CHAPITRE III
Action économique des Juifs en Roumanie jusqu'en 1859.
Voici le tableau que trace de l'état économique de ^^if M^wivl'e^ la Moldavie avant la paix d'Andrinople, un homme qui avait pris une large part à la réorganisation de la Principauté.
„Des liospodors éphémères, étrangers au pays, «jouissant d'un pouvoir presque absolu, venaient à tour „de rôle y exercer un régime empreint de l'incurie et „de la rapacité de tout gouvernement mal assuré. Le «renouvellement consécutif des causes judiciaires, l'ab- ,.sence de toute formalité dans les procédures, enlevait „toute garantie à la propriété : les impôts étaient uni- „formes et vexatoires, les corvées illimitées dépen- „daient du bon vouloir du plus infime administrateur; „le régime féodal et les immunités des classes privi- „légiées venaient aggraver encore le sort du contri- „buable qui, accablé sous le poids des redevances et „des réquisitions du gouvernement, des exigences des „propriétaires, des avanies des troupes indisciplinées „qui occupaient les forteresses du Danube, des exac- „tions du dernier employé, succombait dans la misère, «privé de tout élément de bien être.
«Sous de pareils auspices, le développement du «commerce devenait impossible.
«Les provinces du Danube étaient qualifiées de ^grenier de la Porte. Elles lui fournissaient du bois de «construction, du blé et des brebis à des prix fixés d'a- «vance ; moyennant ces taux arrêtés, des commissaires «pourvoyeurs parcouraient le pays et s'emparaient des «produits qu'ils trouvaient à leur convenance. Aussi
„ragriculture était-elle languissante, l'industrie nulle „etle commerce d'exportation fort restreint"^).
Ce tableau n'est nullement chargé : il est en complet accord avec les autres renseignements de l'époque. Le peuple, plongé dans la misère, ne cultivait que juste ce qu'il lui fallait de céréales pour ne pas mourir de faim, n'élevait de bestiaux que le nombre absolument nécessaire à ce semblant d'agriculture.
Il avait fini par acquérir la conviction que le moyen le plus sûr d'échapper aux rapines et aux mauvais traitements de ses oppresseurs était de ne rien posséder qui put tenter leur cupidité.
La boyarie, peu nombreuse, était presque entièrement composée d'hommes sans culture, n'ayant d'autre aspiration que celle de faire fortune, d'autre ambition que celle d'arriver à un rang élevé ; riches en terres, en esclaves, en bestiaux mais pauvres en argent comptant.
La vie matérielle ne leur coûtait rien ; les produits de leurs terres suffisaient amjDlement à la satisfaire. Leurs haras défrayaient le luxe de leurs attelages, à-peu-près le seul dont ils eussent connaissance. Leur mobilier, des plus rudimentaires, était en grande partie l'œuvre de leurs esclaves. Ils ne dépensaient, en général, que pour l'achat de leurs vêtements et ceux de leurs femmes, dispendieux à la vérité, mais se léguant de génération en génération.
De classe moyenne point.
On comprend aisément que, dans ces circonstances, le commerce et l'industrie ne pouvaient exister qu'à un état tout-à-fait rudimentaire, le peuple n'ayant point de besoins et ceux de la boyarie étant des plus restreints.
Les commerçants et les artisans, peu nombreux, étaient répartis en corporations possédant la même organisation que celles des paj^s de l'Europe occidentale, me'ï-çanif et'Tn- Les clirétieus formaient la presque totalité des
enn.afùrU'?iu- artlsaus, SLiusi que l'immense majorité des petits négomaine. ciauts, mais les maisons de commerce plus importantes appartenaient, pour une proportion considérable, à des
'J Prince Nicolas Soutzo. Notions statistiqties sur la Moldavie. lassy, 1849, Chap. IV, p. 127.
Grecs, des Arméniens, des Bulgares et aussi à des Juifs.
Les Roumains ne travaillaient guère qu'avec leur propre capital et ce capital étant très-restreint, leur négoce s'en ressentait.
Les Grecs et les Arméniens avaient des crédits ouverts dans des banques grecques et arméniennes de Constantinople ; les Juifs tiraient de l'argent de Lemberg, de Cracovie et même de Leipzig.
Nous avons vu dans le premier chapitre de ce chr§t&^*?/ù^y travail, comment les négociants juifs qui se trouvaient t^'f'oifplu" établis en nombre infime à lassy en 1763, avaient vu "Ti'ju^s!^"* leur nombre augmenter depuis, qu'ils y avaient quadruplé de 1786 à 1792 et, qu'en cette dernière année leur contribution s'élevait à 22,5'^/o de celle payée par les commerçants chrétiens de la Capitale').
Si la proportion des commerçants et des artisans juifs augmenta constamment de 1792 à 1828, la grande majorité de ces deux classes n'en restait pas moins chrétienne. Les Juifs, très noml)reux dans les villes de la Haute-Moldavie, l'étaient beaucoup moins dans celles du centre et commençaient à peine à faire leur apparition dans celles de la Basse-Moldavie.
Le changement opéré dans la situation économique des Principautés par le traité d'Andrinople fut un véritable changement à vue.
Une des stipulations de l'acte séparé de ce traité a-AnliriSopie rendait aux Principautés la liberté de commerce arbi- pTulés^iauber'té trairernent supprimée par la Porte. de commerce.
A partir de ce moment, elles étaient libres de vendre les produits de leur sol au mieux de leurs intérêts et à qui il leur conviendrait : la navigation du Danube de- A^enait libre de toute entrave et de toute vexation de la part des autorités turques.
Un avenir de prospérité inouïe s'ouvrait pour ces jill'qufswrali pays. La culture de leur sol si fertile, encore vierge ^coSencrra"" et qu'il suffisait de gratter pour lui faire donner les clas'^e moyenu"^ récoltes les plus riches, l'exploitation d'une infinité de produits jusqu'alors sans valeur, allaient amener un vrai fleuve d'or. Les terres allaient rapidement doubler, quadrupler, décupler de valeur.
Le paysan, soumis à un régime moins arbitraire, étant plus sûr du lendemain allait pouvoir prendre
') V. ci-dessus aux pages 2 et 3.
goût à un travail dont il lui serait, enfin, donné de goûter les fruits.
Les boyards allaient voir leur revenu décupler, et étant mis en contact avec la civilisation de l'Occident, séduits par elle, al)andonner le .vieux costume, le vieux mobilier, le vieux genre de vie pour les remplacer par ceux en usage chez la noblesse des autres pays.
La nouvelle organisation, enfin, devait nécessairement donner naissance à cette classe moyenne dont le défaut se faisait tellement sentir et qui ne manquerait pas, elle aussi, de se modeler sur l'Occident.
Si, en ce moment, il n'y avait pas eu trace d'une classe commerciale et industrielle, ces circonstances exceptionnelles devaient nécessairement lui donner naissance.
Les occasions de s'enrichir promptement et facilement s'offraient trop insolemment pour ne pas donner naissance à l'esprit de spéculation. Il y avait trop de choses à acheter et à vendre à des profits énormes pour ne pas éveiller l'esprit de lucre qui existe en presque tout être humain.
'^cnmpiytfqu"'e'' La transformatlon de l'habillement entier, depuis
l'rmcfpautfo. Ic lluge jusqu'ii la coiffure, celle du mobilier jusqu'au dernier ustensile de cuisine, la transformation successive de tout l'outillage agricole appelaient vers les métiers une nuée de travailleurs auxquels elles assuraient, pour de longues années, un travail des plus rémunérateurs.
Tout faisait prévoir (^u'un m;^)gnifique avenir économique s'ouvrait aux Roumains.
co:n'y,vnamies H fut bcau, cu cffct, Ic commcrcc extérieur de la
cnomKfq?.'ii y Moldavie, presque nul avant 1828, s'élevait à 58366000 ii-msc/tiyf leï eu 1839 1) et, h 210000000 de leï en 1855^). puent'e't ^■em-' Mallieureusemeut, en Moldavie surtout, ce ne fu-
''mo.Ïs l'cono-"'" rent pas les Roumains mais les Juifs qui profitèrent n.iques. fiQ çg magnifique essor.
11 ne leur fallut pas longtemps pour comprendre l'occasion sans pareille qui se présentait.
Dans l'organisme de la nation roumaine il y avait un vide béant. Ce vide, si on n'y prenait garde, allait se remplir de lui même par le travail naturel des tissus. Mais l'endroit où se trouvait le vide était celui
') Analele Farlamentare, IX, p. 671.
*) Almanach de Gotha pour 1860, p. 758.
où devaient aflluer les sucs les plus précieux de l'organisme : les Juifs accoururent de toutes parts et comblèrent le vide.
En moins de dix ans le pays se trouvait possesseur d'une classe commerciale et industrielle nombreuse, sagace et active mais elle n'était pas
roumaine.
La place précieuse était prise, sans coup férir, pres(iue sans lutte, les Roumains de Moldavie étaient, sous le rapport économique, assujettis aux Juifs qui venaient d'émigrer de la Pologne russe et de la Galicie et qui ne parlaient pas encore la langue du pays.
Je sais l)ien qu'on m'objectera que la faute 'en pici^' dés rouI est aux Roumains : qu'ils n'avaient qu'à ne pas laisser c"nmeV^J'eu']n. les Juifs prendre la place, que les Roumains n'ont ja- ''"•""^• mais voulu travailler autre chose (jUc la terre et qu'ils ont montré de l'inaptitude pour le commerce et les métiers.
Ces reproches ne me paraissent pas fondés. Un devient Nommerpeuple ne naît point commerçant, ce sont les circon-f;;fjj/^|^;i''^^jj°-„ stances politiques dans lesquelles il se déA^eloppe, com- stanœsTouSbinées avec sa situation géographique qui développent i"^petit-à-petit ses instincts commerciaux.
Les Juifs qui, aujourd'hui, sont la race commerçante par excellence étaient, au temps où ils formaient un Etat indépendant, un peuple de pasteurs et d'agriculteurs. Ce n'est qu'après avoir été dispersés de par le monde entier que, les autres professions leur ayant été fermées, ils ont été obligés de se jeter sur le commerce dans lequel ils ont fini par exceller.
Les circonstances dans lesquelles s'était développé le peuple roumain étant peu favorables au commerce qui, ainsi que nous l'avons vu, était réduit à presque rien, il est tout naturel de voir les Roumains ne s'y livrer que par exception et lui préférer l'agriculture qui avait l)esoin de moins de connaissances et de moins de capital.
Et pourtant les comptes-rendus des Finances ainsi que les statistiques du commencement du XlX-me siècle nous montrent dans les villes une classe de négociants indigènes relativement nombreuse. Dans les villes de la Basse-Moldavie: Focsanï, Tecucï, Bêrlad, Galatî, les Juifs ne prirent pied (jue très- lentement, ce terrain leur était, leur est encore aujourd'hui, vivement disputé par les négociants roumains.
C'est que ces villes font partie de la région à
trouvèrent des adverjusqu'à présent, venir
Les Juifs devaient forcément avoir le dessus dans leur lutte contre le commerce et l'industrie indigènes.
proximité du Danube, où le mouvement commercial a été des plus vifs pendant tout le Moyen-^gC; jusqu'à la chute de Constantinople. L'existence d'un État berladien, avant la fondation de la Principauté de Moldavie, est documentalement prouvée.
Les villes de Berlad et de Tecucï étaient des centres commerciaux importants, en relations suivies avec les comptoirs vénitiens et génois. L'esprit commercial s'était maintenu dans ces villes, même pendant la période de décadence: les Juifs y saires décidés dont ils n'ont pu, complètement à bout.
11 n'y a pas de raison pour croire que, dans des circonstances favorables, le Roumain si admirablement doué sous le rapport des facultés intellectuelles, ne soit apte à faire un très-bon commerçant.
Les Roumains de Transylvanie font actuellement preuve de remarquables aptitudes commerciales: on voit chaque jour les Juifs reculer devant eux, aussi bien au delà qu'en deçà des Carpathes.
Je ne crois pas, non plus, qu'on soit fondé de reprocher aux Roumains de n'avoir pas su soutenir avec succès la lutte contre les envahisseurs dans la première moitié du dix-neuvième siècle. Elle se présentait dans des conditions par trop inégales pour eux.
En effet, de leur côté il y avait une classe marchande peu nombreuse, disposant de capitaux minimes, faisant un trafic routinier et restreint, sans crédit à l'étranger et, surtout, ne connaissant pas même le nom des dmarchandises de l'Occident qui, dorénavant, allaient être demandées dans le pays à l'exclusion presque complète de celles qu'ils étaient accoutumés à débiter jusqu'alors. Ils n'avaient aucune idée des endroits où ces nouvelles marchandises se produisaient, de leur valeur réelle, des différences de qualité. Us n'avaient aucune relation avec les places de l'Occident.
Et vis-à-vis de cette faible classe de marchands indigènes, un flot de gens rompus aux affaires depuis des siècles, hardis, entreprenants, rap;ices, sans scrupules, commerçant nés, connaissant les places de l'étranger, y ayant des parentés, possédant des relations avec les fabricants heureux de trouver d'un même coup, des débouchés nouveaux et des intermédiaires actifs pour écouler leurs produits.
Il est évident que les premiers étaient destinés
à disparaître devant les seconds presque sans lutte. La disproportion des forces sur le terrain industriel n'était pas moindre.
D'un coté, des ouvriers habitués à façonner, d'après de vieux procédés, avec de vieux outils, des objets qui, du moins en grande partie, allaient être complètement démodés et remplacés par d'autres dont la fabrication demandait un nouvel apprentissage.
De l'autre, des artisans déjà au fait des procédés nouveaux, se servant d'outils perfectionnés et connaissant à fond la fabrication des objets dont la demande allait devenir journalière. Et, à toutes ces circonstances défavorables aux Roumains, il faut ajouter l'exclusi- ,
visme et l'esprit de solidarité des Juifs, facteurs puissants de leur succès.
Il ne faut pas, eniin. oublier qu'en Moldavie, 98% de la population étaint illettrée, que bien des commerçants et presque tous les artisans ne connaissaient pas une lettre tandis que tous les Juifs, sans exception, savaient lire, écrire et calculer.
Dans ces conditions, il est évident que la victoire devait forcément leur rester.
Pénétrés de l'intérêt qu'il y avait pour eux à occuper rapidement les positions économiques de ce pays si riche, si facile à exploiter et habité par un peuple si peu armé pour ce genre de lutte, ils avaient formé une vaste association dont les membres, se prêtaient secours au premier signal, réunissaient tous leurs efforts contre l'ennemi commun: l'indigène.
Il n'est pas douteux que si les artisans juifs ^'del^JuS."* avaient pris à leur service des apprentis roumains, ceux-ci se seraient rapidement mis au fait des nouveaux métiers et, une fois leur maîtrise obtenue, auraient à leur tour formé de nouveaux artisans.
Or, les Juifs n'étaient pas venus en Moldavie pour y former des artisans roumains mais bien pour accaparer les métiers à leur profit exclusif.
Ce fait est illustré d'un manière frappante par la piaime de la
,..,. . T .,, ^ \ '^ corporation de.»
plamte de la corporation des tailleurs de Jassy, trans-taïueur.s^dejas?/ mise au Conseil Administratif en 1838, par le Ministère des Finances.
,.Le Département de Finances a référé au Conseil „au sujet des plaintes continuelles qu'il reçoit, tant „de la part des corporations que de celle du grand „prévôt. Les rapports de celui-ci exposent le préjudice „qui leur est causé par les sujets étrangers et les
,, Juifs. Ces derniers ayant entrepris tous les «^-enres de ^.commerce et tous les métiers, absorbent la totalité „des bénéfices et tirent profit de la faculté qu'ils ont „d'exercer ces commerces ainsi que les métiers sans être „obligés de prendre leur part des cliar^-es établies en „faveur des corporations. Ils commencent même à pré- „sent à empiéter sur les droits des clirétiens. C'est „ainsi que, lorsque les tailleurs chrétiens, voyant leur cli- „entèle disparaître après l'adoption du costume européen, ^voulurent apprendre la manière de confectionner des „liabits européens, les Juifs ne voulurent jamais les „recevoir dans leurs ateliers. Ce cas est loin d'être le „seul de ce genre. Le Ministère des Finances ajoute que „si on continue à tolérer cet abus, il n'y aura pas „mo3^en, ainsi que l'assurent les rapports du grand „prevôt, d'éviter la ruine complète des corporations „qui supportent toutes les charges et dont les contri- „ butions rapportent au trésor plus que celles des «sujets étrangers et des Juifs réunis. Le Conseil déli- „bérant sur ces faits, a opiné que l'idée de l'établisse- „ment d'une nouvelle contribution des Juifs envers „le fisc est exclue, toutes leurs impositions étant ré- „glées par la taxe mais, en ce qui concerne les dépen- „ses des corporations, étant donné que chacune d'elles ,.possède une caisse propre, complètement distincte de „celle du fisc, il est juste que ceux des Juifs jouissant „des avantages assurés aux membres de la corporation, „loin d'être exemptés de ces dépenses, soient au con- „ traire, astreints à acquitter au profit de cette corpo- „ration des taxes égales à celles des autres membres" ^). p.fsée°pk"''MiX.i A ce cri d'alarme du corps des métiers indigène,
rclé.Tà'îf Conseil Michel Sturdza trouva bon de répondre par la résolu- Administratif. j-j^j-^ guivaute: „Vu que les Juifs, en outre de la taxe „qu'ils payent au fisc, prélèvent encore sur leur nation „une autre contribution servant à l'entretien d'un hô- „pital (à l'usage des Juifs) ainsi que pour subvenir aux «besoins de ceux d'entre eux qui sont indigents, il „ne convient pas qu'ils soient astreints à payer des „taxes au bénéfice de corporations qui ne sont „point de leur race.^)"
Le Prince dispensait donc les artisans juifs, déjà tellement favorisés par les circonstances, de payer des taxes auxquelles les chrétiens étaient tenus. C'était
') Manualul Administrativ. Vol. II, p. 41. -') Ibid. ibid., p. 42.
mettre les envahisseurs dans une situation doublement priviléi^'iée.
Comment qualifier ce coup direct porté aux corps de métiers indigènes par la main de celui auquel, plus qu'à tout autre, incombait le devoir de protéger leurs intérêts, et ceci à un moment où. plus que jamais, ils avaient besoin de soutien et de protection éclairée ?
Ce qu'il importe de constater pour le moment, c'est l'esprit d'exclusivisme des Juifs et le fait, qu'alors comme aujourd'hui, ils formaient dans la nation roumaine une nation à part ayant des intérêts économiques contraires à .ceux des Roumains et que, pour défendre ses intérêts économiques à elle, elle faisait une guerre à mort à ceux des indigènes.
Le Gouvernement moldave était incapable de se faire une idée exacte du danger.
Il comprenait bien qu'il était déjà entré trop de i„Vpml>:uict*iîu Juifs et que leur nombre continuait à augmenter ; il '■"'■^"'"en»^"'voyait bien qu'ils nuisaient aux indigènes, mais il ne se rendait pas compte que c'était l'asservissement économique du pays à un élément étranger qui était en voie de s'accomplir et il était, surtout, hors d'état de combiner et de prendre les mesures de défense nécessaires.
11 défendait, sans succès du reste, l'entrée du pays aux Juifs vagabonds mais il autorisait l'entrée des artisans juifs qui tuaient les corps de métiers indigènes. Il voyait tranquillement et même avec satisfaction augmenter le nombre des artisans, sans nullement s'inquiéter du fait que le nombre des étrangers, seul, augmentait pendant que celui des indigènes diminuait à vue d'œil.
L'accroissement du nombre des commerçants et corpnrâ\'ion/ea des artisans juifs et. parallèlement, la diminution du c-omparirlief commerce et des métiers indigènes suivirent une mar- ^'""^"juiy ''^^ che rapide.
Les dossiers du recensement de 1831 comprennent des listes de corporations ^), mais elles n'existent, malheureusement, pas pour toutes les villes : celles de Herta, Piatra, Tîrgul-Xiamtu, Roman, Tecucï, Galatï et Tîrgul-Frumos manquent.
Le tableau suivant nous donne la composition des corporations de marchands et d'artisans existant dans les villes de: Dorohoï, Botosanï, Hîrlâû, Fâlticenï, Bacâû.Tîrgul Ocneî. Focsanï, Bèrlad, Vasluï. Husï, Falciu et lassy.
') Succursale de l'Archive de l'Etat à las.sy. Dossiers du recensement de 1831. Trsp. 885, Op. 1011.
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