CHAPITRE Vm
Les Juifs en Bucovine. Quelques mots sur la Galicie Orientale.
Premiers recen-
La Bucovine formait autrefois la partie supérieure '"'";.^;|^t„''"'"de la Moldavie.
L'Autriche l'occupa pendant la guerre russo-turque de 1769—1774 et, en 1775, elle réussit à se la faire céder par la Porte.
Le recensement Fait en 1776 par l'autorité militaire autrichienne chargée de l'administration de cette nouvelle province, constat qu'en 1769, au moment où la guerre russo-turque éclata, il y avait en Bucovine 206 familles juives comprenant un total de 986 âmes \), 298 familles comprenant 1346 têtes avaient immigré depuis la guerre mais avant l'occupation autrichienne et 146 familles, avec 574 têtes, avaient immigré depuis cette occupation et jusqu'en 1776. La Buco- \ine comptait donc en cette dernière année 650 familles juives comprenant un total de 2906 âmes.
Voici la proportion des Juifs aux chrétiens dans les principales bourgades de la Bucovine en 1776.
Famiil
es
Âmes
Chrétiens
Juif<
Czernowitz
Sadagora
ià
Suczawa
Wiznitz
') Dr. I. PoLEK. Statistik des Jiulenthiims in der Bukowina, dan.s la Statistische Monatschrift, herausgegeben von der k. k. Central- Commission XV, p. 248. Voyez aussi : Dr. F- v. Zieglaukr. GeschichtUche Bilder aiis der Bukowina zur Zeitder osterreichischen Militiir- Vertoaltung. Sonder- Abdruck aus den Bukowiner Nachrichten. V, p. 6.
ï^e nombre des Juifs en Bucovine inquiet*" le Conseil Supérieur de la Guerre.
Premières mesures restrictives.
Recensement ilf-
Première expni
sion de Juifs
mendiants pur
EnztnliCrt'.
Le noQibre des familles formant la population totale de la Bucovine étant de 17500, la proportion des Juifs aux clirétiens était donc de 37 pour 1000.
Cette proportion, bien modeste en comparaison de celle d'aujourd'hui, parut inquiétante au Conseil Supérieur de la Guerre sous l'autorité duquel était placée l'administration de la Bucovine *j.
Il est juste d'ajouter, qu'eu la même année, on comptait 812 Juifs en Silésie, 337 dans la Basse-Autriche, 389 dans Gorz et Gradisca, 37 dans le Tyrol et 1398 dans les Vorlande,' ce qui fait en tout 2973 Juifs soit seulement 67 de plus qu'en Bucovine. ^)
Il va sans dire qu'en Bucovine alors, comme plus tard en Moldavie, les Juifs s'étaient surtout jetés sur le débit des spiritueux qu'ils commençaient à monopoliser à leur profit et que le nombre des cabarets, aussi bien dans les campagnes que dans les villes, augmentait à vue d'œil.
Afin d'enrayer leur immigration, il fut sévèrement défendu aux propriétaires et aux communes de recevoir des Juifs étrangers sur leurs terres ou sur leurs territoire et de leur affermer des moiûins ou des cabarets. ^)
Le nouveau recensement, effectué parEnzenberg en 1780, donna un total de 26062 familles dont 1069 étaient juives.
L'énorme accroissement de la population chrétienne était dû à une forte immigration de Roumains de la Moldavie et de la Transylvanie d'un côté et de Ruthènes de la Pologne russe de l'autre. Mais quelque grand qu'ait été ce mouvement d'immigration, celui des Juifs avait été plus fort car leur proportion était montée à 41 pour 1000.^)
Effrayé de cet afQnx de Juifs, Enzenberg donna les ordres les plus sévères pour empêcher l'entrée des Juifs mediants (Beiteïjttdcn) en Bucovine et demanda des instructions au Conseil Supérieur de la Guerre. '")
Celui-ci lui répondit de faire un dénombrement exact des Juifs se trouvant dans la province et de chasser du pays ceux qui ne s'y trouvaient pas au moment où éclata la guerre russo-turque, en 1769. ^)
'; PoLEK. Op. cit., p. 248 et suiv.
■^) Ibid., ibid.
') Ibid., ibid.
*■ Hiid., p. 25.
'■, Ibid., ibid. Zieglauer. Op. cit. V. p 10.
"' PoLEK. Op. cit. p. 251.
Enzenberg-, à la suite de ces ordres, fit procéder à rexpulsion de 305 familles de Juifs, comprenant 1210 têtes, récemment immigrées en Bucovine et ne pouvant justifier de l'exercice d'iiucune profession. ')
Sur ces entrefaites, l'empereur Josepii II avait 'î'-scn' .le .loécrit au Comte de Blilmegen le fameux billet, en date du 13 Mai 1781, par lequel, dans le but de rendre les membres de la nation juive, si nombreuse dans les pays soumis à sa couronne, des sujets utiles à l'État, il décidait de leur accorder un traitement plus lionorable et de lever une grande partie des restrictions vexatoires et humiliantes qui pesaient sur eux. ^)
Le Conseil Supérieur de la Guerre, influencé par ?Jl.';^^J^'^^\^^ cet événement, écrivit à Enzenberg dans une pre- 'U perp^xué;
.,, .'.. , , , Tx-p réunion de la
miere communication, de n expulser que les Juifs men- commission diants qui se trouvaient en Bucovine.
Bientôt après, un second ordre l'invitait à chasser du pays tous les Juifs mendiants qui étaient venus s'y établir depuis 1769/^).
C'est en présence de ces ordres peu clairs que le général, perplexe, résolut de demander l'avis d'une commission d'officiers qu'il convoqua à cet effet *).
Nous avons vu dans le ll-me Chapitre de ce travail comment ces officiers, imbus des idées philosophiques de l'époque, se prononcèrent avec décision contre toute nouvelle expulsion de Juifs, tout en stigmatisant leur rapacité et leurs procédés usuraires et en reconnaissant le tort qu'ils causaient à la population rurale au point de vue moral et matériel^).
Loin d'approuver les théories humanitaires des \\'|[°^onseu"<u'' officiers de Czernowitz, le Conseil vSupérieur de la '"^^i'^'',.,^/^" Guerre à Vienne, s'empressa de répondre au rapport d'Enzenberg par des remontrances sévères qui s'adressaient lant au général qu'à ses officiers.
Voici quelques passages de ce document '^) :
„ ... on ne peut considérer comme sujets de „rEmpereur les Juifs de la Bucovine entrés dans „c e 1 1 e province p a r 1 a r u s e e t 1 a fraude. „Ces Juifs doivent être considérés et traités comme „des étrangers dont la tolérance à l'intérieur ou l'ex-
'- Ibid., ibid.
'■'' ZiEGLAUKR. Op. cit. p. 7. Voyez aussi la note 2, à cette page.
') Ibid., p. 9 et 10.
■•) Ibid., p. 11.
') Voj'ez plus haut, p. OU.
*^j ZiEGLAUER. Op. cit., p. 84 et suiv.
,. pulsion au-delà des frontières ne dépendent que du „bon vouloir du souverain du territoire sur lequel ils „se sont glissés à son insu, sans permission préalable „et, à proprement parler, contre ses désirs et ses in- ,. tentions.
„L'absurdité des prétextes invoqués par les indi- „vidus auxquels l'administration a demandé son avis ..n'en saute que mieux aux yeux et leur attire des re- ,.proclies sévères et pleinement mérités pour la manière „défectueuse de comprendreleur devoir qu'ils ontmani- „festée au sujet d'une affaire de service . . ."
„L'administration a fait elle-même des proposi- ,, lions relatives à la nécessité qu'il y a de mettre un ..frein au débit des spiritueux, aux moyens à emplo- ,.yer pour faire perdre aux habitants l'habitude des vi- ,, sites fréquentes et prolongées qu'ils font aux caba- ,,rets et de les pousser, au contraire, à améliorer et ,,à étendre leurs cultures ; ces propositions, enfin, „avaient rapport aux moyens de remplacer les caba- ,,rets actuels par des auberges bien ordonnées.
„Le Conseil y a répondu en donnant à l'admi- „nistration aussi bien ses avis que les pouvoirs néces- „saires à l'exécution de ces réformes. . ."
„ . . . tout le genre de vie et la façon de gagner „leur existence des Juifs devra se transformer selon „les désirs de Sa Majesté, conformément aux quels l'adnii- ,.nistration devra prendre les mesures nécessaires pour ..les amener à l'exercice de professions utiles telles „que l'agriculture et les métiers. L'administration devra ,,prendre, contre ceux des Juifs qui ne voudront pas ..renoncer à leur penchant pour les moyens de gain „ nuisibles à la communauté usités par eux jusqu'à- „présent, les moyens de correction nécessaires. Et au „cas oii l'emploi de ces moyens de correction aussi, „demeurerait sans succès, elle devra en donner con- „naiss;nice au Conseil en y joignant la liste nominale des „ familles juives qui auraient montré de la désobéis- „sance aux ordres de Sa Majesté. . ." juKlnrelu- La décision du Conseil de Guerre, jeta, comme
RuuoMuuet de raison, la consternation parmi les Juifs. Mais, chose étrange, ce fut à Enzenberg qu'ils s'en prirent.
Deux délégués des Juifs de la Bucovine ^) présentèrent à l'Empereur, le 26 Juillet 1782, une pétition par laquelle ils accusaient l'administrateur de la pro-
Vieiiiii;
1) Ibid. ibid., p. 38 et suiv.
comment il factorise les Juifs.
vince d'avoir agi à leur égard arbitrairement et brutalement en expulsant 372 familles de Juifs, tous honnêtes gens, soit originaires du pays soit l'habitant depuis longtemps.
Ils ajoutaient que le général était décidé à expulser de Bncovine tous. les Juifs qui s'y étaient établis postérieurement à 1771, qu'il avait voulu empêcher par la force les délégués porteurs de la pétition à l'Empereur de se rendre à Vienne et, enûn, qu'il avait annoncé que passé un délai de trois mois, le droit de tenir des cabarets dans les villes de Czernowitz, Seretli, Suczawa et Câmpulung serait retiré aux Juifs. Ils terminaient' en demandant qu'on fit une enquête sévère et que, jusqu'au moment où elle serait terminée, les Juifs expulsés fussent rappelés et qu'il leur fût permis ainsi qu'à ceux restés dans la province, de continuer à exercer les métiers auxquels ils étaient accoutumés.
Le Conseil de.,- Guerre, ayant mis Enzenberg en j.Enzenbe'r'é, demeure de se justifier des accusations portées contre lui, celui-ci le fit sans peine, prouva que loin d'avoir procédé arbitrairement, il n'avait jamais fait qu'exécuter les ordres du Conseil de Guerre et qu'il avait même mis beaucoup de mesure et de modération à ces opérations.
11 caractérisait, enfin, sévèrement la mauvaise foi manifeste des accusations portées contre lui ').
Le Conseil de Guerre adressa, à la suite de la réponse d'Enzenberg, un rapport à l'Empereur dans lequel il commence par exposer le dommage moral et matériel causé par les Juifs à la Bucovine ^).
„ . . . les Juifs ont accaparé tout le commerce „de la Bucovine par leur procédés usuraires. Le com- „merce principal des Juifs présentait, de plus, le double «inconvénient que, d'une part, la consommation de l'eau- „de-vie et d'autres articles faisait annuellement sortir ;,du pays une somme considérable d'argent et que, de „rautre, l'usage de cette boisson était désastreux pour „les mœurs et la santé du peuple.
.,Pour venir à bout de ce mal il était urgent de «prendre des mesures énergiques et, en premier lieu, „de débarrasser le district de tous les Juifs sans aveu, «étrangers et fainéants et, deuxièmement, d'affermer
') Ibid. ibicl., p. 45 et sniv.
^) Ibid. ibid., p. 58 et .suiv.
Les délégués
juifs renvoyés
en Bucovine
sous escorte
Classification des Juifs.
Réclamation des Juifs.
„le droit de débit (des spiritueux) dans les villes et „dans le district de Câmpulung, à des fermiers spé- „ciaux, par enchères publiques. Il était, entin, néces- „saire de détourner les Juifs restants du commerce „usuraire telJement nuisible au pays ainsi que de toutes „les occupations se rapprochant de l'oisiveté, et de les „transforraer par conséquent, conformément aux or- „dres de Votre Majesté, en membres utiles de l'É-
„ TiSiTi • . .
Puis, le Conseil, après avoir réfuté les griefs exposés par les Juifs dans leur plainte, demande à l'Empereur d'ordonner que les Juifs demeurés en Bucovine soient graduellement amenés à gagner leur vie sans exploiter les autres liabitants du pays, par l'agriculture et les métiers et de décider que les deux députés se trouvant à Vienne fussent reconduits dans leur province.
L'Empereur ayant approuvé les conclusions de ce rapport, les deux délégués furent reconduits à Czernowitz sous la surveillance de l'autorité et le Conseil de Guerre répéta avec plus de détails les ordres antérieurement donnés à Enzenberg ^).
Celui-ci fit donc procéder à la classification des Juifs de la Bucovine. C'est-à-dire qu'il fit procéder à l'inscription de chacun d'eux dans l'une des trois catégories suivantes: agriculteurs, artisans et commerçants ^).
392 Juifs furent inscrits comme agriculteurs, 111 comme négociants et 101 comme artisans ; 68 ne purent être inscrits dans aucune de ces trois classes, soit parcequ'ils étaient trop âgés, soit parcequ'ils étaient au service des synagogues ou à celui des écoles.
Aussitôt que cette classification fut connue, les Juifs adressèrent à l'administration une pétition ^) par laquelle ils suppliaient: „qu'on ne les forçât pas à de- „venir agriculteurs mais qu'il leur fut permis de con- „tinuer à gagner leur vie comme par le passé, au „moyen du libre débit des boissons spiritueuses ffreie yFropination) dans les villes et dans les campagnes, „au moyen de l'affermage des terres et du commerce ,.auquel ils étaient habitués . .
') Ibid. ibid., p. 61.
'-') Ibid. ibid., p. 66 et suiv.
•'') Ibid. ibid.. p. 68 et sniv.
„ll leur était impossible de pratiquer Tagriculture „à cause des fêtes juives qui tombaient justement dans „le fort de la saison agricole . . . \)."
Ils terminaient en offrant de payer au trésor, au cas où leur supplique serait agrée, une contribution annuelle de cinq mille ducats ^).
Cette requête fut, naturellement, repoussée par Enzenberg qui, en même temps qu'il en rendit compte au Gouverneur-Général de la Galicie, à Lemberg, loi adressait un rapport minutieux sur la situation et la manière dont il avait classifié les Juifs ^).
On peut voir qu'il avait destiné à l'aigri culture les Juifs qui ne possédaient pas un capital suffisant pour exercer un commerce, ainsi que ceux d'entre eux qui ne connaissaient aucun métier ou aucune profession. Dans cette catégorie entraient naturellement tous les cabaretiers et tous les fermiers, au nombre de 392-*).
Mais, afin de ne pas dégoûter les Juifs de l'agriculture et pour ne pas avoir l'air de vouloir de cette façon les chasser à toute force du pays, on eut soin de leur assurer les avantages suivants:
Ils ne devaient être établis que dans des villages situés dans des cantons fertiles: il leur était permis, pendant les deux premières années, d'avoir des valets chrétiens; ceux qui avaient en ce moment d'autres entreprises étaient autorisés à attendre l'expiration de leurs contrats pour embrasser l'état agricole.
Toutefois. Enzenberg ne cachait pas au Commandement Général qu'il y avait très-peu de probabilité de voir les Juifs embrasser la profession agricole en nombre considérable.
,,0n a inscrit dans la classe des commerçants, „coatinuait le Général, ceux des Juifs, au nombre de „10i), qui sont réellement en état d'exercer un commerce „tant soit peu considérable, utile à la communauté ou „du moins ne lui étant pas nuisible. Quand au trafic „usuraire par le moyen duquel le veau était „vendu pendant qu'il se trouvait dans la vache, „ragneau dans la brebis, le miel et la cire „pendant qu'ils se trouvaient encore sur les ,.prés, ilcessera de lui même, car les
Leurs offres.
Rapport de Kiizenberg.
Les Juifs ne
veulent pas
cultiver la
terre.
"> Ibid. ibid., p. 09.
') Ibid. ibid.
') Ibid. ibid., p. 71.
*) Ibid. ibid.. p. 72.
„usuriers de ce genre seront forcés ou de „s'a donner à un commerce honnête ou de „de venir paysans."
rFai sévèrement défendu le colportage auquel se „livrent principalement les Juifs et les Arméniens, ,. principalement enclins à ce commerce pernicieux qui „fait de nombreuses victimes surtout parmi les mon- „tagnards si bons et si crédules.
„Étant donné le manque dartisans et d'ouvriers ..habiles, je me suis efforcé de ne pas amoindrir le „nombre des Juifs exerçant des métiers et ceci d'au- „tant plus volontiers que leurs enfants seront, à l'ave- „nir, mieux instruits ; le travail manuel, jusqu'à-présent «méprisé par les Juifs, étant honoré et protégé, il est „à espérer que même le Juif possédant quelques mo- „yens n'aura plus honte de destiner ses fils à ces „professions . . . ^)."
Enzenberg terminait son rapport en répétant qu'il lui semblait douteux qu'on pût parvenir à transformer des Juifs en laboureurs: il était certain qu'ils préféreraient émigrer plutôt que de mettre la main à la charrue.
Un terme de six semaines ayant été accordé aux Juifs destinés à l'agriculture pour embrasser cette profession, 255 familles sur les 392 qui y avaient été destinées déclarèrent préférer l'émigration^). '^ uu'on slfns'" Uue sccondc députation à Vienne pour demander
"a' yieiîne/iîr ^ l'Empercur de revenir sur cette mesure étant detîl'e^d^d^venfI•' lïieurée sans succès, les 255 familles réfractaires à la labnurems. classificatiou commencèrent leur exode dans les derniers jours de Juillet 1783 ^).
Mais le nouvel ordre des choses, surtout la défense de vendre des spiritueux, ne convenant pas du tout à ceux qui étaient restés en Bucovine, l'émigration continua pendant les deux années suivantes.
Tandis que le rapport de Enzenberg, du 14 Mai 1783, donne pour l'année 1782 un total de 747 familles juives contre 20766 familles chrétiennes, nous voyons dans le Ptationarium Frovinciae du 25 Février 1786, compte-rendu de l'état de la Bucovine rédigé par Enzenberg, qu'il n'y restait plus que 175 familles juives sur une population totale de 29102 familles. La classification avait donc
Grande diminution du non t)re des Juifs.
Ibid.
ibid.,
Ibid.
ibid.,
et
suiv.
Ibid.
ibid.,
et
suiv.
IN se glissent
le nouveau en
Bucovine.
res divers<?s et recense-
ou pour effet de diminuer le nombre des familles juives habitant la Bucovine, de 57i* en À ans ^).
Mais, malgré la sévérité avec laquelle l'administration continuait à appliquer les dispositions les concernant, ils ne tardèrent pas à se glisser de nouveau dans la province.
En 178(3 leur nombre s'élevait déjà à 308 familles, soit un accroissement de plus de 70" o ^i.
L'administration civile succédant à l'administration s'fer,' militaire en Bucovine, continua à mettre des obstacles, '•"-"^i-j^f^'^'''" non seulement à Timmigration juive, mais même à l'accroissement naturel de cette race. On ne permettait à un -luif de se marier que si, simultanément, une famille juive quittait la Bucovine ou bien disparaissait d'une manière ou d'une autre. Les Juifs tenant des cabarets par l'aide de personnes interposées ainsi que ceux C[ui n'avaient pas payé leur contribution pendant neuf mois, étaient impitoyablement expulsés ^).
Le recensement des Juifs de la Bucovine pour 17SS accuse 360 familles juives avec 2120 âmes (844: liommes mariés, 851 femmes mariées, 339 garçons et 330 filles au-dessous de 12 ans. 197 garçons et 144 filles au-dessus de 12 ans, 282 domestiques hommes, s8 domestiques femmes et 51 indigents dont 11 hommes et 40 femmes.
Par rapport à leur situation matérielle, ils étaient classifiés de la manière suivante: 280 chefs de famille iippartenant à la I-ère classe, 26 à la Il-me, et 51 à la Ill-me : 8 étaient passés comme indigents *).
Le recensement de 1789 nous donne 359 familles juives avec 2072 âmes (341 hommes mariés, 352 femmes mariées, 353 garçons et 351 filles au-dessous de 12 ans, 182 garçons et 121 filles au-dessus de 12 ans, 248 domestiques hommes, 78 domestiques femmes et 46 indigents dont 10 hommes et 30 femmes. 279 chefs de famille étaient inscrits dans la I-ère classe, 20 dans la ll-me classe et 51 dans la lll-me classe; 3 étaient indigents '").
Une nouvelle réglementation, en 1790, relative aux Juifs, leur permit l'entrée de la Bucovine. Quoique
]) Ibid. ibid., p. 91.
") PoLEK- Op. cit., p. 253.
*) Ibid., p. 251.
") Ibid., ibid.
5) Ibid.. ibid.
ce nouvel ordre des choses augmentât les restrictions imr rapport à leurs mariages, il eut pour effet une augmentation immédiate de la population juive de li Bucovine.
Le recensement de 1791 accuse 525^) familles juives répandues sur toute l'étendue de la province mais ressortisant des deux communautés juives de Czernowitz et de Suczawa et se répartissant ainsi qu'il suit: