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MARCHE CLINIQUE. DURÉE. TERMINAISON

La rougeole normale finit en général là; et en dehors des complications et des formes anormales qui en modifient le tableau, elle ne laisse à sa suite

qu’un certain nombre d’accidents ordinairement peu

graves et qui demandent à être décrits à part. On les trouvera dans un chapitre consacré aux suites et à la convalescence de la maladie.

I. Période d’éruption des muqueuses. — Les symptômes de début de la rougeole sont ceux de toutes les fièvres en général : malaise, abattement, céphalée légère, auxquels il s’ajoute quelquefois des vomissements, surtout alimentaires, et des épis-

Tout cet ensemble symptomatique aurait peu de valeur en soi, si, dès les premières heures, le catarrhe oculo-nasal n’attirait l’attention et n’éveillait l’idée de la rougeole. Presque en même temps que lui, la toux se montre avec ses caractères particuliers. Les enfants accusent un peu de douleur à la déglutition, indice de l’éruption pharyngée, qui dès ce moment peut mettre elle aussi sur la voie du diagnostic. L’examen de la gorge, qui, règle générale, doit être pratiqué chez tous les enfants au début d’une affection fébrile a donc ici une importance extrême, d’autant qu’il ne faut pas compter toujours sur la douleur à la déglutition pour y son-

est dans la plupart des cas peu marquée et trop insignifiante pour qu’on puisse en faire une période à part. Il y a là une analogie un peu forcée avec les autres fièvres éruptives, la scarlatine en particulier.

ger, soit que les enfants ne la ressentent pas réellement, soit qu’ils ne veuillent pas l’avouer, dans la crainte d’un examen qu’ils redoutent.

Après vingt-quatre ou trente-six heures, on assiste, ainsi que nous l’avons vu, à une rémission fébrile, pendant laquelle l’enfant, toujours larmoyant et toussant, a cependant repris un certain entrain.

L’apyrexie se montre tantôt dans le second jour tantôt plus tard. Elle dure vingt-quatre ou trente- , six heures seulement, et peut se prolonger jusqu’au jour de l’éruption (Cadet de Gassicourtj, jusqu’au moment où la poussée fébrile qui annonce l’éruption cutanée reparaît et où les phénomènes généraux habituels se montrent de nouveau.

Cette période de l’éruption des muqueuses dure environ quatre jours, quelquefois moins, quelquefois plus, huit à neuf jours (Cadet de Gassicourt) onze jours (Blache et Guersant), treizejours (Rilliet), quinze jours (Barthez), sans que la maladie s’en trouve aggravée. Mais son début n’est pas toujours aussi caractéristique et sa marche aussi franche : nous verrons, à propos des formes anormales, que le catarrhe peut manquer. D’autres fois au contraire il prédomine sur certaines muqueuses de préférence à d autres, par suite soit de prédispositions individuelles soit d’une constitution épidémique spéciale.

Trousseau 1 a insisté sur le début de la rougeole 1. P. 203, l c.

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par l’exanthème laryngé, se caractérisant par des accès de faux croup; M. Sanné 1 mentionne dans certaines épidémies la diarrhée comme pouvant atteindre le quart ou la moitié des malades. Dans d’autres circonstances, ce sont les phénomènes broncho-pulmonaires qui prédominent. Il y a d’ailleurs d’un malade à l’autre des degrés dans l’intensité des phénomènes catarrhaux des muqueuses. Rarement les phénomènes nerveux sont inquiétants.

Dans tous les cas, on ne doit pas oublier de rechercher avec soin les traces du catarrhe dans les cas douteux, car son absence peut être considérée comme une exception telle qu’elle entraîne des doutes ou des réserves au sujet du diagnostic. La plupart du temps, l’aspect de l’enfant arrivé à cette période, est bien caractéristique, et le praticien peut prédire à coup sûr l’éruption cutanée pour le lendemain ou le surlendemain au plus tard. On trouve les enfants levés ou assis sur leur lit et jouant avec plus ou moins d’entrain ; mais leur face est bouffie, leurs yeux sont rouges, gonflés et larmoyants ; le nez etla lèvre supérieure sont tuméfiés, et une sécrétion incessante s’échappe des narines, tourmentant les malades par la nécessité d’un reniflement continuel, üne toux fréquente, irritative ou déjà plus grasse, caractérisée par trois ou quatre expirations brèves, ouparune seule, incessante, revenant à chaque instant; de l’enrouement, des

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