Colin. Union médic
ÉPIDÉMIOLOGIE.
mais surtout, par leurs localisations broncho-pulmonaires habituelles, par l’exaltation passagère qu’elles donnent aux microbes pathogènes de cellesci, elles rendent plus fréquentes et plus redoutables les complications de la rougeole et aggravent le chiffre général de la mortalité.
Au nombre de ces associations les plus à craindre il faut mettre la grippe comme nous le disions tout à l’heure; la coqueluche, la pneumonie, la diphtérie, etc.
Dans d’autres cas, l’épidémie emprunte une physionomie spéciale à un symptôme dominant, et qui n’y est pas habituellement rencontré : telles sont les diarrhées cholériformes qui ont sévi à Saint- Loup en 1853 et celles qui ont été signalées en 1860 par M. Laveran. S’agit-il dans ces cas d’accidents attribuables à la rougeole et dus à une virulence anormale du germe, ou bien se trouve-t-on en présence d’associations pathologiques? La question n’est pas encore jugée, bien que cette deuxième hypothèse soit plus vraisemblable, et que dans ces cas la diarrhée algide domine toute la symptomatologie. Telles sont également les complications broncho-pulmonaires qui peuvent donner lieu aux mêmes observations.
En dehors de ces circonstances qui rendent plus grave une épidémie, par les conditions qui lui sont peut-être extérieures, le germe morbilleux lui-même peut avoir une virulence variable. Certaines épidémies se composent de préférence de cas graves, tandis que dans d autres ceux-ci
sont exceptionnels, èn déhors de tonte' compli-: cation étrangère, et de toute influence de terrain inhérente au malade frappé.
On voit donc, parce, qui précède, que la morbidité 1 et la mortalité varient beaucoup d’une épidémie à l’autre et que. si une part de Ces variations revient à la rougeole elle-même (germe), il y a lieu détenir grand compte des conditions au milieu, desquelles elle se développe —climat, température, etc. — et des associations pathologiques, acquises ou naturelles, qui l’accompagnent.
La morbidité et la mortalité 1 varient beaucoup en France selon les épidémies, sans qu’on puisse souvent soupçonner la cause de ces différences. La rougeole est très répandue tous les ans en France et donne une morbidité considérable. Le rapport de M. Siredeyen 1884 2 constate que, cette année, 54 départements ont été envahis, donnant 10000 cas de rougeole et de 1200 à 1500 morts (chiffres approximatifs). Le rapport de M. Dujardin-Beaumetz (ibid., 1885) donne la statistique ■ suivante due à M. J. Bertillon, et applicable à la France :