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CHAPITRE XIV

ÉPIDÉMIOLOGIE

Épidémiologie.

L’épidémiologie de la rougeole demandé à être étudiée dans deux circonstances : ou bien la rougeole sévit d’une façon constante d’un bout de l’année à l’autre dans un groupement humain; elle peut alors être considérée comme une maladie endémique sujette à des exacerbations accidentelles ou annuelles; ou bien, au contraire, elle envahit des portions de territoire, villes, villages, contrées, arrondissements, îles,- etc., dans lesquelles elle ne s’est pas montrée depuis un certain nombre d’années.

Dans le premier cas, on enregistre tous les ans un nombre plus ou moins grand de cas de rougeoles, survenus au hasard de la contagion. Ces cas sont isolés ils se montrent dans les familles; on peut penser, dans ces conditions, que tous les individus

ÉPIDÉMIOLOGIE.

non doués de immunité prennent la maladie les uns après les autres quand l’occasion s en présente pour la contagion de se réaliser. Cependant, il arrive qu’on assiste dans ce milieu à des exacerbations accidentelles, lorsque, par exemple, la maladie est importée dans un groupement d individus vivant habituellement ensemble et en état de réceptivité particulière. Telles sont alors les épidémies de casernes, à'écoles, A'asiles, de colleges, de pensionnais, etc.

La rougeole se comporte, dans ces circonstances, toujours de la même façon, qu’explique bien son extrême contagiosité. Lorsqu’un rougeoleux a étéreconnu dans de semblables conditions, tous les sujets susceptibles d’être atteints sont contagionnes ensemble, et l’on assiste alors à une explosion véritable de rougeole, frappant à la même epoque toute une classe, toute une étude, tonte une cour L’épidémie s’arrête ensuite brusquement. La même observation a pu se faire sur les jeunes solda s incorporés dans des régiments contamines, et qui fournissent, dans les jours qui suivent leur arrivée au corps, un contingent énorme de malades frappes en masse. Si les cas suspects ont été observes dans une seule chambrée ou dans une seule fraction du régiment isolée du reste, les recrues de cette chambrée ou de cette fraction sont seules atteintes, a moins, ce qui arrive souvent d’ailleurs, que des rapports accidentels ne disséminent davantage la

maladie. .

Cette première explosion dans une cour, dans

une classe, dans une chambrée, est en effet suivie d’une seconde dans une ou plusieurs autres classes, cours ou chambrées avec lesquelles le contact est plus difficile. Ou constate rarement une troisième série importante ; fait en rapport avec le peu de persistance du contage morbilleux et le peu de durée du temps pendant lequel la maladie reste contagieuse.

Il s’ensuit que, la plupart du temps, les mesures prophylactiques demandées et prises en pareille circonstance arrivent trop tard, à moins que la fermeture de l’école ne soit effectuée dès la première explosion (Bard) ; sinon elles ont un effet douteux, en évitant naturellement d’admettre pendant quelques jours les élèves nouveaux avec les autres ou les recrues dans les chambrées.

Dans les villes où la rougeole règne endémiquement, le nombre des cas observés n’est pas d’ailleurs le même à toutes les périodes de l’année. La rougeole, peu meurtrière en hiver, se réveille tous les ans au printemps. C’est au mois de mars et au mois d’avril surtout que les cas commencent à devenir plus nombreux, et persistent en mai et en juin. En juillet, la rougeole commence à décliner, et elle atteint son minimum en octobre.

Cette proposition est vraie pour Paris seulement. En dehors, elle souffre de nombreuses exceptions. Voici d’après M. d’Espine 1 des renseignements concernant les autres villes :

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