CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Nous avons vu que la Roumanie a su retirer de la guerre de 1877 non seulement la gloire des armes, mais un bien autrement précieux et inestimable, son indépendance nationale; et, par l’usage admirable qu’elle en a fait, elle a su s’honorer aux yeux de tous, et devenir la reine des principautés danubiennes.
Maîtresse d’elle-même, la Roumanie s’est efforcée de maintenir la paix : à l’intérieur, par une organisation à la fois respectueuse de la liberté individuelle et soucieuse du bon ordre ; à l’extérieur, de la garantir par une armée qui lui donne tous les jours une importance militaire plus considérable au point de vue international, et par un système défensif exécuté par le général Rrialmont, système qui a fait de Bucarest une place stratégique considérée comme inexpugnable.
A la faveur de cette paix, que le pouvoir ne veut point troublée, une ère de prospérité s’est naturellement ouverte. Sous l’impulsion douce, mais ferme et continue, donnée par le chef de l’Etat, l’habitant roumain, que l’on voit avant 1877 près-
que exclusivement agricole, devient commerçant et meme industriel.
Heureuse transformation, que l’on doit à l’encouragement direct de l’autorité, et dont les effets économiques ne tardent pas à se faire sentir par une amélioration progressive du sort de tous!
Le commerce prend un vigoureux essor, et l’industrie apparaît, timidement d’abord, et lentement peut-être, mais il est aisé de présager qu’elle va grandir rapidement.
Des centres industriels se créent ; l’agriculture même, mieux entendue depuis qu’elle est protégée et dirigée, se développe ; la production augmente à tel point que la richesse nationale a quadruplé en quinze ans, grâce à l’extension prise par les échanges internationaux, cette branche si importante de l’économie d’un peuple.
C'est cette extension que nous allons essayer de montrer, en exposant l’état du commerce en Roumanie depuis l’avènement du prince Charles Ier.
ETAT DU COMMERCE
DE
Gomme c’est de la Roumanie actuelle que l’étude que nous avons entreprise s’occupe tout spécialement, il ne nous paraît pas nécessaire de parler longuement de l’état du commerce avant la réunion constitutionnelle des principautés moldave et valaque.
Nous nous bornerons à citer quelques chiffres pris dans les tables de statistiques, et nous traiterons notre sujet en le divisant d’après les grandes époques politiques du règne de Charles Ier.