‹ La Roumanie et les JuifsChapitre 32 sur 68 · me · texte numérisé non relu

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Tu<!s a l'ennemi ou morts de leurs blessures

Chrétiens

Juifs

Total

Noms des JnUs tués.

Dans le reste de l'armée il j avait fort peu de Juifs, aucun n'a été tué ou n'est mort des suites de ses blessures.

Les pertes totales de l'armée roumaine, en hommes tués à l'ennemi ou morts de leurs blessures, à été de 2111 hommes dont 2107 chrétiens et 4 Juifs. Voici les noms des quatre Juifs tués : ') Feinberg lancu, sergent au 7-me rég. de ligne Bercu lancu, soldat „ 13-me „ „ dorobantï iLzic israei „ „ „ „ „ „

Finkelstein Moïse, ., „ „ „ „

On voit que l'indépendance de la Roumanie n'a pas coûté beaucoup de sang aux 200000 Juifs qu'elle contenait alors.

Et dire que le Roumanian Bulletin ^) a l'impudence de faSis"3°des

Juifs.

') D'après: Eroiî rësboiulul de independenlà. Tabela de ostaijii morti în rësboiul din 1877 — 78. Publié par le Ministère des Cultes et de l'Instruction publique, Bucarest 1897, ainsi que : Istoricid Hësboiiduî de la 1S77 — 78, lucrat de mai multi ofi{;erï, p. ccxx.

') 'llie Moumanian Bulletin, a record, of persécution, issued for the information of the press. No. 5, du \'i Février 1908.

raconter que, sur les 883 Juifs naturalisés en 1879, pour avoir pris part à la guerre de l'indépendance, plus de 600 ayant succombé pendant cette guerre, les 283 survivants, seuls, avaient bénéficié de la mesure prise en leur faveur!

Il est vrai qu'il y a plus fort que cela. Un livre récemment publié à Xew-York, nous raconte sans sourciller que les premiers soldats qui montèrent à l'assaut de Plevna furent des Juifs roumains et que, des deux côtés, les généraux étaient juifs ^).

Tout le monde sait que ces généraux s'appelaient, du coté des alliés : Le Prince Charles de Roumanie, un Holienzollern catholique, le Grand-DucNicolasdeRussie, un Romanow orthodoxe, le Général Todleben, un Courlandais protestant, le Général Cernât, un Roumain orthodoxe et, du côté des Turcs, le Gazi Osman Pacha, un bon musulman.

fl^ioTéppar'Z II n'est que juste pourtant de mentionner ici qu'un

•juif. Juifs, aussi, s'est réellement distingué à l'occasion de la guerre. M. Maurice Brociner, sous-officier au 8-me régiment de ligne a déployé, à l'attaque de Grivitza, la plus éclatante bravoure et y a été grièvement blessé. Il est en ce moment officier supérieur dans la réserve et occupe un poste de confiance dans la maison de S. M. le Roi.

^^ •îe'prole?*'"^ Si, du rcstc, les Juifs quoique étrangers de droit

ifsTxImUu 6t de fait sont, actuellement, en Roumanie, astreints au '^mimaVre! scrvicc militaire, c'est à eux-mêmes qu'ils doivent s'en prendre.

En effet, en 1897,- le Général Berendei, Ministre de la guerre à cette époque, avait préparé un projet de loi par lequel, les étrangers ne faisant pas leur service militaire dans leurs pays d'origine ainsi que les étrangers non soumis à une protection étrangère, étaient dispensés du service militaire dans l'armée roumaine en échange du payement d'une taxe militaire.

Les Juifs, se voyant enlever par cette disposition justement celui de leurs sujets de plaintes qui faisait le plus d'effet à l'étranger, se réunirent à plusieurs reprises en grand nombre pour protester contre la réforme proposée par le Ministre de la Guerre.

Ces réunions étaient complètement illégales car l'article 26 de la Constitution accorde bien aux Bou-

') Tlie Jeiv as a patriot by Peter C. Madison New- York 1903.

service militaire.

mains le droit de réunion mais nullement aux étrangers.

Les discours tenus et les motions proposées à d[i'[,?8^l%ucaces réunions furent de nature à provoquer les suscep-'^"^",^;''""""'' tibilités des étudiants de l'Université de Bucarest.

Ils se réunirent à leur tour, s'échaulîèrent par des discours puis, à la sortie de la réunion, rossèrent tous les Juifs qu'ils rencontrèrent et brisèrent les carreaux et les glaces des devantures d'un nombre considérable de magasins appartenant à des Juifs. La police ne fut, malheureusement, pas à la hauteur de la situation et ne rétablit l'ordre qu'assez tard.

Les Juifs eurent du reste lieu d'être satisfaits de leur campagne car c'est à elle qu'ils attribuent le mérite d'avoir enterré le projet du général Berendeï.

Ils continuèrent donc a être astreints au service empioyl"%ar militaire et ils continuèrent surtout à pratiquer en maî- se%ousîrai.rau très les fraudes par lesquelles ils réussissent si souvent à éluder ce service.

Corruption de fonctionnaires, influences morales et surtout immorales, simulation de maladies, faux états civils, substitutions de personnes, tout leur est bon, ils ne reculent devant rien.

Car ce qu'ils tiennent à avoir c'est le certificat attestant qu'ils ont passé devant le Conseil de révision et qu'ils ont été dispensés pour un motif ou pour un autre. C'est là ce qu'ils appellent : satisfaire aux obligations de la loi sur le service militaire. Quant au service effectif, sous les drapeaux, ils l'ont en horreur.

Après le gouveraement libéral qui se retira en Avril 1899, vinrent les deux ministères conservateurs présidés, le premier par M. G. Gr. Cantacuzène, le second par M. P. P. Carp.

Sous le premier eurent lieu, au mois de Mai 1899,^^*=|| li'ssf J!"^' les désordres antisémites de lassy. Les Juifs ne les '^^' '-'"' avaient provoqués par rien : ils furent l'œuvre de quelques agitateurs isolés qui surent habilement exploiter les antipathies de la population chrétienne de lassy. Les autorités furent lentes à réprimer ces désordres qu'elles n'avaient pas su prévenir.

La loi sur les chemins de fer d'intérêt privé, votée de^lfK;.7es en 1895 par le gouvernement conservateur, avait été '''^"•.".y'S/^''

privé 1S99.

modifiée en 1898 par les libéraux : le nouveau gouvernement la remania à son tour \).

L'une des modifications introduites portait que 60% des fonctionnaires employés sur ces chemins de fer devaient être roumains.

Il me semble que c'est là une mesure de prudence car, en cas de mobilisation, ces lignes doivent former, conjointement avec le réseau appartenant à l'État, un tout homogène placé sous la direction de l'État major. Il est évident que celui-ci ne saurait, d'un côté, avoir confiance dans un personnel composé uniquement ou en majorité d'étrangers et que, de l'autre, il serait à la fois injuste et difficile de remplacer à un moment donné, au pied levé et brusquement, ce personnel par des Roumains ne connaissant pas ces lignes. La majorité du personnel de ces lignes étant, au contraire, composée de Roumains, l'État-Major avait une garantie absolument suffisante que des intérêts étrangers et peut être hostiles ne viendraient pas lui susciter d'obstacle dans un moment critique. des'anicTes nj, Lc déslr d'encourager l'entrée des capitaux étran-

coiVfom" gers dans le pays fit modifier, au printemps de l'an- Mi.Tce. jj^^ 1900, les dispositions restrictives des articles 114, 122 et 185 du Code de commerce. Les modifications portaient que, dorénavant, les conseils d'administration des sociétés en commandite et par actions pourraient être composés d'étrangers jusqu'à concurrence des deux tiers, toutefois l'administrateur unique, s'il 3^ en avait un, devait être roumain; néanmoins, pour ne pas contrevenir à la lettre et à l'esprit de l'article 7 de la Constitution, à l'article 112, traitant des sociétés anonymes, 'fut ajouté un ahnéa II, conçu dans les termes suivants:

,,Dans les sociétés dont les statuts autorisent l'ac-

„quisition d'immeubles ruraux, autres que ceux des-

,,tinés à la construction d'un établissement industriel

„ou à l'exploitation industrielle et à ses dépendances,

„la moitié plus un des administrateurs seront rou-

„mains".

iK^n'uiMet %, Le second ministère conservateur, présidé par M.

.<!jo"r'!i'..s'.urln-Carp, à la suite de l'émoi soulevé en Europe par les

*^?omm".nèr émigratlous théâtrales des Juifs en 1900. crut devoir

rurales, donucr uuc satisfactiou à leurs organes et abroger, en

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