‹ La RougeoleChapitre 46 sur 67 · Grancher, Union inéd · texte numérisé non relu

Grancher, Union inéd

proposé par M. Sevestre. Les malades sont réunis, le premier jour de leur entrée, sous la surveillance d’une infirmière unique, qui ne doit avoir aucun point de contact avec le reste du personnel.

Aux premiers symptômes suspects, les malades sont alors isolés. Les enfants séjournent dans ces salles le temps qui correspond à l’incubation de la rougeole, et passé lequel ils sont envoyés dans la salle commune. Quinze jours suffisent pour les suspects, cinq à six pour les douteux. Ces mesures figurent également dans les conclusions du rapport de M. Comby à la Société médicale des hôpitaux.

Les avantages de ce système sont faciles à comprendre. En raison de leur petit nombre, les enfants sont mieux surveillés, et si une rougeole se montre, son extension, dans le cas de contagion, est forcément plus limitée que dans une salle commune.

Malheureusement, il demande, des locaux et un personnel qu’on n’a pas toujours à sa disposition. Dans le même but de prophylaxie, M. Grancher a appliqué dans son service, à l’égard des douteux, des pratiques empruntées à l’antisepsie médicale rigoureuse. Persuadé que la contagion se fait surtout par l’intermédiaire des infirmières ou des objets ayant été en contact avec les malades, il a restreint, dans la mesure du possible, les chances de contagion en stérilisant tous les objets d’usage courant pour le malade, en plaçant près des douteux une infirmière spéciale, qui, dans sa pensée, ne doit avoir aucun contact avec les autres enfants en trai. tement dans la salle. Ledit des douteux est entouré

prophylaxie. 17 '

d’un grillage métallique clos, sorte de paravent ÏÏogu» an parafe», de l-,»0 de haut, qu, emôêche les contacts directs. Une porte permet a finfirmière de pénétrer auprès du malade pour les soins journaliers. Chaque lit possédé un panier en 111 de laiton, destiné à contenir les ustensiles nécessaires aux repas : après chacun de ceuxci, le tout est plongé dans l’eau- bouillante, qui

^L’infirmière est astreinte à des pratiques antiseptiques spéciales, et doit se laver les mains et la figure chaque fois qu’elle a touché au malade, soit pourles soins de propreté, soit pour un autre motif

Malheureusement il faut bien le d|re mal^e ces soins minutieux, malgré 1 isolement, les cas intérieurs de rougeole sont encore fréquents.

En 1886, M. Grancher avait eu dans son service 39 cas intérieurs ;

En 1887, il y en avait 34.

En 1889, année où l’antisepsie a été appliquée, Jo, chiffre évidemment inférieur, mais qui montre bien, ainsi que nous l’avons vu plus haut, 1 extrême diffusion du germe morbilleux et la difficulté qu il v a à lutter contre lui. , .

L’isolement lui-même n’a pas donné les résultats auxquels on s’attendait. M. Grancher a montré dans ses leçons cliniques que, avec 1 isolement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, la morbidité a 1 hôpital n’a pas sensiblement diminué 1 . Nous verrons

ailleurs que cet isolement a peut-être augmenté la mortalité.

Les pratiques de prophylaxie, en ce qui concerne les personnes — médecins, élèves, sœurs, surveillantes, infirmières, etc. — qui ont avec les morbilleux des contacts journaliers et prolongés, et qui peuvent par cela même disséminer la maladie, se résument en quelques règles de propreté et d’antisepsie. Les personnes, en entrant dans la salle, revêtiront une longue blouse, boutonnée aux poignets et au cou, et elles l’abandonneront en quittant le service, après s’être savonné les mains, les avoir lavées soigneusement, ainsi que le visage, avec une solution de sublimé à un millième.

Les infirmières du service d’isolement, ne devront avoir aucun rapport avec le personnel des autres salles, à plus forte raison avec les enfants

tableau intéressant donné par M. Grancher concernant l'hôpital des Enfants Malades :

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