle quitte guérie l’hôpital le 19 janvier, c’est-à-dire 73 jours après son accouchement.

Observation XIII (de Léopold Meyer)

Primipare de 19 ans ; reçue à la Maternité le 26 décembre 1886 à midi ; accouche 8heuresaprès. On réunit par la suture une petite déchirure du périnée, qui s’était produite pendant l’accouchement. Etat général excellent jusqu’au sixième jour, où l’on enlève la suLure. Le soir 40° dans l’aisselle, rien cependant du côté des organes génitaux. La température se maintient entre 39 et 40°. Le huitième jour après l’accouchement exanthème scarlatineux caractéristique répandu sur tout le corps ; le lendemain on l’envoie à l’hôpital de maladies contagieuses, le jour même la fièvre disparaît pour se reproduire le seizième jour après l’accouchement sans cause apparente, car il n’y avait rien du côté des organes génitaux. Excoriations vulvaires et vagi-

nales recouvertes d’un enduit grisâtre, la température redevint le lendemain normale, après irrigations vaginales, qui sonlcontinuées. Du 20 au 24 p. p., nouvelle élévation de température toujours sans causes apparentes, légères hémorrhagies utérines, qui cèdent le 26 à une injection intra-utérine. 39 jours après l’accouchement petit abcès du sein guéri par l’incision : du 19 au 25, angine phlegmoneuse. Le 16 mars, 81 jours après l’accouchement, elle quitte l'hôpital guérie.

Observation XIV (de Léopold Meyer)

Le lor mars 1886, à 11 heures du soir, on envoie dans une famille agréée une primipare de 19 ans, écoulement prématuré des eaux. Travail lent, écoulement de méconium, on achève l’accouchement le lendemain 2 mars, à l’aide du forceps, et on relire un enfant vivant. Déchirure périnéale réunie par deux points de suture. Etat général satisfaisant jusqu’au quatrième jour après l’accouchement où surviennent de la fièvre et de la sensibilité abdominale. Le lendemain on trouve sur tout le corps un exanthème scarlatineux intense, angine légère, mais langue nettement framboisée. Le 7 mars, c’est-à-dire le même jour, où l’on vit l’exanthème on l’envoie à l’hôpital des maladies contagieuses, où l’on découvre un empâtement inflammatoire dans la fosse iliaque gauche. Lochies fétides du quinzième au vingtième jour après l’accouchement, fièvre très légère, application d’un moxa au niveau de l’empâtement du quatorzième au vingtième jour après l’accouchement. T. normale du 22 au 31. T. oscille entre 38 et 39°, légères attaques rhumatismales du côté des articulations. Le huitième jour après l’accouchement attaque d’urticaire, peu de jours après l’entrée à l’hôpital des maladies contagieuses, cystite qui n’est pas complètement guérie au vingt-huitième jour, et qui ne disparaît totalement qu’au cinquante-sixième jour, on

la renvoie guérie le 17 juin, 102 jours après son accouchement. On envoie l’enfant en nourrice le 24 avril, la femme n’ayant pas de lait, cet enfant s’est toujours bien porté.

Observation XV (de Léopold Meyer)

On reçoit le 11 mars 1886 à 10 heures du soir à la Maternité une primipare âgée de 19 ans, qui accouche 3 heures plus tard. Etat général salis faisant jusqu’au 18 mars (7 jours 1 pp.2)où la température axillaire monte à 39°, 2 le matin et à 40°, 7 le soir ; le lendemain malin elle est de 38°, 3, rien d’anormal du côté des organes génitaux. T. le soir 39°, 8 le lendemain 20 mars T. le malin 38°, 1, on aperçoit sur tout le corps un exanthème scarlalineux lypique ; on envoie aussitôt la malade à l’hôpital des maladies contagieuses. Mais l’involution conlinue à se faire normalement jusqu’au onzième jour après l’accouchement où les lochies deviennent fétides ; il se produisit en même temps de la sensibilité à la pression au niveau de l’utérus ; cependant on ne trouve rien d’anormal du côté de l’utérus, le lendemain on découvre un empâtement inflammatoire dans la fosse iliaque gauche, pour lequel on applique un vésicatoire, deux jours après érysipèle de la face, otite, puis récidive les jours suivanlsde l’érysipèle. En outre, on a constaté, onze jours après l’accouchement l’existence d’une néphrite : pendant ce temps l’empâlement disparut el le cent-quatrièmejour après son accouchement la malade put quitter enfin le lit, légère angine, à cause des complications signalé. s plus haut, la température ne redevint normale que soixante jours après son accouchement. Elle quitte guérie l’hôpital cent-qualorze jours après son accouchement le 3 juin 1886. Son enfant mourut au bout de cinq jours au milieu d’accidents fébriles qui firent penser à une scarlatine, érythème scarlatineux

indécis. M'autopsie, ictère, enLérilc folliculeuse, bronchite, bron-

chopneumonie dans la partie inférieure du poumon droit.

Observation XVI (de Léopold Meyer)

Le 17 novembre 1886, on reçoit à la Maternité, à 6 heures du soir, une secondipare, âgée de 25 ans, qui accoucha 3 h. 1/2 plus lard. Bon état général jusqu’au troisième jour, le soir de ce jour la température se lève, angoisse précordiale le lendemain, érythème scarlatineux assez intense répandu sur tout le corps. On l’envoie le 21 novembre à l’hôpital des maladies contagieuses, la maladie fut très compliquée et très lente : la température, qui au momentdeson entrée, était de 41°, chiffre maximum pendant le cours de la maladie : mais ce n’est que le vingt-quatrième jour qu’elle s’abaissa au-dessous de 39°, grâce àl’emploi combiné delà quinine et de l’antipyrine, depuis elle se maintint entre 38 et 39°, 5, mais chaque fois qu’elle semblait vouloir redevenir normale, survenait une nouvelle complication, au début rien du côté des organes génitaux ,sauf de petites excoriations vaginales et vulvaires, d’apparence grisâtre, le quinzième jour après l’accouchement empâtement dans la fosse iliaque gauche, qui disparut du reste assez rapidement, mais il survint alors un gros foyer de paramétrite à droite de l’utérus, qui s’ouvrit dans la nuit du 33 ou 34 dans le vagin, mais la plus grande partie de la masse se résorba d’elle-même. Le quarante-neuvième jour l’empâtement avait déjà bien diminué, et il était complètement disparu le soixante-sixième jour. 11 faut, en outre, noter qu’elle eut le quatorzième jour une pneumonie à gauche dont on retrouvait encore des traces le vingt-huitième jour. Le trente-huitième jour, phlegmatia alba dolens, qui prit une allure traînante, le quinzième et le seizième jour attaques rhumatismales légères sur plusieurs articulations. Mais le quarante-et-unième jour le

genou droit puis deux jours après le genou gauche sont sérieusement pris, les arthrites étaient encore présentes, le cinquanteneuvième jour. Le quarante-huitième jour, eschare fessière à droite, qui ne fut complètement guérie que le cent-douzième jour, pansement au salicylale. Le quatre-vingt-troisième jour, œdème avec exanthème papuleux aux genoux. Albuminurie du trentedeux au trente-sixième jour T. normale le soixante-onzièmejour, mais la lièvre reparut transitoirement pendant l’éclosion des arthrites, elle ne disparut définitivement que le deuxcent-dix-seplième jour, le 19 mars 1887, 122 jours après l’accouchement, la malade quitte l’hôpital guérie. L’enfant, envoyé aux Enfants Trouvés, s’est toujours bien porté.

Observation XVI (de Léopold Meyer)

Le 26 novembre 1886, à 9 heures et demie du soir, on reçoit à la Maternité une primipare de 22 ans, qui accouche une heure après. 36 heures après l’accouchement frisson et température axillaire 39°, 7, rien d’anormal du côté des organes génitaux. Le 29 nouveau frisson, la température remonte à 39°, lochies normales, le soir mal de gorge et exanthème scarlatineux, pour lequel on l’isole le lendemain dans l'hôpital des maladies contagieuses : légère angine, on découvre à la vulve et au vagin de légères excoriations d’un gris jaunâtre : le douzième jour la température redevenue normale remontre, sensibilité au niveau de l’utérus ; on sent au niveau de la fosse iliaque gauche un empâtement, inflammatoire, qui disparut, du reste, rapidement. Le dix-neuvième jour, plus de fièvre, le trente-huitième jour elle quitte son lit mais le quarante-huitième jour il y avait encore quelques traces de la desquamation.

Elle quitte l’hôpital guérie le 26 janvier, 61 jours après son accouchement, l'enfant dépérit les premiers jours à cause delà

diminution de la secrétion laiteuse chez la mère, mais il reprit avec l’usage du biberon.

Observation XVI II (de Léopold Meyer)

On envoie le 4 février 1887 dans une famille agréée une secondipare de 21 ans à 3 h. du soir. 7 heures plus tard accouchement. Bon état général jusqu’au 7 février, mais alors céphalalgie et soif. Elle dormit mal la nuit et offrit le lendemain un exanthème scarlatineux, type intense, pour lequel on l’isole le jour même à l’hôpital des maladies contagieuses. Début violent, avec température élevée, l’exanthème prend un caractère hémorrhagique, cependant il était le 13 février en train de disparaître, presque pas d’angine, rien d’anormal du côté des organes génitaux, pas de dépôts pseudo-membraneux à la vulve. T. normal le quinzième jour, mais elle recommença tout d'un coup à remonter, on découvrit alors un empâtement inflammatoire du côté de la fosse iliaquegauche, aveccoprostasis, sensibilité à la pression et le 25 plus rien, mais 10 jours plus tard il se produisit un peu de périmétrileà droite de l’utérus. Du trente-cinquième au quarante-sixième jour, légère albuminurie ; le 20 avril, 74 jours après son accouchement, elle quitte l’hôpital guérie, l’enfant dut être alimenté au biberon à cause de la diminution de la sécrétion lactée chez la mère, le cinquantième jour, croup dont il guérit du reste, de telle sorte qu’il était bièn portant lors de la sortie de la mère.

Observation XIX (de Léopold Meyer)

Le 25 février, on reçoit à la Maternité, une tripare, âgée de 23 ans. Elleaccouche 6 heures après. Le 28, frisson, élévation de la température, anorexie. Le lendemain, exanthème scarlatineux intense, marche bénigne, angine insignifiante, pas de fièvre à

partir du onzième jour ; il existait de petits dépôts pultacés sur des excoriations légères de la vulve et du vagin, comme les lochies étaient sanguinolentes depuis le début, il fallut le dixneuvième jour administrer de l’ergot et faire dans l’utérus des injections astringentes à l’alun, que rendaient difficiles l’antéversion de l’utérus. Le huitième jour, sensibilité du ventre; on découvre un empâtement inflammatoire dans la fosse iliaque droite, qui était complètement disparu le soixante-sixième jour. Le 11 mai elle quitte l’hôpital guérie, 75 jours après l’accouchement ; l’enfant demeura bien portant, il dut être nourri au biberon à cause de la diminution de la sécrétion lactée chez la mère.

Observation XX (de Léopold Meyer).

Cette observation est due à Sœrcnsen du Tictende, Hôpital, 1886, nu 23, p. 568. Sœrensen lui a donné le nom de pseudoscarlatine. Il s’agissait d’une femme de 23 ans, qui le 24 février 1885, deux jours avant son arrivée à l’hôpital était accouchée chez elle ; à son entrée elle était très affaiblie, délirante, elle était atteinte d’un érythème indéterminé, qui n’avait rien de manifestement scarlatineux. Le lendemain on l’examine sous le chloroforme parce qu’on soupçonnait une rétention partielle du placenta, mais on vit qu’il n’en était rien, quelques taches sur la vulve, mais ni fausses membranes, ni uloéralions, pas de mal de gorge. Le deuxième jour de son arrivée la malade devient ictérique, l’érythème devenu plus diffus, présentait un caractère vésiculaire. La température, qui était de 40°, baissa un peu et la malade mourut dans le collapsus.

Autopsie. — Utérus gros, mais sans rien d’anormal dans son volume, aucun dépôt sur la séreuse, rien dans le paramétrium, ovaire droit très gonflé, rouge, et renfermant des coagulas san-

guins, la muqueuse du canal cervical est ulcérée en plusieurs points, rouge, injectée, pas de pus dans les veines utérines. Ecchymoses péricardiques et pleurales, hyperhémie bronchique, œdème et conjection hypostatique des poumons, reins très malades, l’examen microscopique ne démontre pas les lésions caractéristiques de la scarlatine.

Observation XXI (Léopold Meyer).

Primipare, âgée de 26 ans, accouche chez elle le 19 octobre 1885 d’un enfant mort-né. Deux jours avant l’accouchement, fièvre, mal de gorge, douleurs dans les coudes et les genoux, exanthème sur le tronc et les extrémités, qui fit porter au médecin qui soignait la malade le diagnostic de scarlatine avec lequel elle entra 12 jours après son accouchement à l’hôpital des maladies contagieuses. Elle raconte qu’après son accouchement qui se fit tout naturellement, son état général était très bon, cependant la sécrétion lactée ne s’établit pas ; les lochies étaient un peu fétides et sanguinolentes. Douze jours après l’accouchement, douleurs dans le flanc droit, un peu de fièvre : elle entre en conséquence à l’hôpital; on remarque au moment de son arrivée qu’il existe encore quelques traces de desquamation, qui s’accentuèrent beaucoup les jours suivants. Deux jours après son entrée, nouvel exanthème sur le dos, la poitrine et les extrémités, composé de taches rouges s’effaçant à la pression, cet exanthème est surtout intense dans les endroits où la desquamation est très marquée. L’utérus est gros, mou, sensible, mais aucun engorgement inflammatoire dans le paramétrium. T. 40 à 41°, avec rémission matinale assez accentuée. Pouls 100, assez fort, l’urine jusque-là normale, contient le dix-huitième jour un peu d’albumine, de ce jour les nausées, vomissements, hoquets, indiquent l’existence d’une péritonite;

comme la fluctuation s’accentue à droite, on fait le long de l’arcade crurale droite une incision. Il en sort 3 à 400 grammes d’un liquide séro-purulent. Injections boriquées, drainage.

Cette opération resta sans influence sur l’état général ; mort le lendemain soir.

A l’autopsie : desquamation marquée sur le corps ; quantité insignifiante de sérosité dans la cavité péritonéale. Séreuse normale partout, sauf dans la cavité pelvienne où il existe des adhérences, surtout à droite, un peu de pus dans le cul-de-sac de Douglas; traces d’un phelgmon du ligament large à droite de l’utérus, dont la consistance est normale. Endométrium normal, ovaire droit très tu méfié et changé en partie en une cavité purulente. Reins gros, mous, subslance corticale tuméfiée, présentant des raies et des points blanchâtres ; pyramides brunâtres, on trouve dans les plèvres 300 grammes d’une sérosité roussâtre et trouble.

R. — On ne sait pas le sort de l’enfant, resté à la maison.

Observation XXII (de Léopold Meyer).

Primipare, de 25 ans. Reçue le 30 juin 1886 à cinq heures du soir dans une famille agréée, accouche dix heures après d’un enfant avant terme. Le lendemain malaise T. rectale = 38°, 7. Le deuxième jour après l’accouchement, T. = 40, maux de tête, nausées. Le lendemain de ce jour mal de gorgeassez intense, avec rougeur et gonflement modéré de la muqueuse pharyngienne. Le ventre, ainsi que l’utérus, étaient un peu sensibles, à la pression. Le quatrième jour de la maladie apparaît un exanthème scarlatineux très net et très étendu, on isole aussitôt la malade dans l'hôpital des maladies contagieuses. On constate que l’érythème très diffus est faible; il est surtout marqué au niveau du dos, où en trouve, en outre, de petites élevures papuleuses très

rapprochées les unes des aulrcs. Utérus volumineux et sensible, pouls rapide ; le lendemain de son entrée, l’éruption avait presque disparu, fièvre modérée, pouls petit et très fréquent. Diarrhée abondante et claire, submatité à la base du poumon gauche eschares noirâtres au niveau des excoriations de la vulve, la malade devient de plus en plus faible, l’urine contient de l’albumine, plaque éruptive au niveau du sacrum, gonflement du poignet gauche, qu’on traite par le salycilale et les applications glacées, écoulement abondant par les voies génitales, collapsus, mort.

Autopsie. — On trouve dans le ventre un litre de sérosité purulente, adhérences fibrineuses entre l’utérus et les anses intestinales voisines, la péritonite n’est marquée que dans les parties tout à fait déclives. Ulérus gros, ramolli ; muqueuse grisâtre, thrombus çà et là dans les sinus veineux, reins flasques plus violacés que d'habitude, la limite entre la substance corticale et la substance médullaire n’est pas distincte à la partie inférieure du gros intestin, ulcération qui va jusqu’à la tunique musculaire.

R. - Cette observation, placée par Léopold Meyer dans le cas de scarlatine vraie, ne nous paraît pas très probante, la marche de la maladie, la nature des lésions trouvées à l’autopsie nous feraient plutôt penser à une fièvre puerpérale avec éruption scarlatinense. Seul le mal de gorge rend la chose discutable.

Observation I (deOwen,C. Makness).

Edimburgh obstétrical transactions.

Isabelle A..., 19 ans, primipare, entre à la Maternité d’Edimbourg, le 14 août 1887, accouche d un enfant mâle ; application des forceps au détroit inférieur. Le 17 T. 38°, et apparition du

rash sur la face, le lendemain le rash s’était généralisé sur tout le corps. Le 19, le rash était moins marqué et les lochies peu abondantes, pas d’albumine dans l’urine, pas de maux de tète, pas de maux de gorge. Le 20, on l’isole dans l’hôpital des maladies contagieuses ; on observa aucun phénomène de scarlatine.

Observation II (de Owen, G. Mackness).

Marthe L..., 21 ans, secondipare, entre à la Maternité le 17 août et accouche d’un enfant mâle ; délivrance artificielle à cause d’adhérences partielles du placenta. Le 20 août, rash sur tout le corps, sauf sur la face, pas de maux de tête ni d'angine, langue normale. T. = 38°. Le 22 août, la teinte pourprée est moins distincte ; pas d'albumine dans les urines. Le 26 août, plus de lochies, l’exanthème a disparu, la femme se porte bien.

Observation III (de Owen, C. Mackness).

Christine B..., 23 ans, secondipare, entre à la Maternité le 21 août 1887, accouche d’un enfant du sexe féminin. La cicatrice d'une aneience déchirure du périné se rouvre pendant le travail. Le 24 août, un rash apparaît sur tout le corps, face rouge, yeux gonflés, pas d’albumine, lochies sentent un peu. T. = 38°. Le 23 août, le rash est peu apparent sur la face, mais mieux marqué sur les bras ; peu marqué sur le tronc et les membres inférieurs ; 26 août, rash très marqué sur l’abdomen, éruption de vésicules en cet endroit, notamment autour de l’ombilic ; pas de douleurs abdominales, pas de démangeaisons. 28 août, le rash n’existe plus que sous le bandage, il y a encore des vésicules. 29 août, plus de rash, les vésicules s’aplatissent et plusieurs se sont déjà desséchées.

Observation IV (de Owen, C. Mackness).

Mmo C..., 22 ans, entre le 4 septembre à la Maternité, où elle accouche d’un enfant mâle, travail normal. Le 10 septembre. T. = 38°, 1 , les lochies sentent mauvais. Le 12, rash sur la face et la poitrine. Le 13, plus rash.

Observation V (de Owen, C. Mackness).

Jane S..., 16 ans : primipare, entre à la Maternité le 20 septembre où elle accouche d’une fille, travail normal. Le 23, lochies, sentent mauvais, T. = 38°, 1/2, rash sur le tronc et les membres inférieurs, mais pas sur la face et les bras. Le 24, l’érythème, quia presque totalement disparu, n’existe plus que sous le bandage, pas d’albumine. Le 26, l’érythème a complètement disparu.

Observation I (de Renvers).

Zeitschrift fur gesammte medicin, 1890.

AuguslaZ..., femme d’un charpentier, 26 ans, reçue le 15 février à la Charité, dans le service de clinique, morte le 21 février 1890. Elle a eu la scarlatine et la rougeole pendant son enfance, réglée régulièrement à l’àge de 17 ans. Accouchée pour la première fois le 28 janvier 1 890, l’extraction du fœtus a été faite, par le forceps, à cause de la faiblesse des contractions utérines, qui amena une déchirure avec légère hémorrhagie.

Peu après l’accouchement, lochies fétides, malaise général, frissons suivis de périodes de chaleur. Huit jours après l’accouchement, il survient des nausées, une fièvre violente, un violent frisson, et le 10 février un exanthème, pour lequel la malade est entrée à l’hôpital, où on la reçoit avec le diagnostic de scarlatine.

Etat actuel. — Femme vigoureuse, d’une bonne constitution ; respiration accélérée, mais point gênée. Lèvres sèches, gercées; langue sèche, jaunâtre, brunâtre. Peau sèche, brûlante, couverte au niveau du tronc et des extrémités par un érythème scarlatiniforme d’intensité moyenne. La rougeur s’efface à la pression ; la figure et le cou ne présentent qu’une coloration rougeâtre assez faible, bouche et gosier normaux, pas de dysphagie. T. =40°, 6. P. 135, dicrole, mou, 40 respirations par minute, pas de phénomènes anormaux du côté du cœur ou des poumons, foie un peu gros et légèrement douloureux à la pression, pas d’appétit, soif ardente. Intelligence conservée, mais avec tendance à l’assoupissement.

Néanmoins la malade ne peut dormir, tourmentée qu’elle est par des rêvasseries continuelles, vagin béant, rouge, enflammé, déchirure, qui va près de l’anus et qui est suppurante. Utérus de la grosseur du poing, sensible à la pression. Ecorchures multiples eL livides à l’orifice externe du col, orifice interne fermé, mais donnant de temps en temps passage à des liquides fétides.

Le paramétrium est libre, mais sensible à la pression. Urine un peu trouble, légèrement albumineuse, elle contient quelques cylindres, mais pas de sang.

Traitement. — Désinfection et irrigation antiseptiques au niveau des organes génitaux. Toniques.

17 février. — T. le matin 40°, 6. P. 130. R. 30.

T. le soir 40°, b. P. 134. R. 34.

Conscience conservée, exanthème sLalionnaire, vue conservée, un peu d’excitation, insomnie; de temps en temps quelques frissons. Sueurs abondantes.

18 février. — T. le malin 40°, fi. P. 132. R. 30. T. le soir 40", 8. P. 140. R. 36. Pendant la nuit agitation, léger délire, miction etdéfécation involontaire. Le lendemain matin, conscience assez nette la malade se plaint de ressentir des douleurs dans les membres

inférieurs notamment au niveau des articulations, bien quecelleci ne paraissent point atteintes à l’exploration physique. Peau humide, l’exanthème n’est plus livide qu’hier au niveau du tronc, mais au niveau des membres il a conservé son aspect ancien. Ventre méléorisé, mais pas douloureux. Rate augmentée de volume à la palpation et à la percussion lochies abondantes eL très fétides.

19 février. — Matin T. 40°, 5. P. 124. R. 32. Soir T. 40°, 2. P. 126. R. 30, yeux à demi fermés, prestation marquée, décubilus dorsal. Miction et défécation involontaires, figure très rouge mais sans exanthème, qui est beaucoup plus prononcé sur le tronc. Nulle part il n’y a de la desquamation. Teinte iclérique de la sclérotique assez marquée, lèvres sèches, fuligineuses, langue grillée, noirâtre, odeur fade de l’haleine, la malade se plaint d'une voix tremblante de ressentir des douleurs plus vives dans le genou gauche, qui depuis hier s’est gonflé, et renferme un léger exsudât liquide, que Ip ponction exploratrice montre être du pus.

La culture et les méthodes de coloration y révèlent la présence de streplococci. Irrigations antiseptiques fréquentes dans les organes génitaux: Antipyrine, 2 grammes, elle abaisse au bout d’une heure d’un degré, mais sans amélioration de l’état général.

20 février. — Matin, T. 40°, 2. P. 166. R. 40.

Soir. T. 40°, 8. P. 180. K. 54.

Délire continu, sueurs : l’érythème existe encore, mais sa couleur a changé à cause de la rougeur générale de la peau : les articulations des genoux sont tuméfiées ; la pression sur le ventre, très tympanisé, fait grimacer les traits de la figure. Pouls irrégulier, petit, très fréquent. Respiration superficielle prolongée, mais rien d’anormal aux poumons, rate très grosse.

2 février. — La température au moment de la mort était de

42°, 3, clic est montée après la mort à 43, l’exanthème était encore très visible. Autopsie (par le Dr Israël). Endométrite fibrineuse, arthrite double purulente, néphrite métastatique et parenchymateuse: ramollissement de la rate atteinLe d’hypermégalie. Utérus de la grosseur du poing; petit foyer induré, de la grosseur d’une datte dans le paramétrium, à droite de l’utérus, un peu de pus à l’embouchure des trompes: déchirure vaginale sur la paroi postérieure d’une longueur de 3 centimètres: genou droit tuméfié, il s’écoule par l'incision du pus abondant verdâtre: surfaces articulaires intactes. Idem au genou gauche.

Observation II (de Renvers).

Femme Rosalie Bl. . . , 22 ans, reçue le 17 janvier 1890.

Anamnestiques. — Père mort, mère vivante et bien portante, ni frères, ni sœurs, a eu à 3 ans la variole : bien portante jusqu’à l’âge de 15 ans, où elle contracte la scarlatine, avec néphrite et hydropisie, guérison cependant complète. Réglée à 17 ans, premier accouchement à 19 ans, elle reprend son travail au bout de 8 jours de repos, mariée à 22 ans, nouvel accouchement le 9 janvier 1890 après une grossesse normale, travail facile, enfant sain, la sage-femme a procédé à plusieurs reprises à un examen interne. Les 3 premiers jours se passèrent bien, mais le soir du quatrième jour, frissons, céphalalgie, nuit sans sommeil, durant laquelle apparaissent des douleurs abdominales, le matin on appelle un médecin qui retire de nombreux caillots des voies génitales et procède à une irrigation intra-utérine.

Cependant l’état reste le même, grande inquiétude, sueurs abondantes, frissons répétés s’accompagnant de périodes de chaleur. Elle est reçue le 17 à la Charité.

État actuel. — Taille moyenne, constitution vigoureuse, teint jaune sale de la pâle, qui est chaude, expression anxieuse du

visage. T. 39", 9. P. 120, régulier, peu dur. R. '20, douleurs dans le ventre.

Rien aux poumons, ni au cœur. Ventre un peu tympanisé, sensible à la pression, urines claires, sans albumine. Vagin béant, enflammé, col ouvert, utérus de la grosseur du poing en antéversion, sensible cl douloureux, empâtement cl douleur dans le paramétrium à gauche de l’utérus, locbies abondantes, d’un caractère purulent, mais non fétide. Irrigations utérines et vaginales.

18 janvier. — T. malin 39". P. 124. R. 30.

Soir 38°, 8. P. 120. R. 26.

Pendant la nuit agitation et violents frissons, sueurs abondantes le malin, grand affaiblissement, douleurs dans le basventre. Appétit nul, soif augmentée depuis hier, 3 selles liquides très copieuses, le soir un exanthème apparaît sur les membres, il se compose de taches rouges, de la grosseur d’un marc, qui s’effacent par la pression, leucocythise marquée.

19 janvier. — Matin 38°, 7. P. 126. R. 30.

Soir 38°, 8. P. 130. R. 34.

Insomnie, céphalalgie, diarrhée, sueurs persistantes, frissons violents, plus de taches sur les membres, mais rougeurs diffuses sur les bras et le tronc. Rien sur les jambes, le cou et la figure, pas de rougeur au pharynx, pas de dysphagie.

20 janvier. — Exanthème scarlatiniforme, répandu sur tout le corps, sauf la face, qui est marquée surtout sur le dos et la poitrine. Rien au pharynx ventre tymopnisé, douloureux: lochies fétides empâtement de la grosseur du poing à gauche de l’utérus. Injections de créoline.

T. malin 40°, 2. PI. 20. R. 26 soir 40°, 3. P. 130. R. 26.

L’exanthème a diminué au niveau des mains et des pieds

s’efface à la pression. Le soir, frissons répélés, pas d’appétit, diarrhée.

Le 22. T. 38. P. 72. R. 26.

L’exanthème est pâle, mais encore visible au dos. — Le 6 février, quelques, squames sur le dos, l’exsudât, s’est en grande pai tie résorbé pendant la durée d’une fièvre moyenne, à type rénitent.

Observation XIII (de Renvers).

Pauline T..., femme d’un tisseur, 25 ans, reçue à la clinique de la Charité, le 29 novembre 1889, sortie guérie le 23 décembre

Commémoratifs. — Mère morte d’une affection cardique, père vit encore. Ils ont eu 17 enfants, dont 13 sont morts en bas-âge. Notre malade a eu pendant son enfance, la variole, la scarlatine et la diphtérie. A l’âge de 15 ans, rhumatisme articulaire aigu. Réglée à 16 ans. Mariée il y a 3 ans et demi, premier accouchement terminé par une perforation crânienne à cause d’un bassin justaminor. Suites de couches normales. Le 24 novembre 1889, après une grossesse normale, accouchement terminé par une embryotomie à cause d’une présentation du tronc. Les deux premiers jours qui suivent l’accouchement se passent sans fièvre, mais la malade est prise ensuite de douleurs dans le ventre et dans les membres inférieurs, et le soir du 27 novembre fièvre avec accélération notable du pouls. Le 28 novembre, T. 40°, 6. Pouls 140, frissons, sueurs abondantes, agitation : comme les seins étaient très gonflés, on pensa à la possibilité d’une fièvre laiteuse, le soir la malade remarqua d’elle-même des taches rouges sur son ventre et sa poitrine, qui envahirent le lendemain les bras et les jambes. On la reçoit avec le diagnostic de

scarlatine. La malade se plaint d’être prostrée, de ne pouvoir dormir, tendance à l’assoupissement, douleurs dans les deux cuisses.

État actuel. — Femme délicate, constitution décharnée. T. 38° S, P. 96 R. 22. Sur les membres fin piqueté rouge, sur le tronc les taches plus grosses sont confluentes, il existe de nombreux sudamina sur la poitrine, peau humide, pas la moindre rougeur ni la moindre dysphagie au niveau du pharynx. Rien d’anormal à la poitrine. Rate normale, ventre un peu méléorisé et sensible à la pression : Utérus mollasse, on l'atteint facilement au-dessus de la symphyse pubienne, il est sensible à la pression : lochies très abondantes et d’un caractère purulent, col déchiré, orifice interne fermé. Exsudats très fétides dans la cavité utérine qu’on chasse par une injection intra-utérine au 100°. Paramétrium douloureux à gauche. Urine peu abondante, sédimenleuse, concentrée, légèrement albumineuse.

1 décembre. Amélioration notable. Ventre moins tuméfié, moins douloureux à la pression. Utérus au-dessous de la symphyse pubienne, plus ferme, de la grosseur du poing, lochies non fétides, sommeil excellent. L’exanthème a presque disparu sauf quelques petites taches sur les bras, pas de desquamation. Amélioration continue sauf le 3 décembre où il y a un peu de malaise et quelques frissons. L’irrigation chasse une grande quantité de liquide fétide. La malade quitte guérie l’hôpital le 23 décembre.

Observation I (de Boxall).

Voir Obstétrical. Transactions of London, 1888, p. 17.

Une jeune femme non mariée est reçue au Général-Iying-inhospital, le 26 décembre 1884, accouchement normal le même jour : quatre-vingt-dix-huit heures après la délivrance elle est atteinted’unescarlatinequi présente ses phénomènes usuels. Marche bénigne de la maladie : on la renvoie guérie le quinzième

jour de ses suiles de couches : il n’yavait pas encore de desquamation apparente bien qu’on eût noté que la peau était sèche et rude. On ne fit pas le diagnostic de scarlatine et on ne prit en conséquence aucune mesure d’isolement.

Observation ü ^de Boxai 1) (id.).

Une veuve est admise le 13 janvier 1884, accouchement normal le mèmejour ; quarante-quatre heures après l’accouchement, scarlatine d’un type bénin ; il y eut de l’insomnie, du malaise ; la température ne monta jamais au-dessus de 100 degrés Fahrenheit. Rash scarlatineux bien développé, mais sans mal de gorge ; cependant il y eut de l’albuminurie (la malade avait déjà de l’anasarque et une affection rénale ancienne au moment de son admission), le neuvième jour des couches engorgemenL douloureux des ganglions cervicaux, pas de desquamation apparente au moment de la sortie de la malade qui seconsidère comme guérie, mais un mois après on apprit que la desquamation avait été cependant très marquée: on ne put établir la filiation des accidents dans cette observation, pas plus que dans la précédente.

Observation III (de Boxall) (id.).

Une jeune femme non mariée venant du même Mission home que le sujet de notre première observation, est reçue au Générallying-in-hospilal, le 14 janvier, et y accouche après un travail normal, le lendemain de son admission. Elle est atteinte de scarlatine quarante-neuf heures après la délivrance; les symptômes scarlatineux furent très nets dès Icdébut. 1 1 y eut comme complication une pleurésie le sixième jour et une néphrite le trentième jour après l’accouchement. Du troisième au neuvième jour symptômes d’une légère pelvi-péritonite, le douzième jour péritonite généralisée, avec paramélriLe; les phénomènes généraux furent très graves et la desquamation très marquée.

R. Comme 1ü sujet de mon premier cas, lu malade venait du môme établissement charitable, le Mission home ; j’y retrouvais mon casn0 1 atteint d'une desquamation intense, lorsque je crus devoir me rendre dans cetlcmaison ; cet'o femme n’avait fait aucune attention aux mesures prophylactiques que je lui avais recommandées. J’appris du directeur de la maison, qu’une pauvre femme nommée Frances, avait été reçue le 18 décembre 1884 dans l’établissement et avait contracté une angine pul acée avec adénite cervicale très marquée, grande prostration, etc., mais il n’y eut pas de rash. Or, pendant la maladie de cette femme, son enfant qu’on avait point isolé, errait çà et là et avait été principalement soigné par le sujet de notre première observation.

Observation IV (de Boxall).

Une femme non mariée est reçue le 29 janvier au Generallying in hospital, où elle accouche le même jour, travail naturel. Sept heures après l’accouchement scarlatine d’un caractère bénin, offrant ses symptômes habituels, légère albuminurie le douzième jour des suites de couche, desquamation furfuracée.

Observation V (de Boxall).

Une jeune femme non mariée est reçue au General-Iying in hospital le 31 janvier : accouchement le môme jour, après un travail naturel, les symptômes scarlatineux survinrent 97 heures après l’accouchement, ils étaient L- ès nets mais, légers ; marche de la maladie bénigne ; le quatorzième jour légère albuminurie et léger rhumatisme Desquamation par lambeaux épidermiques.

Observation VI (de Boxall).

Une jeune femme non mariée est reçue le 31 janvier etaccouche naturellement le môme jour, 124 heures après l’accouche-

ment elle est atteinte de symptômes scarlatineux très nets, légère albuminurie, le septième jour des couches desquamation par lambeaux épidermiques. R. Les trois cas précédents (le 4% le 5°, le 6e) venaient de chez une sage-femme qui avait accouché le 26 une cliente dont les enfants étaient convalescents d’une scarlatine : l’un deux avait encore une assez forte desquamation, la mère do ces enfants ne contracta point du reste la scarlatine et rétablit sans accidents fébriles, elle fut soignée pendant 5 ou 6 jours par la sage-femme qui se tenait dans une grande salle où se réunissaient les enfants.

Observation VII (de Boxall).

Scarlatine pendant la grossesse, admission le 7 février, membranes rompues, eaux écoulées, procidence d’un bras, symptômes généraux graves, face pâle et terreuse, lèvres et langue fuligineuses, haleine fétide, angine avec enduit brunâtre. Rash scarlatineux sur le tronc et les membres inférieurs. Version sous le chloroforme, on retire un enfant mort, extraction du fœtus très difficile à cause de l’élroilessc du vagin. Suivant cette femme les phénomènes habituels de la scarlatine seraient survenus neuf jours avant l’accouchement qui aurait précédé d’un mois la date normale ; on ne put letrouver la fi1 ia Lion des accidents, on isola immédiatement celte malade qui eut le onzième jour des suites de couches une légère albuminurie ; six semaines après l’accouchement néphrite aiguë, anasarque, urémie, convulsions. Desquamation six jours après l’accouchement d’abord par lambeaux puis par petites écailles.

Observation VI II (de Boxall).

Une jeune femme est admise le 13 mars dans le même hôpital (General-lying in hospital). Forceps le même jour pour un décol-

leinent prématuré du placenta au moment de son admission, fièvre, délire léger et érythème scarlatineux faible sur l’abdomen, ganglions cervicaux engorgés, la malade raconta que depuis quelques jours elle éprouvait du malaise et deux jours avant son entrée elle eut de l’angine avec nausées. Marche de la maladie bénigne, desquamation furfuracée, on ne put remonter à la sour e des accidents, mais il est à noter qu’il y avait un grand nombre de cas de scarlatine bénigne à cette époque de l’année.

Observation IX (de Boxall).

Une femme mariée est reçue le 20 avril : accouchement le lendemain'après un travail naturel ; 48 heures après l’accouchement scarlatine avec ses symptômes habituels, desquamation furfuracée. Ici aussi on ne put retrouver la filiation des symptômes, mais il y avait beaucoup de cas de scarlatine dans le voisinage de la maison où habitait la malade.

Observation X (de Boxall).

Femme mariée reçue le 25 avril, accouchée le même jour ; travail naturel. 72heures après l’accouchement, scarlatinebénigne, apyrexie, mais pouls 80 par minute. Symptômes habituels de l’affection, desquamation furfuracée.

R. Il y avait eu un cas de scarlatine chez un enfant dans la maison qu’elle habitait, peu avant son entrée à l’hôpital.

Observation XI (de Boxall).

Une jeune femme non mariée est admise le 26 avril et accouche le même jour ; travail naturel. Scarlatine 60 heures après l’accouchement, avec ses symptômes habituels, pas de complications, desquamation par écailles.

Observation XII (de Boxall).

Une femme mariée est admise le 27 avril : accouchement le

même jour après un travail normal. 41 heures après l'accouchement, scarlatine bénigne. Desquamation.

R. On envoya ces malades comme les précédentes auSlockwelhospital : on ferma l’hôpital jusqu’au 13 mai pour pouvoir nettoyer les salles.

Observation XII l (de Boxall).

Scarlatine pendant le travail. Une femme mariée est reçue à l’hôpital le 10 juin : accouchement le même jour ; au moment de son admission, fièvre et délire léger. T. 100° Farenheit; travail normal, le lendemain T. 101; céphalalgie, insomnie, érythème scarlatineux sur la face le lendemain ; marche de l’affection bénigne, desquamation.

On ne put retrouver la filiation des accidents, mais il y avait des cas de scarlatine dans le voisinage.

Observation XIV (de Boxall).

Une femme mariée est reçue à l’hôpital le 12 novembre et bien qu’atteinte d’un épanchement pleurétique du côté droit, elle accouche facilement le même jour, 8 heures après l’accouchement scarlatine avec ses symptômes habituels, et éruption scarlatineuse très marquée. Marche bénigne de l’affection, desquamation, convalescence retardée probablement à cause de la pleurésie.

R : on ne put retrouver la filiation des accidents.

Observation XV (de Boxall).

Une femme mariée est admise le 23 novembre ; accouchement naturel le lendemain. Treize jours après l’accouchement scarlatine avec ses symptômes habituels, pas de complications, desquamation par écailles.

Observation XVI (de Boxall).

Une femme mariée est admise le 24 décembre ; accouchement le même jour, enfant macéré, grossesse probable de 34 semaines. La scarlatine était survenue une semaine avant l’accouchement ; au moment de son entrée quelques taches sombres sur les lombes qu’on prend pour de la roséole syphilitique et desquamation : involution un peu retardée sans autres incidents morbides.

R : on ne put retrouver la filiation des accidents.

Observations (de Brown).

(British. med. jour. 1862).

Premier cas. — Madame Me... 28 ans accouche le 31 janvier 1861 : c’est une bipare ; peu d’heures après la naissance de l’enfant rash scarlatineux ; mal de gorge et autres symptômes de la maladie très accusés. — Desquamation par lambeaux ; quitte l’hôpital au bout de trois semaines complètement guérie-

Deuxième cas. — Ma.., 25 ans, primipare accouche le 12 janvier; le 15 scarlatine avec ses symptômes habituels : forme grave; néanmoins la malade se rétablit peu à peu.

Troisième cas. — M. S. D.., 28 ans, primipare; 13 mars accouchement; la scarlatine éclate le sixième jour des couches ; le lendemain rash ; forme ordinaire ; — quitte l’hôpital guérieau bout de trois semaines.

Quatrième cas. — M. S. I.., 35 ans ; accouche le 22 mars : 2 jours après éruption scarlatineuse : angine intense, grande prostration, scarlatine grave; néanmoins guérison ; convalescence lente.

Cinquième cas. — M. A. D.., 36 ans ; accouche le 26 mars de son sixième enfant ; constitution débile; le 30 éclate une scarlatine intense : l’angine était si forte, que pendant 2 jours on ne pu alimenter que par la voie rectale; situation grave; néanmoins guérison.

Sixième cas. — M. A.., 30 ans ; accouche le 28 mars 1861 ; 6 jours après éruption ; scarlatine très nette mais modérée : guérison.

Septième cas. — E. B.., 20 ans ; primipare ; accouche le 19 mars 1861 : mal de gorge le troisième jour ; Desquamation par lambeaux ; guérison.

Huitième cas. — M. J.., 28 ans; accouche le 5 mai de son deuxième enfanl; scarlatine violente; grands dangers ; néanmoins guérison.

Neuvième cas. — E. P.., âgée de 24 ans primipare; accouche le 15 juin 1861 ; éruption au bout de peu d’heures ; marche habituelle; guérison.

R. — Les enfants des cas n° I. IL IV. et V. eurent un rash scarlatineux.

Page 1