‹ La RougeoleChapitre 54 sur 67 · MORTALITÉ PAR ROUGEOLE POUR · texte numérisé non relu

MORTALITÉ PAR ROUGEOLE POUR

, Ces chiffres montrent que la rougeole n’est pas seulement en progression à Paris (A. Ollivier).

En 1865, décès à Paris par rougeole En 1869, — —

En 1813, — —

En 1819, — —

En 1883, — • —■

En tenant compte de la progression des habitants, on trouve, pour 100000 habitants :

En 1883, il y a eu à Paris,sur un total de 87 024 décès, 1058 dus à la rougeole, soit 18,85 p. 1000 ou environ 2 p. 100 (Ollivier, p. 44). •

En 1884, elle vient immédiatement apres la clipii-

La mortalité varie d’ailleurs selon' les villes contaminées. C’est ainsi qu’on trouve les chiffres suivants : Pour 100000 habitants, mortalité :

. Nancy, 98.

Rennes, 86.

Limoges, 70.

Lille, 67.

A l’étranger, voici quelques chiffres rapportes aü même nombre d’habitants .

, Londres, 70.

DE

. Belfast, 270.

Cardiff, 116.

... Liverpool, 124.

Dans l’épidémie de Chateaubriant en 188a, M. le docteur Chartier (de Nantes) sur 1 200 enfants frappés a eu 56 décès. A Vic-Fézensac (Gers), M. le docteur Pujos sur 180 malades a eu 39 décès. Dans le premier cas, 4,66 p. 100, dans le second 21,6 p. 100. L’épidémie de Saint- Gilles (Gard) (Rapport de M. L. Colin) a donné 14 décès sur 32 cas. Et le rapporteur concluait à cette époque qu’en France la mortalité pour 100 dans la rougeole était de 2 à 3 décès. Le rapport de M. Bucquoy (ibid.) en 1882 donnait 2 p. 100.

A Chalon-sur-Saône, (1889),sur 88 enfants de 7 mois à 11 ans, M. le docteurTrossat aeu 19 décès.A Oyonnax la même année, M. Fiessinger, sui’ 1026 enfants fréquentant les écoles, a eu 503 frappés par la maladie. (Rapport de M. Bouchard, Académie de médecine.)

On voit combien ces chiffres diffèrent et combien les chiffres moyens fournis par la statistique brute sont de peu de secours pour préjuger de l’importance d’une épidémie.

Considérées dans leur marche, les épidémies dé rougeole ne présentent pas non plus, commecelles de choléra par exemple, un début caractérisé par des cas isolés ou peu graves, une période d’augment où les cas graves sont nombreux, une période de déclin où les cas deviennent moins nombreux et moins sévères. On observe au contraire que, ainsi que nous l’avons vu, l’épidémie peut débuter par une explosion dont une école est le plus habituellement le siège, et qu’après, l’épi-

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déjnie s’arrête. Mais, plus souvent, il persiste une queue, composée des cas qui se déclarent au hasard de la contagion. Les cas graves sont aussi fréquents au début qu’à la fin ; il n y a aucune règle générale à formuler à cet égard.

La terminaison des épidémies de rougeole peut donc être brusque. Plus souvent celles-cipersistent plus ou moins longtemps là où elles sévissent, si la première explosion n’a pas atteint tous les sujets susceptibles d’être contaminés. Mais une fois l’épidémie disparue, on ne la voit reparaître qu’à la suite d’une nouvelle importation. C’est un fait

qu’on a pu nettement vérifiera propos de l’épidémie des îles Feroë, et qui a une importance considérable au point de vue épidémiologique et sanitaire.

Distribution géographique de la rougeole.

Voici, d’après Lombard, quelle serait la distribution géographique de la rougeole. A l’heure actuelle elle semble se rencontrer à peu près sur toute la surface du sol, mais elle est moins répandue et moins grave que la variole. Elle paraît inconnue ou très rares dans les régions boréales de labaied’Hùdson, du Groenland, du Labrador et de l’Islande.

Les îles Feroë ont présenté ce curieux phénomène de n’avoir été visitées que par deux épidémies en soixante-cinq ans, de 1781 à 1846. Les épidémies sont plus fréquentes en Norvège où l’on a gardé le souvenir des épidémies de 1861 et 1867. Elles sont plus graves en Finlande, à Saint-Pétersbourg et dans les provinces Baltiques. La rougeole paraît

être plus bénigne dans lés régions méridionales de l’Europe comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce. Elle le serait moins en Autriche, en Roumanie, dans la Turquie d’Europe.

Les épidémies sont rares et bénignes aux États- Unis, au Mexique, dans l’Amérique Centrale, les Guyaneset les Antilles, tandis qu’elles seraient plus graves au Brésil, dans les régions des plateaux, et assez modérées dans le Pérou, le Chili, la Bolivie.

L’Asie est peu visitée par la rougeole dans ses régions occidentales. Celle-ci est inconnue en Arabie, elle est très rare dans l’Asie Centrale,-aux Indes Orientales, à Ceylan, en Birmanie, dans le •royaume de Siam, en Chine, en Cochinchine. Elle ésttrès bénigne au Japon, dans Jes archipels de la mer des Indes, dans celui de la Sonde. Ici, elle n’empêche pas'ceux qui en sont atteints de vaquer à leurs occupations habituelles. Elle est très rare en Polynésie, tandis qu’en Australie elle présente plus de gravité que la variole. Elle ne s’est montrée qu’en 1854 dans la Nouvelle-Zélande.

En résumé, la rougeole est à peu près inconnue dans la plupart des régions tropicales, où elle est beaucoup moins grave en raison de l’absence des complications broncho-pulmonaires et de la tuberculose, si fréquentes àsa suite dans les pays tempérés. Par contre, elle règne avec autant d’intensité dans les régions fraîches que dans ceux-ci où elle apparaît en général avec exubérance à chaque printemps.

OUVRAGES CONSULTÉS

Sanné. — Art. Rougeole du Dictionnaire enajclopédique.

D’Espine. Art. Rougeole du Dictionnaire de médecine et

de chirurgie pratique.

(Voyez la bibliographie de ces articles de dictionnaire pour les années antérieures à leur publication.)

Henoch. — Leçons cliniques sur les maladies des enfants.

Blache et Guersant. — Extraits de pathologie infantile, 1883... Préface d’A rchambault.

Descroizilles. — Traité élémentaire de pathologie et de clinique infantiles, ,2 e édition, 1890.

Cadet de Gassicourt. - Traité clinique des maladies de l’enfance. T. II, 1882.

D’Espine et Picot. - Manuel pratique des maladies de 1 enfance, 4 e édit., 1889.

Rilliet et Barthez. — Traité des maladies des enfants.

Barthez et Sanné. - Traité clinique et pratique des maladies des enfants.

Sevestre. — Études de clinique infantile,Paris, 1889.

H.-C. Lombard. — Traité de climatologie médicale, 1880. T. IV, p. 372.

Ollivier. — Leçons cliniques sur les maladies des enfants.

Ollivier. — Études d’hygiène publique.

Rapports sur'les épidémies. — Académie de médecine.

OUVRAGES CONSULTÉS

Rapport de M. !.. 'Colin pour 1881.

Rapport de M. Bucquoy pour 1882.

Rapport de M. Féréol pour 1883.

Rapport de M. Siiiedey pour 1881.

Rapport de M. Dujardin-Beaumetz pour 1883.

Rapport de M. Hayem pour 1886.

Rapport de M. Ollivier pour 1887-1888.

Rapport de M. Bouchard pour 1889.

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