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II. APRÈS LE PAVILLON DE ROUGEOLEUX

Les communications de M. Sevestre à la Société médical,; des hôpitaux en 1890 pour l’année 1889 à l’hôpital des Enfants- Assistés plaident dans le même sens.

PROPHYLAXIE

des autres services ; elles prendront leur repas à part, coucheront dans un dortoir spécial, et quitteront également, une fois leur service fait, les vêtements spéciaux en toile qu’elles portent dans la salle.

Ces mesures sont d’une application difficile et d’une surveillance de tous les instants. Si l’on réfléchit, d’autre part, à la multiplicité de plus en plus grande des pavillons d’isolement pour les différentes maladies dans les hôpitaux d’enfants, à la complexité qui en résulte forcément pour le service, on peut se demander s’il n’est pas préférable de créer deshôpitaux spéciaux pour la rougeole comme pour les autres maladies du même genre.

2» Les salles de consultation , les -policliniques , les dispensaires , où se trouvent réunis à un certain moment confondus dansun encombrement manifeste,

un grand nombre d’enfants atteints des maladies les plus différentes, dont la plupart sont transmissibles, constituent également un centre de contagion ponr la rougeole. Les chances de celle-ci sont d’autant plus grandes qu’on y examine les enfants à une période plus précoce encore de leur maladie, c’est-à-dire à un moment où la confusion avec un rhume, la grippe, une bronchite, est encore plus facile à faire. On peut cependant parer jusqu a un certain point à ce danger. Pour cela, il est de toute nécessité qu’un élève compétent se tienne al entree de la consultation, et y examine chaque enfant amené, de façon à isoler de suite dans un local adhoc ceux qu’ils soupçonnent atteints de rougeole.

Les villages , hameaux , sont placés dans des conditions particulières en ce qui concerne la propagation de maladies comme la rougeole. La nécessité d’un contact avec un malade, jointe au peu de relations qui unissent les villages entre eux, sont des conditions très favorables à ce qu’on pourrait appeler la prophylaxie naturelle, et expliquent comment des groupements humains d’une certaine importance peuvent rester indemnes dans un pays contaminé. D’autre part, la rareté des épidémies de rougeole dans de semblables milieux a pour conséquence ce fait que, par rapport à la densité de la population, le nombre des sujets susceptibles d’être contagieux est très grand, et que par conséquent il y a de ce chef un terrain tout préparé pour une explosion épidémique. Cette situation crée donc pour les médecins sanitaires d’une circonscription le devoir de prévenir celle-ci, lorsqu’il y a des localités contaminées dans la contrée.

Les agents de transmission sont, en pareille circonstance, surtout les enfants, qui, les jours de congé, peuvent avoir des contacts avec les enfants des villages contaminés. M. Lardier (de Rambervillers) a proposé un moyen judicieux de parer au danger : c’est de distribuer aux instituteurs les cartes qui accompagnent le bulletin statistique de quinzaine, en marquant d’un signe quelconque les villages contaminés. Le lendemain des jours de congé, chaque enfant est interrogé sur l’emploi de son temps, et tous, ceux qui ont été fréquentés des ■habitants de ces villages, sont renvoyés chez leurs

prophylaxie.

parents, jusqu’au moment où le temps de la période d’incubation est écoulé.

11 sera bon, également, par les voies de publicité ordinaires, de faire connaître aux habitants d’une commune les noms des villages contaminés, et le danger auquel on s’expose en s’y rendant sans motif grave. La prudence légendaire des paysans, jointe à leur crainte des épidémies, sera le plus sûr garant des précautions sanitaires à prendre.

Dans les villes où la rougeole Sévit à l’étatnormal, comme Paris, et frappe toutes les classes de la société, les dangers de contagion résultent surtout, en dehors des écoles et des collèges — dans la réunion des enfants en grand nombre sur certaines promenades publiques où on les conduit, a certaines heures de la journée, soit par mode, soit pour tout autre motif, ou dans les réunions mondaines : matinées, bals, comédies, etc. S il est impossible, en temps normal, de s’opposer à cette manière de vivre, du moins le médecin devrat-il prévenir les parents du danger qu’il y a, surtout aux époques de recrudescence de la rougeole, à laisser leurs enfants en contact avec des enfants qu’ils ne connaissent pas, sous prétexte de jeux, promenade, etc. Cette recommandation est surtout utile dans les familles où l’on confie à des nourrices le soin des promenades. Ces nourrices, outre qu’elles surveillent peu, se rencontrent avec des camarades plus ou moins nombreuses, etc est ainsi que des rougeoles se prennent dans les jardins publics (Champs-Elysées, Luxembourg, Parc-Mon-

ceau, etc.), dans les théâtres en plein vent, sur les promenades fréquentées. La meilleure prophylaxie, dans les grandes villes, consiste donc à éviter les agglomérations enfantines, à faire bon marché de la mode qui décide que telle promenade est de bon ton ou non, à envoyer ses enfants plus loin, et dans un endroit moins brillant peut-être, mais plus sain.

C’est à la diplomatie du médecin à obtenir ce résultat, plus difficile à atteindre qu’on ne croit.

Nous pouvons résumer les règles de prophylaxie en donnant les conclusions qui ont été formulées en 1884 par le Conseil d’hygiène sur le rapport de M. Ollivier.

1° Le seul mode de préservation efficace est l’isolement complet des enfants malades,ou,ce qui vaut mieux encore, l’éloignement des enfants bien portants.

Cet éloignement est indispensable pour les enfants de moins de cinq ans, il devra durer au moins trois semaines à partir du moment où l’éruption à été constatée.

2» On devra désinfecter la chambre du malade (le Conseil préconise l’acide sulfureux, 20 grammes de soufre par mètre cube). Les matelas, ouverts, restent dans la chambre pendant la fumigation.

Les vêtements, linges, etc., sont plongés dans une solution contenant par litre oO grammes de chlorure de zinc ou de sulfate de cuivre.

3° Les enfants rougeoieux ne devront pas être renvoyés à l’école avant trois semaines à partir du début de l’éruption et après avoir pris un bain savonneux.

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